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Régent et Gaucho en baisse : abeilles en hausse ! (2006)
Hervé Larroque

La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition de l'Indre, 28 juillet 2006
A Chézelles, la présidente de France terre d’abeilles constate qu’après deux ans d’interdiction partielle du Gaucho, les abeilles se portent mieux. Elle demande son interdiction totale.

Béatrice Robrolle demande au pouvoir politique d’être « cohérent ». Voilà deux ans que l’insecticide Régent est complètement interdit et que le Gaucho ne peut plus être utilisé sur le tournesol et le maïs, au nom du principe de précaution inscrit dans le code de l’environnement. En cette période de floraison des tournesols, les apiculteurs constatent une nette amélioration du comportement et de la santé des abeilles. C’est la preuve tangible du bien-fondé des mesures d’interdiction, aux yeux de l’association France terre d’abeilles qui demande maintenant au pouvoir politique d’aller plus loin en décrétant l’interdiction totale du Gaucho.

Dans les parcelles où il a été utilisé, cet insecticide reste en effet actif plusieurs années, comme le montrent certaines altérations locales du comportement des abeilles. C’est le pouvoir de rémanence de sa molécule active, l’imidaclopride. Les apiculteurs constatent aussi son influence sur l’environnement proche (il est toujours utilisé sur les céréales).

Béatrice Robrolle, présidente de l’association et cogérante du Domaine apicole de Chézelles, souligne que « dans le sud-ouest, où le Gaucho est très peu utilisé sur les céréales, les récoltes de miel et de tournesol sont très élevées cette année ». Des études scientifiques ont confirmé les effets dommageables de l’imidaclopride (Gaucho) et du fipronil (Régent) sur les abeilles.

L’atout du Conseil d’État
Au plan juridique, Béatrice Robrolle rappelle que le Conseil d’État a publié, le 28 avril, un arrêt « qui confirme, pour la troisième fois consécutive, le bien-fondé de l’interdiction du Gaucho en raison de son hypertoxicité et de son illégalité », la preuve de son innocuité n’ayant jamais été apportée. Les apiculteurs ne sonnent plus le tocsin : ils se réjouissent des effets positifs des mesures déjà prises. Avec un regret explicite, celui de voir l’administration rester en retrait.

La DDAF n’est pas venue participer à la conférence de presse organisée mercredi au Domaine de Chézelles, ni la Direction des services vétérinaires qui a pourtant pour mission de faire remonter les informations de terrain auprès de la Direction générale de l’alimentation.

La Coordination rurale qui devait être représentée, a finalement décliné l’offre. Seul est venu le conseiller général du canton, Régis Blanchet, qui avait écrit à deux reprises à des ministres de l’agriculture pour soutenir la cause des apiculteurs : à Hervé Gaymard, en septembre 2004, puis à Dominique Bussereau en mars 2005.

Le conseil général avait, en outre, versé 18.000 € à cinq agriculteurs du département, pour les aider à reconstituer leurs cheptels d’abeilles.

« Les abeilles assurent 80 % de la pollinisation, insiste Béatrice Robrolle. Elles jouent un rôle essentiel pour le maintien de la diversité végétale, donc faunistique… »
Hervé Larroque

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