recolte essaim sauvage 0

Récolte d’une colonie « sauvage » installée
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs



Quelle belle scène que de voir pour la première fois une apicultrice ou un apiculteur récoltant un essaim dit sauvage. Ce spectacle est souvent à l’origine de nouvelles vocations. Cet essaim peut être la première étape pour commencer une double vie avec les abeilles. Opération impressionnante pour le novice, il vous sera pourtant relativement facile de le mettre en ruche si vous respectez quelques règles élémentaires. Depuis l’apparition du varroa dans les années 80, ces essaims vagabonds deviennent rares, sauf en période favorable, comme la miellée de colza, qui déclenche une véritable fièvre d’essaimage lorsqu’elle est abondante.

Etape n°1

Assurez-vous que l’essaim n’appartient à personne.

L’apiculteur qui a suivi l’essaim de sa propre ruche peut revendiquer son appartenance.

Très peu de matériel sera nécessaire pour récolter votre premier essaim.

Pris au dépourvu, on peut même imaginer de le récolter dans un simple carton pour peu que vous ayez un enfumoir, voire la fumée d’une cigarette.

Etape n°2

Cet essaim peut se trouver sur un support rigide comme un poteau de clôture.

Dans ce cas, la méthode la plus douce consiste à faire monter les abeilles dans une ruchette ou un panier.

Pour cela, il vous suffit de tapoter le support tout en enfumant légèrement.

Vous observerez que les abeilles montent instinctivement pour se réfugier dans le panier.

recolte essaim sauvage 1
Etape n°3

Si votre essaim se trouve suspendu à une branche, avant toute manipulation pulvérisez de l’eau en fin brouillard pour faciliter la capture de toutes les abeilles.

Deux solutions s’offrent à vous : coupez soigneusement la branche avec l’essaim suspendu si le diamètre le permet et secouez-le au-dessus de votre ruche.

Vous pouvez également secouer ou taper vigoureusement sur la branche afin de faire tomber l’essaim dans la ruche.

Ou bien, si le support est trop rigide comme un tronc, procédez de même que pour le poteau de clôture.

Etape n°4

Une fois votre essaim capturé, reste à le mettre en ruche.

En période de fortes chaleurs, ou si votre ruche est neuve, certains essaims désertent une fois introduits dans leur nouvel habitat.

Il est donc préférable de conserver votre nouvelle capture jusqu’à la tombée de la nuit au frais et dans l’obscurité, dans une cave par exemple.

Le soir venu, secouez vigoureusement l’essaim au-dessus de la ruche.

Etape n°5

Ces abeilles en phase d’essaimage ne piquent pas ou très peu.

Avant de quitter leur logis, elles se sont gorgées de miel pour affronter des journées incertaines.

Le jabot rempli de réserves, elles sont plus préoccupées pour certaines à bâtir des rayons de cire, et pour d’autres à prospecter à la recherche d’un futur habitat.

Néanmoins, si l’essaim est suspendu depuis plusieurs jours et que les conditions météo sont défavorables, les abeilles peuvent être agressives.


Précautions
Une fois l’essaim repéré, intervenez dès que possible. Les éclaireuses peuvent très bien revenir à tout moment avec l’information d’un habitat d’accueil. Dans ce cas, vous observerez votre essaim s’échappant dans un bourdonnement malgré votre présence, parfois même pendant le début de l’opération de capture.

Conseil
Ces essaims récupérés dans la nature peuvent être porteurs de maladies et parasites comme le varroa. Il est préférable de placer ces nouvelles captures dans un emplacement dit de quarantaine, autre que votre rucher déjà installé.

Astuce
Les essaims fraîchement « enruchés » désertent parfois leur nouvel habitat. Si vous possédez déjà une colonie, dans le but de stabiliser et de renforcer votre récente capture, prélevez un cadre de couvain que vous introduirez dans la nouvelle ruche.

Pour en savoir plus
Le traité Rustica de l’apiculture, 2002, pages 298-299.
Edmond Alphandery – Encyclopédie apicole, 1946, pages 491-498.

Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica