Les prédateurs du rucher
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

Nous savons tous que, parfois, l’homme est un grand prédateur de l’abeille. Mais certains oiseaux, insectes ou mammifères complètent leur menu avec du miel, des abeilles, voire du couvain. A nous de protéger nos ruches, surtout en période hivernale quand les abeilles sont les plus vulnérables. Une ruche isolée sera nettement plus susceptible d’être atteinte par les prédateurs qu’un rucher de plusieurs dizaines de ruches.

Etape n°1

Le frelon asiatique (Vespa velutina) est certainement le prédateur le plus préoccupant actuellement pour les apiculteurs de la moitié sud de la France.

Le piégeage des fondatrices au printemps ne semble pas freiner la densité des nids, et entraîne un prélèvement non négligeable d’insectes utiles.

Privilégiez plutôt le piégeage sélectif en début d’été à proximité des ruchers.

Si par chance vous localisez un nid, faites-le détruire le plus rapidement possible.

predateurs rucher 1

Etape n°2

Le guêpier d’Europe (Merops apiaster) est devenu le cauchemar des éleveurs de reines dans les régions méditerranéennes, car il préfère capturer en vol les mâles et les reines vierges en période de fécondation.

Sa présence dans le rucher, comme celle du frelon asiatique, stoppe l’activité des abeilles.

S’agissant d’un oiseau protégé, la seule solution est de placer dans les ruchers visités des « affolants », que vous prendrez soin de changer régulièrement avant qu’il y ait accoutumance.

Etape n°3

Le pic vert (Picus veridis) peut s’avérer être un problème l’hiver, alors que nos abeilles ont besoin de tranquillité.

Après avoir entendu le creux lorsqu’il frappe de son bec puissant, il n’hésite pas à faire un trou dans le corps de ruche pour atteindre le nid d’abeilles.

La parade consiste à fixer sur le corps de ruche des sacs plastique, de type sac à engrais, afin que l’oiseau ne puisse pas s’agripper.

Etape n°4

Pendant les hivers rigoureux, on observe de plus en plus de ruches touchées par le blaireau (Meles meles), et plus rarement, par la martre (Martes martes)

.La moindre faiblesse sur le bois du corps de ruche provoque l’acharnement des mustélidés envers notre colonie affaiblie par les basses températures.

N’oubliez donc pas de renouveler régulièrement votre matériel.

Etape n°5

Le sphinx tête de mort (Acherontia atropos) est un papillon migrateur, de retour d’Afrique au printemps.

Il se nourrit de miel sans poser de gros problèmes aux colonies populeuses.

Mais sur les nuclei (ruchettes de fécondation), les petites entrées peuvent être obstruées par les papillons morts : lorsqu’ils entrent, ils se gorgent tellement de miel qu’ils ne parviennent plus à en ressortir.

Trop lourds pour être évacués, ils sont totalement recouverts de propolis par les abeilles, afin d’éviter leur décomposition.

            Etape n°6

Plus anecdotiques mais bien réelles sont les attaques d’ours sur les ruchers situés dans certaines vallées des Pyrénées.

Contrairement à ce que l’on croit, l’ours est surtout à la recherche du couvain d’abeilles, afin de renforcer ses réserves de graisse en vue de l’hivernage, et seulement accessoirement de miel.

Dans ces zones, on protège le rucher d’une clôture électrique puissante.


Astuce
Contre les ours, placez un morceau de jambon sur la clôture électrique. La première décharge se fera sur le nez et le fripon sera dissuadé pour toujours.

Le saviez-vous ?
Le sphinx tête de mort est le seul papillon au monde à émettre un cri comparable à celui d’une souris et audible jusqu’à 40 m.

N’oubliez pas
A la fin de l’été, pensez à réduire les entrées de ruche avec des grilles métalliques interdisant le passage des rongeurs.

Pour en savoir plus
Le Traité Rustica de l’apiculture, 2004, pages 111-115.

Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica