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introduction reines 1

L'introduction des reines
Par Gilles Fert
Abeilles sélectionnées

Rien de plus décevant pour un apiculteur que de constater la destruction de la nouvelle reine introduite. Aucune méthode d'introduction n'est fiable à 100%, mais quelques précautions élémentaires permettant d'obtenir un taux d'acceptation élevé.

L'apiculteur doit régulièrement remplacer la vielle reine défaillante d'une colonie par une jeune reine fécondée, il lui faut prendre un minimum de précaution. Introduire dans un essaim artificiel ou un paquet d'abeilles une reine vierge ou une cellule royale âgée de 11 jours demande également quelques tours de mains.

En fonction des races
Certaines races d'abeilles ou certains croisements acceptent mieux ce changement de reine. Cette opération est particulièrement difficile avec l'abeille noire d'Europe de l'Ouest (Apis mellifera mellifera). Par conséquent, il faut prendre le maximum de précautions au moment de l'introduction. Par contre, on rencontre très peu de difficultés lorsqu'on travaille avec l'abeille italienne dite abeille jaune (Apis mellifera ligustica). Dans une moindre mesure, les opérations se déroulent relativement bien avec l'abeille caucasienne et carniolienne et leurs croisements.

Introduction des cellules royales
Avantages :

Inconvénients :

Méthode
Introduisez en fin de journée une seule cellule royale par essaim. Placez-la le plus près possible du couvain. Accompagnez cette introduction par un léger nourrissement (2 verres). Manipulez la cellule en la tenant par le support porte-cupule. Afin d'introduire une cellule viable il est important de contrôler par transparence face à une source de lumière l'état de la jeune reine. Cette opération s'appelle le "mirage" identique à celle pratiquée pour les œufs.

Exemple d'utilisation
Afin de faciliter les acceptations, et de travailler rapidement, la plupart des éleveurs de reines préfèrent introduire des cellules royales dans les nuclei de fécondation. Après avoir jugé et récolté la jeune reine qui pond depuis une semaine environ, cette jeune reine fécondée est retirée, et après un orphelinage de 24 h une cellule royale âgée de 11 jours est introduite. Ce temps d'orphelinage est suffisant lorsque la population est petite.

Dans les régions où certains écotypes d'abeilles locales sont particulièrement difficiles, les apiculteurs introduisent des cellules royales âgées de trois jours afin d'augmenter le taux d'acceptation. L'inconvénient est bien sûr une perte de temps, mais dans certains il s'agit de l'unique possibilité d'acceptation.

Introduction des reines vierges
Avantages :

Inconvénients :

Méthode
Faire accepter une reine vierge est certainement l'opération la plus délicate que rencontre l'apiculteur. C'est pourquoi, n'hésitez pas à prendre le maximum de précautions. Plus la population est petite, meilleure sera l'acceptation. Utilisez de préférence une cage d'introduction sur couvain et non la cage d'expédition. Placez cette cagette grillagée sur une portion de couvain naissant. Introduisez la reine seule dans la cage. Libérez cette reine 2 jours après en prenant garde quelle ne s'envole pas.

Introduction avec une cellule plastique
On trouve chez les fournisseurs de matériel apicole des cellules royales en plastiques qui permettent d'emprisonner la reine vierge, et de créer ainsi une seconde naissance. Ce petit cône en plastique est obstrué par un opercule de cire suffisamment fin pour que la reine se libère seule. Cette cellule royale artificielle est placée verticalement entre deux cadres près du couvain.

Certains collègues d'Europe de l'Est introduisent directement les reines vierges dans les paquets d'abeilles. Ils enduisent totalement cette jeune reine avec de la gelée royale. 

Conseil
Si vous utilisez des abeilles noires, l'introduction des reines vierges est fortement déconseillée. Ce n'est qu'en utilisant une population issue de paquets d'abeilles qu'on obtient un taux d'acceptations suffisant. En effet, les paquets sont composés de jeunes abeilles issues de plusieurs ruches. Par conséquent, le mélange de phéromones désorganise et perturbe les abeilles qui deviennent ainsi plus tolérantes.

Introduction des reines fécondées
Avantages :

Inconvénients :

Méthode cagette d'expédition
Les reines fécondées sont généralement introduites dans leur cagette d'expédition.

Les ouvrières libéreront la reine en grignotant le candi. Cette méthode donne de bons résultats, principalement en période de miellée. Si vous introduisez sur des populations d'abeilles noires, adoptez de préférence la méthode sur couvain naissant décrite dans le paragraphe suivant.

Attention! Une reine fécondée qui a cessé sa ponte quelques jours peut s'envoler. Par conséquent, si vous introduisez une reine qui a voyagé par la poste, il est préférable de mouiller les abeilles avant d'ouvrir la cagette de transport. Immergez tout simplement 2 secondes la cagette avec la reine et ses accompagnatrices dans un seau d'eau à température ambiante. Ainsi, la reine ayant les ailes collées par l'eau ne peut s'envoler. Précaution à prendre également pour les reines vierges.

Les reines qui ont voyagé plusieurs jours en cagettes d'expédition produisent moins de phéromones que les reines en pontes. Par conséquent, on constate un taux d'acceptation inférieur par rapport aux reines qui n'ont pas eu une interruption de ponte. Cette production de phéromones revient à mesure que la reine pond. 
Sachez que le comportement de rejet est beaucoup plus fréquent dans le cas d'introduction de reine de race différente à celle de la colonie. Par conséquent, si vous recevez des reines de l'étranger, ou des "jaunes" que vous voulez introduire dans votre cheptel d'abeilles noires, soyez prudent, et entourez-vous du maximum de précautions pour réussir.

Introduction des reines de valeurs
Les reines souches inséminées artificiellement, issues d'une longue et rigoureuse sélection valent parfois quelques centaines d'Euros. L'erreur pour leur acceptation n'est pas permise. L'opération sera longue et contraignante.

introduction reines 2   

Méthode :

Chez nos voisins

En Nouvelle-Zélande où on utilise l'abeille italienne, l'introduction des reines fécondées se fait parfois à l'aide d'une poche de papier journal. D'une dimension de 20x15 cm, on y introduit une cinquantaine d'abeilles que l'on secoue sans ménagement durant 30 secondes. Cette micro-colonie rentre très rapidement en état de bruissement qui est le comportement caractéristique des abeilles orphelines. On introduit ensuite directement la nouvelle reine dans le sachet. Cette pochette fermée est placée entre deux cadres. Les abeilles grignoteront le papier et les prisonnières se retrouveront libérées ainsi que la reine, quelques heures après.

Au Canada, certains apiculteurs utilisent directement une ruchette de fécondation pour le renouvellement de leurs reines. La vieille reine est éliminée une demi-heure avant l'introduction d'une ruchette complète, c'est à dire avec ses cadres. Il s'agit en fait d'une réunion, puisqu'on introduit les cadres, les abeilles et la nouvelle reine. La population de la ruche initiale est secouée devant l'entrée, de manière à désorganiser au maximum la colonie et d'en perturber les phéromones. Cette opération est suivie d'un nourrissement.

En Australie, sur certaines exploitations, le renouvellement des reines se fait à partir de cellules royales âgées de 11 jours (la veille de leur éclosion). Pendant la période de miellée, une seule cellule est placée dans la dernière hausse sans retirer la vieille reine. Cette cellule est protégée par un cône en plastique ou tout simplement entourée de papier aluminium laissant l'extrémité libre. En effet, les ouvrières n'ont pas les mandibules assez puissantes pour détruire la cellule par son extrémité. La jeune reine vierge naît et cohabite quelques jours avec la vieille en attendant le jour de la fécondation. Dans le meilleur des cas, on provoque ainsi une supersédure, c'est à dire un renouvellement de reine sans essaimage. Dés que la jeune reine commence sa ponte et répand plus de phéromones que la vieille, les ouvrières éliminent parfois cette dernière. Ceci reste très théorique, mais d'après nos collègues cela marche à 60%, ce qui vu le coût dérisoire de cette méthode reste économiquement valable. Rappelons que les abeilles sont de race italiennes ou croisées avec des caucasiennes ou carnioliennes.

En Europe de l'Est, les apiculteurs écrasent la vieille reine sur le grillage de la cagette qui contient la nouvelle reine à introduire. Cette cagette est placée horizontalement entre deux cadres. La reine sans accompagnatrices n'a pas la possibilité de se libérer. Deux jours après, elle est directement libérée sans précautions particulières.

Précautions :

Les phéromones
La vie et le comportement d'une colonie d'abeilles est gérée en grande partie par les phéromones. Ces phéromones sont des composés chimiques naturels produits par les abeilles. La plus connue des apiculteurs est sans doute la phéromone de rappel émise par la glande de "Nassanoff" qui se trouve à l'extrémité de l'abdomen. Cette glande visible à l'œil nu diffuse des molécules chimiques spécifiques à chaque colonie, et permet aux abeilles de se retrouver et de se regrouper au cours de l'essaimage ou après la perturbation crée suite à la visite de l'apiculteur. Il en existe des dizaines d'autres comme les phéromones d'alarmes se trouvant dans le venin. La reine utilise plusieurs types de phéromones telles que les phéromones mandibulaires, les phéromones des glandes tarsales situées sous les pattes, les phéromones des glandes tergites situées sur l'abdomen etc., par toutes ces phéromones la reine empêche le développement des ovaires des ouvrières, jouant ainsi son rôle unique dans la colonie. Par conséquent, l'apiculteur doit tenir compte de cette "odeur" spécifique à chaque colonie au moment de l'introduction d'une nouvelle reine.

Paquet d'abeilles
Paquet d'abeilles est la traduction littérale du terme anglo-saxon "package-bees".
La majorité du commerce des abeilles à travers le monde se fait à partir de ces essaims nus.
Les acceptations de reines en sont facilitées.
De plus, sur le plan sanitaire, ils sont plus sûrs que les essaims sur cadres.

Le clippage
Cette opération, appelée "clippage" (de l'anglais to clip = couper), qui consiste à couper une partie d'une aile, se pratique depuis l'époque Romaine. En plus d'éviter que l'essaim ne parte trop loin, le clippage permet de bien identifier la reine même si sa marque de peinture est partie. Les éleveurs coupent une des ailes gauches les année impaire et la droite les années paires. 

Réception des reines

Pour en savoir plus

 

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