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Abeilles et Fleurs

Les plantations mellifères (2001)
par Michèle Lagacherie & Bernard Cabannes

« La forêt fleurit aussi... » La forêt, souvent présentée comme une ennemie de l’apiculture à l’occasion de grands boisements, peut devenir une alliée, par la floraison des arbres et avec l’aide des sous-bois et des lisières. Les arbres sont utiles aux abeilles, mais en retour celles-ci sont utiles aux arbres et à toute la flore entomophile, dont elles assurent la pollinisation, et par conséquent la reproduction. Cet article fait suite au précédent qui présentait le programme général Sylvapi pour le développement des plantations multifonctionnelles. Les prochaines parutions détailleront les principales espèces citées.


Les multiples fonctions du Mélia : pour le paysage (floraison et fruits),
les abeilles (nectar) et... les pigeons !

Intérêt mellifère des arbres et des arbustes
L’intérêt mellifère d’une espèce d’arbre ou d’arbuste se traduit par la production d’une ressource utilisée par les abeilles pour élaborer un produit qui permet d’abord à la ruche de vivre, et que peut éventuellement récolter l’apiculteur. Plusieurs éléments essentiels participent à la vie d’une ruche :

Le nectar
Elaboré par des organes spécifiques, les nectaires, souvent situés à la base des fleurs. Les abeilles le récoltent en l’aspirant, le stockent dans leur jabot, et le restituent à la ruche légèrement transformé. Une fois concentré à l’intérieur de la ruche, il est récolté par l’apiculteur et fournit le miel après un certain temps de maturation.

Le pollen
Fine poussière produite par les étamines des fleurs, les abeilles le récoltent sous forme de petites pelotes qu’elles transportent à la ruche dans les corbeilles de leurs pattes. Le pollen est primordial pour la nourriture des jeunes abeilles et pour leur développement. Beaucoup d’espèces d’arbres ou arbustes à chatons constituent tôt en saison une source de pollen importante qui peut fortifier la ruche avant la pleine saison de production. Les apiculteurs peuvent aussi prélever une partie du pollen en le piégeant à l’entrée de la ruche.

Le miellat
Il est élaboré par des pucerons, des psylles ou des cochenilles qui extraient la sève sucrée des feuilles, des aiguilles ou des écorces pour y prélever des substances nécessaires à leur développement et rejettent le miellat. Les abeilles le récoltent et le transforment comme le miel. La qualité du miellat dépend bien sûr de l’espèce végétale, mais aussi de l’insecte intermédiaire. Beaucoup d’espèces d’arbres, notamment en forêt, sont source de miellat, sous réserve de la présence des insectes intermédiaires. La grosse production correspond souvent aux montées de sève de printemps, et des productions secondaires sont possibles chez certaines espèces comme le chêne en début d’été et en automne.

La propolis
Elle est récoltée par les abeilles sur les écailles des bourgeons de certains arbres (peupliers, marronniers...) pour boucher toutes les aspérités de la ruche et momifier les cadavres d’éventuels intrus. Très importante pour la santé des abeilles par ses propriétés fongicides et bactéricides, elle peut être extraite et commercialisée pour élaborer des produits pharmaceutiques ou para-pharmaceutiques.

La bibliographie concernant le potentiel mellifère des arbres et arbustes est peu abondante et rarement scientifique ou provenant d’observations originales. Provenant souvent d’amateurs observateurs, les informations fournies sont imprécises, voire contradictoires. Elles demeurent toutefois pour nous des hypothèses de travail qu’il conviendra de vérifier dans les arboretums installés. Certains travaux consultés fournissent des estimations de production potentielle de miel par arbre ou par hectare de plantations ; ces estimations sont souvent faites de façon théorique, en prélevant le nectar directement dans les nectaires avec de petites pipettes ; les résultats unitaires sont multipliés par le nombre de fleurs par arbre, par le nombre d’arbres à l’ha, etc. Les chiffres obtenus sont donc une production potentielle, quelquefois même exprimée en nectar et non en miel (ne pas oublier que c’est un concentré). Il est très difficile d’évaluer la production réelle correspondant à une récolte possible.


4 ans après la plantation mélangée de Cormiers (arbre objectif) et de Cytise (grand arbuste intercalaire).
Le Cytise fleurit déjà et marque le paysage. Dans 10 ans, c’est le Cormier qui dominera.

Noms latins Noms vernaculaires Type J F M A M J J A S O N D
Alnus incana Aulne blanc A ****
Corylus colurna Noisetier de Byzance A **** ****
Prunus cerasifera Prunier myrobolan a **** ****
Arbutus andrachne Arbousier de Chypre a **** **** **** ****
Acer saccharinum Erable argenté A ****
Fraxinus ornus Frêne à fleurs A **** ****
Pyrus communis Poirier commun A **** ****
Prunus mahaleb Cerisier Ste-Lucie A *** ****
Acer negundo Erable negundo A *** ****
Acer monspelliensis Erable de Montpellier A ** ****
Buxus sempervirens Buis  a *** **** **
Acer rubrum Erable rouge A ** **
Colutea arbrescens Baguenaudier  a * **** *
Acer opalus Erable à feuille d’obier A * ****
Cercis siliquastrum Arbre de Judée A ****
Acer campestre Erable champêtre A ****
Acer platanoïdes Erable plane A ****
Arbutus glandulosa Arbousier glanduleux a **** ****
Caragana arborescens Acacia de Sibérie a ****
Prunus padus Cerisier à grappes A **
Morus alba Murier blanc A **** ****
Robinia pseud. divers Acacias de Hongrie A **** **** **
Acer pseudoplatanus Erable sycomore A ** **
Sorbus domestica Cormier  A ** **** **
Sorbus aria Alisier blanc a ** ****
Laburnum anagyroïdes Cytise  A ** **** **
Gleditschia triacanthos Févier d’Amérique A * ****
Sorbus torminalis Alisier torminal  A ****
Sorbus intermedia Sorbier intermédiaire A ****
Eleagnus umbellata a **
Eucalyptus Eucalyptus A **** **** **** **
Amorpha fruticosa Amorpha a **** ****
Morus nigra Murier noir A **** **** ***
Prunus serotina Cerisier tardif  A ***
Oxydendrum arboreum Arbre-oseille A ** **** **** **** **** **
Tilia platyphyllos Tilleul à grandes feuilles A ***
Arbutus xalapensis Arbousier du Xalap a **** ****
Sorbus aucuparia Sorbier des oiseleurs A ****
Laburnum alpinum Cytise des Alpes a **** ***
Tilia cordata Tilleul des bois A *** *
Evodia danielli Arbre à miel A *** ****
Tilia tomentosa Tilleul argenté A * ***
Phellodendron amurense Arbre au liège de l’A. A *** **
Koelreuteria paniculata Savonnier A **** **
Sophora japonica Sophora du Japon  A **** ****
Tilia henryana  A ** ***
Arbutus unedo Arbousier a **** **** ** **** **** ****
Noms latins Noms vernaculaires Type J F M A M J J A S O N D

Tableau 1 - Espèces mellifères et périodes de floraison - A = Arbre, a = arbuste

De nombreux facteurs interviennent sur la production mellifère réelle : le potentiel mellifère d’une espèce dépend de sa bonne adaptation à la station et peut fluctuer d’une année sur l’autre ; d’autre part, de nombreux facteurs déterminent les conditions d’une bonne récolte, et la production effective peut se trouver très éloignée du potentiel mellifère de l’espèce. Toutes ces remarques expliquent en partie les contradictions apparentes relevées pour certaines espèces, comme le frêne à fleurs ou les mûriers, considérés comme mellifères par les uns et non visités par les abeilles par les autres. Il est donc très important pour chacune des espèces proposées, de vérifier au-delà de leur développement végétatif, la bonne expression de son potentiel mellifère dans les différents milieux et son utilisation effective par les abeilles.

Il apparaît au vu des travaux consultés que de nombreuses espèces mellifères d’arbres et arbustes sont envisageables en Languedoc-Roussillon. Un bon nombre d’entre elles sont même particulièrement intéressantes pour leur saison de production et leur potentiel. Nous présentons dans les tableaux 1 et 2 une synthèse réalisée à partir de ces travaux et de nos propres observations. Ces tableaux, non exhaustifs, sont encore très imparfaitement renseignés et des relevés d’informations sont encore nécessaires.

Le choix des espèces
Il n’était pas possible d’expérimenter toutes les espèces susceptibles de se développer en Languedoc-Roussillon, mais la liste présente dans les tableaux 2 et 3 offre déjà pour les diverses stations que l’on peut trouver dans la région plusieurs possibilités intéressantes, répondant aux différents objectifs proposés ci-dessous.

Certaines espèces forestières sont déjà bien connues pour leur intérêt mellifère. Le châtaignier, le tilleul, le robinier, le sapin, etc., produisent des miels (ou miellats) monofloraux présents sur le marché français, les érables ou les eucalyptus sur les marchés étrangers.

Les feuillus dits « précieux », pour leur valeur du bois (merisier, érable sycomore, frêne, etc.) sont de plus en plus utilisés dans les boisements et peuvent concourir à la production mellifère, notamment dans les plantations à faible densité où les arbres fleurissent en pleine lumière.

Divers feuillus, déjà présents en forêt mais souvent peu remarqués car en sous-étage, deviennent bénéfiques pour l’apiculture si on leur donne de la lumière et de l’espace : c’est particulièrement le cas du genre sorbus (alisier torminal et alisier blanc, sorbier des oiseleurs, cormier), du genre prunus (cerisier de Sainte-Lucie, prunier myrobolan, etc.), des tilleuls et des érables.


Après le travail de récolte sur le frêne à fleurs, le repos
bien mérité sur la feuille du même arbre

Certaines espèces réputées hautement mellifères sont encore peu connues en utilisation forestière, comme le févier d’Amérique et le sophora, ou pratiquement inconnues comme les évodias, les phellodendrons, l’oxydendron ; elles méritent une connaissance plus approfondie et un développement plus soutenu si leur acclimatation s’avère réussie.

Le genre tilleul mériterait un travail spécifique pour utiliser les différentes espèces permettant un étalement des floraisons.

Le robinier, très producteur mais capricieux car sa floraison précoce en saison ne correspond pas toujours aux conditions climatiques idéales, a fait l’objet d’un important travail de sélection génétique par les forestiers et apiculteurs hongrois sur des critères de qualité du bois, mais aussi de quantité, durée et périodes de floraison. Une grande confusion règne en ce moment en France entre les véritables clones issus de reproduction végétative, et les provenances issues de graine récoltées sur de « beaux » peuplements. Un article futur traitera spécifiquement de ce sujet.

Les arbustes, encore peu utilisés en forêt, sont souvent très mellifères ; leur utilisation en accompagnement devient habituelle dans les boisements actuels à faible densité.

Les bases d’un véritable aménagement api-sylvicole
Quelques données essentielles
L’éloignement des sources nectarifères est un élément déterminant des récoltes : l’aire de butinage efficace ne dépasse pas un cercle de 1 km de rayon (soit environ 300 ha) ; au-delà, le rendement des abeilles est trop faible.

Le vent, avec son corollaire la sécheresse, entraîne la stérilité des glandes nectarifères, fatigue les abeilles et entrave le développement des arbres. Un point d’eau est également nécessaire près du rucher.

Le travail des butineuses est facilité par le groupement des fleurs ; à ce niveau-là, même un arbre isolé favorise la rapidité de récolte par rapport à des fleurs dispersées (une abeille doit visiter de 150 à 400 fleurs pour remplir son jabot).

D’importantes ressources en pollen en fin d’hiver ou début de printemps sont nécessaires pour le bon développement des colonies d’abeilles ; il ne faut donc pas négliger les arbres comme les saules, noisetiers, etc.

Les étapes du diagnostic
1. Définir l’objectif impérativement avant toute plantation. On peut envisager les cas de figure suivant :

  • L’étalement des floraisons pour un rucher sédentaire. Dans ce cas, on utilisera une palette d’espèces adaptées au terrain, en les regroupant par bouquets plutôt que mélangées pied à pied. L’étalement des floraisons sur plusieurs mois de l’année est facilité sur une station fertile. Cet objectif est particulièrement adapté aux ruchers familiaux ou aux apiculteurs à titre secondaire.
  • La correction d’une carence saisonnière en nectar. On pourra utiliser une seule ou plusieurs espèces, choisies en fonction de leur date de floraison et de leur adaptation à la station. Ceci nécessite évidemment une analyse floristique de l’environnement du rucher pour faire ressortir les carences principales. Plusieurs espèces d’arbres sont particulièrement intéressantes pour leur floraison estivale (sophora, évodias, savonnier), à un moment où peu d’espèces fleurissent en région méditerranéenne.
  • L’apport de nourriture l’hiver, en plantant des arbres ou des arbustes fleurissant sur le lieu d’hivernage du rucher, pour éviter le nourrissage par exemple. La qualité gustative du miel produit par l’espèce choisie n’a pas beaucoup d’importance dans ce cas, car la production est utilisée pour la consommation de la ruche et non pour la récolte. L’arbousier, qui donne un miel amer et peu apprécié (à l’exception des siciliens pour ses vertus supposées aphrodisiaques) est tout à fait adapté à cet objectif.
  • L’apport de pollen de fin d’hiver, avec des arbres comme les noisetiers ou les saules, qui permettront un bon développement du couvain.
  • Un bon démarrage de début de printemps ; plusieurs espèces à floraison assez précoce, comme des prunus, le poirier, certains érables, les alisiers, etc., permettent de poursuivre le démarrage de fin d’hiver ou début de printemps évoqué précédemment et constituent un premier apport de nectar. Une récolte monoflorale sur ces espèces est rare, mais elles peuvent avoir un poids assez important sur les premières récoltes de miel de l’année.
  • Une production de masse mono-florale. On utilisera alors une seule espèce (ou un seul genre), avec des variétés ou des clones à floraisons un peu décalées pour augmenter la période de production quand cela est possible. Les chiffres de production fournis par les auteurs, malgré quelques mises en garde pour leur utilisation, montrent qu’il est possible d’obtenir une quantité importante de miel monofloral (plus de 1 000 kg par ha pour le robinier, le tilleul argenté, etc.). Pour être réaliste, il faut dans ce cas constituer un peuplement assez étendu (plusieurs hectares semblent nécessaires), et veiller à ne pas mélanger les espèces à floraison simultanée si l’on veut un miel monofloral original.
  • L’augmentation des capacités mellifères du site sans objectif bien précis, qui peut se faire avec toutes les espèces adaptées au lieu. Cette option sera souvent choisie dans le cas de boisements multifonctionnels, où l’intérêt paysager ou cynégétique a aussi de l’importance.
  • La création d’un « espace mellifère » constituant un arboretum, un site de démonstration ou d’information, une image de marque près d’un lieu de vente, etc., ou tout autre objectif à imaginer. Ces objectifs, encore mal définis, prendront certainement de l’importance dans les aménagements futurs.

2. Analyser les potentialités mellifères des environs (1 km de rayon maximum) et les potentialités écologiques de la station.

L’estimation des potentialités mellifères d’une station peut se faire par une analyse méthodique de la flore environnante, comme cela a été fait par la société de botanique Catalane à la demande de l’USAR (Union des syndicats apicoles du Roussillon), pour une partie du département des Pyrénées-Orientales. A défaut d’un tel travail existant ou d’une analyse l-cale complexe, on se contentera d’une bonne connaissance de la flore mellifère locale ou tout simplement de l’observation du rendement des ruches au cours des saisons, notamment pour un rucher sédentaire.

3. Établir la liste des espèces possibles en fonction des analyses précédentes, et choisir parmi elles celles répondant à l’objectif choisi.

Remarque essentielle
Les miels monofloraux bénéficient souvent d’une renommée ou d’un label de qualité très porteur pour leur commercialisation (miel de romarin de Narbonne, miel de lavande des Alpes...) : il faut donc éviter de polluer leur pureté par l’introduction d’une espèce mellifère arborée ou arbustive qui fleurit en même temps. Dans ce cas-là, il faut aussi penser aux ruchers voisins !

Nom latin Intérêt mellifère Nectar Pollen Miellat Remarques
sur la floraison
ZB
sec
ZB
fertile
ZP
sec
ZP
fertile
ZM
sec
ZM
fertile
Acer campestre xxx x c c c
Acer monspelliensis xx x x c c
Acer negundo xx x x x
Acer opalus xx x x x x x x
Acer platanoïdes xx x x x x x
Acer pseudoplatanus xx x x x x x
Acer rubrum xx x x x
Acer saccharinum xx x x x
Alnus incana xx x x x x x
Amorpha fruticosa xx x x x x x x
Arbutus andrachne x x x x x
Arbutus glandulosa x x x x x
Arbutus unedo x x x a x a x
Arbutus xalapensis  x x x x x
Buxus sempervirens x x x x x x x x
Caragana arborescens xx x x Floraison dès 3-4 ans x x x x x x
Cercis siliquastrum x x x Floraison dès 5-6 an x x x x
Colutea arborescens x x x Floraison dès 1 à 2 ans c c
Corylus colurna x x x x
Eleagnus umbellata x x x x x
Eucalyptus xxx x Grande variabilité selon espèces a a a a
Evodia danielli xxx x Floraison dès 5-6 ans x x x x
Fraxinus ornus x x x Floraison dès 4-5 ans - 2 fl possibles x x x x
Gleditschia triacanthos xx x x x x
Hovenia dulcis x x Floraison tardive selon certain  x x
Koelreuteria paniculata xx x x x x x
Laburnum alpinum x x x x
Laburnum anagyroïdes x x c c c c c c
Morus alba x x x x x x x
Morus nigra x x x x x x x x
Oxydendrum arboreum xx x x Floraison dès 4-5 ans a a
Phellodendron amurense xxx x x x
Prunus cerasifera x x x x x x x
Prunus mahaleb xx x x Floraison dès 2-3 ans x x x x
Prunus padus x x x x x
Prunus serotina x x Floraison très fugace a a a a
Pyrus communis x x x x x x x x
Robinia pseud. divers xxx x x x Etalement sur 2 mois avec clones/proven x x x
Sophora japonica xx x x x
Sorbus aria x x c c
Sorbus aucuparia x x x
Sorbus domestica x x x x x x x x
Sorbus intermedia x x x x x x
Sorbus torminalis x x x x
Tilia cordata xxx x x x x x
Tilia henryana xxx x x ? x ? x
Tilia platyphyllos xxx x x x c c
Tilia tomentosa xxx x x x x x x

Tableau 2 - Intérêt mellifère et zones appropriées aux espèces mellifères choisies
ZB : zone basse - ZP : zone de piémont - ZM : zone de montagne - a : sol acide uniquement - c : sol calcaire uniquement - Programme Sylvapi

Quelques principes de sylviculture favorable
La sylviculture actuelle, qui prône les faibles densités de plantation et des éclaircies vigoureuses, est favorable à l’apiculture car elle permet une bonne mise en lumière des houppiers et le développement d’une flore en sousbois. Dans nos plantations expérimentales, nous avons choisi des espacements moyens de 4 m entre les arbres. Quelquefois, un espacement de 5 m a permis d’intercaler une espèce plus petite avec un houppier futur en strate inférieure.

Même si elles sont condamnées par le développement des arbres de haute taille, les espèces arbustives ont un développement végétatif souvent rapide, et des floraisons qui peuvent intervenir dès les premières années.


Dès la 4e année, le cerisier de Sainte-Lucie fleurit et produit du nectar ; sa forme buissonnante favorise
l’élancement de l’érable champêtre, qui prendra le relais dans quelques années

Elles permettent donc d’anticiper l’utilisation de la plantation et de favoriser son entretien. Pour les arbres présentant un intérêt pour le bois, on applique une taille forestière classique (formation d’une bille) ; pour les arbres ou arbustes d’accompagnement, on pourra au contraire rechercher un développement buissonnant ou en boule qui favorise la floraison et l’impact paysager.

Pour une utilisation effective par un apiculteur du site aménagé, il est nécessaire de prévoir des emplacements avec un accès carrossable, abrités et assez larges pour déposer les ruches en terrain plat.

A l’intérêt mellifère sont souvent associées d’autres fonctions : la production de bois originaux, la qualité paysagère (la plupart des feuillus producteurs de nectar, outre leur floraison, ont souvent de très belles couleurs d’automne), l’amélioration cynégétique par la production de fruits sauvages et la création de gîtes pour le gibier, etc.

Une attention particulière pour leur intérêt mellifère doit être portée aux types de plantation suivants :

Les haies, qui peuvent être constituées entièrement de plantes mellifères allant du petit arbuste au grand arbre ; à ne pas oublier pour protéger les emplacements de rucher.

Les plantations par bouquets ; beaucoup d’espèces feuillues sont réputées peu sociales (merisier, alisier torminal, etc.) mais sont très bien adaptées à la plantation par bouquets allant de 0,2 à 2 ha. Le regroupement des sujets de même espèce favorise leur repérage par les abeilles et ainsi l’efficacité du butinage.

Les plantations homogènes sur une grande surface ne sont pas toujours favorables à l’apiculture, notamment avec des conifères, mais on peut les rendre plus attractives en respectant quelques principes de sylviculture, avec des éclaircies fortes, en favorisant un sous-étage de feuillus, ou en effectuant quelques travaux complémentaires.

 plantations melliferes 6
Avant de planter, un préalable à ne pas oublier :
penser à observer le sol en profondeur..

Pour en savoir plus...
« Reconquête d’espaces agricoles abandonnés par l’étude et la plantation d’arbres et arbustes à intérêt mellifère, ornemental et cynégétique » : document consultable au CRPF ou expédié moyennant une participation aux frais de tirage de 60 F (9,15 € ). 

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