Imprimer

L'analyse mellisopalynologique et l'influence des facteurs climatiques sur la production du miel d'Apis mellifera
dans la région de Guelma (Nord-Est algérien)

Haouam Lynda, Chefrour Azzedine, Boughediri Larbi & Tahar Ali
Laboratoire de recherche en biologie végétale et environnement. Faculté des Sciences. Université Badji-Mokhtar Annaba. Algérie

Résumé
Notre travail consiste à réaliser une étude mélissopalynologique des 17 échantillons de la région de Guelma qui caractérise par un climat Sub-Humide au centre et au Nord et Semi-aride vers le Sud. Les résultats montre que la densité pollinique varie entre 549.932 grains /g (l’échantillon de Medjez Sfa) et 1.866 grains/g (l’échantillon de Roknia) de miel. A l’échelle de la famille nous avons noté que les miels de la région de Guelma caractérisé par une dominance des 3 familles, la famille des Fabaceae, Myrtaceae et Astéraceae. L’analyse statistique a montré que la production du miel est influencé par les facteurs climatiques spécialement l’humidité car il existe une corrélation positives très significative entre La production du miel et l’humidité. Mais il n’existe pas une corrélation entre la production du miel et les autre facteurs climatiques suivantes : température, précipitation et pression. Mots clés : Apis mellifera, pollen, production du miel, facteurs climatiques et Guelma.

analyse mellisopalynologique algerie 1

Introduction
Le miel est une substance sucrée, élaborée par les abeilles mellifiques à partir du nectar des fleurs, du miellat ou d’autres sucres végétaux à forte teneur en glucides, puis enrichie, transformée et mûrie dans les alvéoles de la ruche (Bogdanov et al., 1995). En 2004, la wilaya de Guelma compte 23000 ruches qui produisent 880 quintaux de miel. Une production élevée par rapport aux années précédentes 2002 (10610 ruche et 110Qx de miel) et 2003 (1620 ruche et 373Qx de miel) (Inspection de vétérinaire Wilaya de Guelma 2004). La région de Guelma caractérisée par des étages bioclimatiques diversifies de humide doux au Nord-Est à semi aride frais au Sud avec une prédominance du subhumide frais, ce qui implique un couvert végétal dense au Nord. Notre travail à pour but :

Matériel et méthodes
Nous avons analysé 17 échantillons de miels de l’année 2004 proviennes de 12 communes de la wilaya de Guelma (Figure 1) et récolter les données suivantes : La surface agricole utile, surface agricole totale, surface des forêts, les parcours, surface totale, les autres terres et la production du miel (Qx) en 2004 d’une part et d’autre part entre : Le nombre de ruche, production du miel (Qx), température, humidité relative, pression atmosphérique et précipitation au cours des cinq années étudiées (2000-2004) à travers une enquête de terrain.


Fig 1: Carte de la wilaya de Guelma selon la direction des forêts

Pour l’analyse microscopique du miel, nous avons utilisé la méthode de Layka (1989). Qui se résume comme suit : nous avons préparé (5 mg) de miel parfaitement homogénéisés et liquéfiés, entre lame et lamelle. Les préparations obtenues à partir des miels sont observées sous le microscope optique de marque « L1100A » à l’objectif moyen 40x qui est le plus convenable pour l’identification rapide des grains de pollen. Nous avons calculé les corrélations entre les différents paramètres du terrain et la richesse pollinique des miels. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel d’analyse et de traitement statistique des données, MINITAB.

Résultats et discussion
Les résultats des analyses quantitatives montrent que la densité pollinique chez les 17 échantillons des miels étudiés varie entre 549932 grains dans 1g (l’échantillon de Medjez Sfa) et 1866 grains dans 1g (l’échantillon de Roknia) (Fig. 2). Ces différences sont principalement dues aux conditions climatiques qui influent sur l’expression des potentialités mellifères et pollinifères du lieu (Battesti et Goeury 1992). Selon Louveaux (1968), il est très important de savoir dans quelles limites la teneur absolue en pollen des miels est susceptible de varier. Cette teneur n’est pas fixe : elle est influencée en premier lieu, par la teneur en pollen du nectar dont le miel provient et en second lieu, par le mode d’extraction. Zander (1932), Evenuis (1933), Grandi (1934), Lunder (1955) et Evinuis (1958) ils ont pu montrer qu’en fonction des méthodes d’extraction utilisées la richesse en pollen du miel extrait varie dans les limites très étendues.


Fig 2 : Nombre de grains de pollen dans les différents échantillons de miel

L’analyse qualitative a permis l’identification de 41 familles, 68 genres et 19 espèces. Les familles les plus représentées et qui dominent dans les 17 échantillons de la région de Guelma sont successivement : La famille des Fabaceae (40%), Myrtaceae (18%) et Astéraceae (18%), les autre familles Tamaricaceae, Papaveaceae, Polyonaceae et Rosaceae sont faiblement représenté (Fig.3). Il semble que les miels de la région de Guelma sont caractérisés par une dominance des 3 familles, la famille des Fabaceae, Myrtaceae et Asteraceae. Ils ont une spécificité avec la dominance de la famille des Fabaceae car les familles mellifères qui prédominent les miels des différentes régions du monde, d’une manière générale, sont les Asteraceae, les Fabaceae et les Brassicaceae (Crane 1991).


Fig 3 : Pourcentage des différentes familles les plus représenté dans les 17 échantillons du miel

L’analyse statistique des différents paramètres (Tableau 1) montre que la production de miel est influencée par les facteurs climatiques spécialement l’humidité. En effet, il existe une corrélation positive hautement significative (r=0,95, p=0,01) entre la production du miel et l’humidité (Fig. 4) et qu’il existe une corrélation positive hautement significative (r=0,95, p=0,01) entre la production du miel et le nombre de ruches au cours des années (Tableau 2, Fig.5). Lorsque l’humidité augmente la production du miel augmente et inversement. D’autre par il n’existe pas de corrélation entre la production du miel et les autres facteurs climatiques suivantes : La température (r= - 0,65 p=0,19), la précipitation (r=0,68, p=0,19) et la pression atmosphérique (r= - 0,45, p=0,44).

Tableau 1 : Donnée statistique des différents paramètres étudiés au cours des cinq années

Fig 5 : Corrélation entre l’humidité et la production de miel au cours des5 années

Tableau 2 : Donnée statistique des différents paramètres étudiés dans les 12 communes

Variables

Nombre   Moyenne      Ecart type       Min.         Max.

Surface agricole utile

Surface des forêts

Parcours

Autres terre

Surface agricole totale

Surface totale

Production de miels en 2004 (Qx)

nombre de grain dans 1g

12

12

12

12

12

12

12

12

6266

3512

1703

1175

12657

13268

19,75

111599

5506

3484

1640

1472

7679

7865

11,31

47135

1965

450

40

9

3300

3625

8

1866

22927

9936

5144

4943

25370

26370

45

549932


Fig 4 : Corrélation entre le nombre de ruche et la production de miel en 2004

Les résultats de l’analyse statistique montre aussi Il n’existe pas de corrélations entre la richesse pollinique du miel des 17 échantillons de miels dans les 12 communes de la wilaya de Guelma et ces différents paramètres suivants : La surface agricole utile (r= 0,30, p=0,33), La surface forestière (r= 0,10, p=0,73), Les parcours (r= 0,14, p=0,73), La surface agricole totale (r= 0,32, p=0,31), les autres terres (r= 0,12, p=0,70), La production du miels (r= 0,53, p=0,07), et le nombre des ruches (r= 0,07, p=0,81). Les régions du centre et du Nord de la wilaya de Guelma étant caractérisées par un climat Sub-humide offrent donc une activité de apicole plus élevée que les régions Sud de la wilaya.

Conclusion
Notre travail est une étude préliminaire sur l’analyse mélissopalynologique de 17 échantillons de miels provenant de 12 communes de la wilaya de Guelma. Nous avons constaté que les miels de la région de Guelma caractérisés par la dominance de 3 familles : Fabaceae, Myrtaceae et Asteraceae. L’analyse statistique a montré que la production de miel est influencée par un seul facteur climatique ; celui de l’humidité. Car il existe une corrélation positive très significative entre La production du miel et l’humidité aussi d’une part et d’autre part entre la production du miel et le nombre des ruches au cours des cinq années étudiées. D’après les résultats obtenues nous avons conclure que la richesse pollinique des miels est du essentiellement de la richesse du milieu en plantes mellifères.

En perspective, en raison de l’effet de l’humidité sur la diversité et la densité du couvert végétal, il faut donner l’importance à la plantation des ruches aux régions du Nord et du Centre de la Wilaya de Guelma, il faut pensé a réservé un couvert végétal favorable a l’alimentation des abeilles dans les autre régions, proposant l’enrichissement des autres régions par la plantation des espèces mellifères.
Haouam Lynda, Chafrour Azdine, Boughediri Larbi & Tahar Ali
Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Références bibliographiques

Ce site utilise les cookies pour faciliter la navigation. Aucun traçage à but commercial :-)