Avec l'aimable autorisation de la revue

Abeilles et Fleurs

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L’hiver n’est pas encore là mais le froid sans doute.
Le froid arrive, les floraisons s’achèvent, les abeilles entrent en hivernage.
Par Jean Riondet
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Se resserrant les unes contre les autres pour tenir la chaleur, elles forment une grappe à cheval sur un ou plusieurs cadres selon leur nombre. Même s’il gèle au sein de la ruche, elles seront à 31°c au cœur de cette grappe. Les colonies les plus populeuses vont entretenir du couvain très tardivement. Parfois même, si la température ne baisse pas trop en dessous de zéro, une petite plaque de couvain est maintenue. Elle régénère le nombre des nourrices pour le futur démarrage de la ponte de la reine.

Au rucher
Poursuivre l’entretien du rucher et celui des ruches seront au programme jusqu’en février. Débroussailler, refaire des supports, améliorer l’accessibilité… bref tout ce qui concourre au confort de l’apiculteur sera bienvenu.

Je me répète ? Non, il faut se convaincre de travailler la question du confort de l’apiculteur. Il y va de la continuité de l’apiculture !

L’important est aussi de faire des supports individuels.

Car, lors des visites, les craquements et chocs sur la colonie visitée agacent tout le voisinage perché sur les mêmes bastaings.

Pour l’hiver, les ruchers ventés et secs sont adaptés aux colonies. Le froid est bien maîtrisé par les abeilles, par contre l’humidité les détruit.
A défaut de disposer de plateaux de sol grillagés, on peut mettre une cale de 5 mm entre le corps et le plateau de sol dans chaque angle. Le courant d’air assèche la ruche et gêne les visiteurs comme les musaraignes et les lézards qui adorent se prélasser dans un aussi confortable garde manger.

Les ruches feront l’objet de l’entretien classique d’une couche d’huile de lin passée au rouleau pour ceux qui utilisent cette méthode, on peut en mettre une seconde couche quelques temps après. On appuie fortement le rouleau contre le bois pour forcer la pénétration de l’huile.

L’entretien de la sorte ne gêne pas les abeilles si on le fait un jour un peu froid et qu’elles ne sortent pas. Utiliser de l’huile maintenue chaude dans une glacière améliore la pénétration.

Nourrir les colonies
En principe, les colonies auront été mises en hivernage dans de bonnes conditions. L’amateur qui lit régulièrement ces lignes comprendra que le volume de jeunes abeilles hivernées et l’abondance des provisions sont les seuls gages d’un bon passage d’une année vers l’autre.

Toutefois tout ne se passe pas comme convenu, les abeilles sont rarement convenables ! Et il faut compenser les déficiences en provisions.

Le plus délicat que j’ai pu rencontrer ce sont des colonies qui ne cessent d’élever et qui amassent peu. Certains éleveurs recherchent ces races qui font de la « viande » elles sont très prisées pour fabriquer les paquets d‘abeilles et les essaims artificiels.

Le seul apport en période hivernale sera le sucre, en morceaux ou candi, posé sur le trou du nourrisseur du couvre cadre au plus près de la grappe. Certains plateaux couvre-cadres sont perforés de 3 trous pour mettre le candi sur celui où l’on voit la grappe. Il sera consommé par les abeilles comme du miel operculé, c’est à dire pas plus que de besoin.

Le couvre cadre percé d’un trou aura été mis à temps, en remplacement du couvre cadre nourrisseur inutile en cette saison.

Je déconseille toujours de fabriquer une pâte simulant du candi avec du miel et du sucre cristallisé. On risque de transmettre les maladies du couvain dont la loque en particulier, car les spores sont présentes dans le miel des hausses dont certains rayons ont contenu du couvain.

Le sucre en morceaux ou le candi sont hygroscopiques, l’humidité importante dégagée par la colonie vient ramollir le sucre, ce qui assure sa prise par les abeilles.

Le candi de cristallisation beaucoup plus fine est très bien consommé, le sucre en morceaux beaucoup moins bien. On en retrouve toujours un peu sur le plateau de sol.

Surveiller l’état des provisions très régulièrement une fois par mois, aujourd’hui les consommations sont faibles, elles s’accéléreront à partir de janvier.

A l’atelier
La désinfection des matériels est une nécessité pour se prémunir au mieux contre les maladies. On détruit les vieux cadres, les caisses trop abîmées, les plateaux de sol en cours de pourriture. Mieux vaut du matériel neuf que des conteneurs de maladies. Les spores de loques survivent plusieurs dizaines d’années.

La flamme du chalumeau est le désinfectant de choix.

  • Bien décaper la cire et la propolis pour enlever toutes ces masses susceptibles de protéger les spores des maladies. La cire doit brûler, la propolis bouillir, le bois devenir pain roussi.
  • Passer au chalumeau les bois des caisses, corps et hausses. Les couvres cadres et plateaux de sol seront également flammés.
  • Nettoyer les matériels qui ne supportent pas le feu avec de l’eau et de la javel, un berlingot de 250 cm3 dilué dans un seau de 5 litres d’eau, ajouter 5% de liquide vaisselle pour améliorer le contact de l’eau javellisée ou utiliser de la javel moussante.
  • Les tremper environ 10 minutes.
  • Rincer, gratter, brosser les nourrisseurs en plastique, la propolis se dissout dans la javel pure.Passer également les lèves cadres à la flamme.
  • Enduisez vos gants de graisse à chaussures de manière à leur rendre la souplesse que la propolis leur conteste.
    Jean Riondet
    Auteur de « Un rucher dans mon jardin »,  cours d’apiculture pratique mis à jour régulièrement - Cdrom avec photos, en vente à l’UNAF.

Le Gilles Denis nouveau est arrivé !
« La ruche Warré mode d’emploi » m’a été livré mi octobre. Je l’ai lu d’une traite.

C’est absolument compréhensible par tout apiculteur passionné fut-il néophyte. L’ouvrage est un véritable mode d’emploi. Le titre est bienvenu.

Point de détails sur la biologie de l’abeille ni sur son mode de vie. Juste ce qu’il faut pour comprendre les gestes, les techniques, les principes de la conduite de ce type de ruche.

Gilles Denis explique ses choix de professionnel de l’apiculture pour qui le miel, le pollen, la vente d’essaims sont ses ressources. Il conduit plusieurs centaines de ruches Warré. Ses trucs et astuces dans la conception de cette ruche sont très pertinents.

La ruche est présentée élément par élément, Gilles Denis explique le format, la taille, les quelques éléments qui s’ajoutent à un corps unique.

Corps unique pour toutes les fonctions auxquelles il est destiné, mais une colonie s’élève sur deux corps au minimum.

Puis en une quinzaine de pages il décrit tous les produits de la ruche et une méthode simplifiée de conduite de la Warré, de l’achat d’une colonie à la récolte du miel. Rappelons que c’est une conduite en divisible mais aménagée à la sauce Denis, fruit d’une longue expérience. Si on peut en si peu de pages présenter une conduite de ruche efficace, c’est la preuve de la simplicité de cette apiculture.

Puis sur 50 pages il va décrire plus finement les opérations classiques : peupler la ruche, quand et comment faire une division avec ou sans localisation de la reine, faire un essaim artificiel ou changer de reine sans rechercher la vieille mère, faire des essaims nus autrement dit des transvasements, faire des paquets d’abeilles, faire des élevages de reines, diviser pour prévenir l’essaimage, produire cire, miel, pollen et propolis.

C’est une conduite par corps entiers et non par cadres. Pas de manipulation de cadres sauf pour faire de l’élevage des reines, un matériel unique ; seuls quelques plateaux de sol et des couvres cadres adaptés à des manipulations particulières sont à fabriquer spécialement. Le système de Gilles Denis utilise deux types de barrettes, l’une toute simple pour supporter les rayons de miel et l’autre appelée « porte rayon » équipée de deux jambes d’une dizaine de cm pour rigidifier les rayons de couvain. La manière renouvelée de Gilles Denis pour conduire ces ruches qui combine rapidité, efficacité économique et gain de temps, fait de son ouvrage un vade-mecum aussi bien pour le débutant qui craindrait de se lancer dans une aventure coûteuse que pour le professionnel en quête d’un système moins lourd à manipuler que les classiques Dadant ou Langstroth.
Jean Riondet

Description
De format carré 21 x 21 cm relié par une spirale métallique, riche de photos en noir et blanc très belles, très claires, ce livre se lit sans relâche, et dans le fond, l’ordre des chapitres importe peu tant ce mode d’emploi est bien construit,on peut le feuilleter indéfiniment puisque relié par une spirale, les pages tournent avec le temps que l’on ne voit pas passer…Les pages n’étant numérotées. Retrouver des photos surle site de Gilles Denis dédié à la ruche Warré. 

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