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Etude de la famille des Nitidulidae
Par F. Anchling

Les nitidulidae : une famille de coléoptères peu connue. Afin de permettre à chaque apiculteur d'exercer son sens de l'observation et ainsi d'éviter un affolement bien compréhensible ou de surcharger les laboratoires, vous trouverez ci–après, la description de quelques coléoptères de la famille des Nitidulidae, à laquelle appartient notre parasite de la ruche. Cette famille n'est pas très connue, et peu importante comparativement à d'autres familles. Elle comprend de nombreux petits coléoptères scatophage (qui vit d'excréments) dont la taille varie de 1 à 10 mm.

Elle comprend environ 3000 espèces, parmi lesquelles 127 ont été identifiées en Europe - dont certaines introduites. Leur aspect général - de forme ovale ou allongée, le corps relativement aplati et sans couleurs ou signes très remarquables. On les trouve principalement sous les écorces d'arbres, dans les matières animales et végétales en décomposition, dans les champignons et à proximité de la sève qui s'écoule des plantes.

Plusieurs espèces sont nuisibles, s'attaquant aux produits entreposés, principalement le grain et les fruits secs. Leur antenne se termine généralement par une massue compacte de trois articles et bien souvent les élytres ne recouvrent pas complètement l'abdomen. Les plus couramment répandus ont une appellation francisée découlant de l’usage, mais tous les autres ne sont répertoriés que par leur nom latin.

Carpophilus sexpustulatus (carpophile 6 points) : on trouve ce coléoptère sous les écorces mortes de différentes familles d’arbres ; il vit des restes et des excréments d'autres insectes vivant dans le même environnement. 2 à 3,5 mm

Carpophilus hemipterus : cette espèce devenue cosmopolite, mais encore régulièrement importée, s'est également très bien acclimatée. On la trouve dans les fruits pourris, les détritus, la sève qui s’écoule des arbres. Sa multiplication dans les fruits séchés cause des dégâts très importants. 2 à 4 mm

Meligethes aeneus : avec 61 sous- espèces bien implantées, les mélighètes représentent l’ordre le plus nombreux de la famille des Nitidulidae. Noir ou métallique brillant, on le retrouve sur les plantes les plus diverses. Il est en effet aussi bien polyphage (vit de toutes sortes de nourriture) qu'oligophage (ne vit que sur les plantes comme le colza) ou monophage (ne se nourrit que d’une seule sorte de comestibles). C'est un parasite très commun et redoutable du colza. 1,5 à 2,7 mm

Epurea boreella : l’ordre des Epurea avec 29 espèces répertoriées suit de très près les Meligèthes pour leur nombre dans la famille des Nitidulidae. Les variantes du brun de leur couleur dominante rendent leur classement exact très difficile. Ils vivent sous les écorces ou les détritus de nombreuses plantes. Ils mangent les larves d’autres insectes en particulier du bostryche. Cet insecte a une autre caractéristique, c’est le seul que l’on retrouve en altitude, sous l’écorce des résineux. 2 à 2,7 mm

 Omosita discoida (à gauche 2 à 3,6 mm) et Omosita depressa (à droite 3 à 5 mm) : cette espèce vit en compagnie de nécrophores (insectes qui enterrent les cadavres avant d'y déposer ses œufs), sur les animaux morts, les vieux os et les vieilles peaux ; tous détritus dans lesquels ses larves se développent.

    

Amphotis marginata : l’imago (stade de l’insecte arrivé à son complet développement et en age de se reproduire) se caractérise par un squelette très plat ; dont le bouclier de cou et le bord des ailes sont fortement dessinés et bordés. Cette espèce est myrmécophile (ses larves se développent dans les fourmilières de la grosse fourmi noire des forêts) sous les bois pourris et les mousses. On trouve Amphotis dans les environs de ces nids sous les pierres ou les bois. Il est nourri par les fourmis et vit très certainement comme commensal (se dit d’espèces animales qui vivent associées à d’autres sans leur porter préjudice) se nourrissant des déchets laissés par les fourmis.4 à 4,5 mm

Soronia punctatissima (à droite 4,7 à 7 mm) et Soronia grisea (à gauche 4 à 6 mm)  : ces deux insectes aplatis, remarquablement dessinés et peints appartiennent aux suceurs de sève. Ils vivent de la sève des feuillus et sous les écorces juteuses.

                                                                            

 Pocadius ferrugineus : Ce représentant de l’ordre des Pocadius est rigoureusement spécialisé. Ses larves se développent dans différentes sortes de vesse de loup et bien souvent en colonies très importantes. 2,6 à 4,6 mm

Cychramus variegatus : encore une espèce vivant avec les champignons, que l’on trouve en fortes colonies armillaires (c’est à dire formant un ensemble de cercles) autour des champignons, des souches. Cette espèce affectionne particulièrement les souches couvertes de champignons. Les larves se développent dans les champignons. On peut aussi rencontrer les imagos se promenant tout seul sur des fleurs. C’est une espèce un peu spéciale que l’on rencontre plutôt en zone de montagne. 5 à 7 mm

Cychramus luteus : Cette espèce discrète, jaune brun est très courante en Europe centrale. On la trouve régulièrement sur toutes sortes de fleurs, mais quelquefois aussi sur des champignons et des champignons de souche. Curieusement Cychramus, espèce inoffensive, a une très grande ressemblance aussi bien d’aspect que comportementale avec Aethina tumida, le petit coléoptère de la ruche, ce qui peut conduire à des erreurs de diagnostic. Même un spécialiste doit y regarder à deux fois avant de se prononcer. 3 à 5,6 mm

Cryptarcha strigata : cette espèce bombée et tachetée vit de sève sous les écorces juteuses de différents feuillus mais principalement du chêne. 3,2 à 5,5 mm

Glischrochilus quadriguttatus : Cette espèce fait elle aussi partie des suceurs de sève. On la retrouve principalement sous les écorces des feuillus mais aussi quelque fois sur les souches. Il semblerait que les larves vivent également de sève. 3,5 à 5,5 mm

Glischrochilus hortensis : c’est aussi une espèce qui vit de sève et que l’on retrouve en colonies très importantes sur les végétaux pourris – betteraves, pommes de terre etc…et même sur le tas de compost. 4 à 7 mm

Dermestes lardarius : ou dermeste du lard. Pour compléter, voici un coléoptère d’une autre famille. Il se nourrit de toutes sortes de déchets organiques et on risque de le trouver assez fréquemment sur les langes ou sur le plancher d’une ruche. Mais aucune erreur n’est possible, il se différencie très nettement du petit coléoptère de la ruche. Le départ des ailes est recouvert d’une bande de couleur brun rouille tachetée. Il est très répandu et ses larves sont responsables de pollution hygiénique. Les femelles pondent environ 200 œufs et si les conditions de développement sont favorables c’est jusqu’à 6 génération par an. Il n’est pas spécifique à l’abeille. Les zoologistes le mettent à contribution pour nettoyer les squelettes. Dans les cuisines et les dépôts de produits alimentaires son comportement indésirable peut conduire à une pollution hygiénique et à la destruction des produits. Il est responsable de la transmission de germes de maladies qui peuvent aller jusqu’à des poisons générés par les détritus. La présence du dermeste dans une ruche est un signe de défaillance comme la présence de fausses teignes. Il en va différemment si dermestes investit des stockages de cadres non surveillés par des abeilles nettoyeuses. En très peu de temps les cadres de cire et les réserves de pollen sont détruites.

F. Anchling

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