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Avec l'aimable autorisation de la revue du SNA - Abonnez-vous à l'Abeille de France

en trois d 10

En 3 D : Dehors, dedans et demain
par B. CARTEL

Même si les jours s’allongent, même si l’on sent la nature se réveiller, l’hiver est toujours là et le froid de février peut être encore mordant. C’est souhaitable que l’hiver « se fasse » en son temps, que la végétation reste en l’état et que de son côté, l’apiculteur impatient se garde d’intervenir trop tôt. Par contre, au cours des visites qui se feront (sans ouverture de ruches), de plus en plus rapprochées, nous seront attentifs ; si nécessaire, nous aiderons simplement nos colonies dans le besoin et qui ne savent pas crier famine.

1) Dedans
Construire ses cadres
Ce travail est à la portée de tout bricoleur : bientôt nous aurons besoin de cadres garnis de cires gaufrées. Il nous en faudra également pour offrir à l'essaim qui ne manquera pas de sortir de l'une de nos ruches. C'est exaspérant de ne pas en avoir sous la main, lorsque l'essaim est pendu quelque part.

Combien faut-il en préparer pour parer aux besoins d'un futur proche ? Le remplacement de 2 cadres par ruche assure un renouvellement favorable à une bonne prophylaxie de la colonie. C'est également l'un des moyens pour ralentir la fièvre d'essaimage, plaie de l'apiculture.

Le cadre est l'élément essentiel de la ruche. Il est fréquemment manipulé et peut y rester de 4 à 5 ans. Il doit être robuste car il supporte parfois un poids de provision qui peut s'élever jusqu'à 4 kg. Par ailleurs, il est souvent collé par des amas de propolis, au point qu'il faille faire levier avec le lève-cadres pour le décoller. Ce sont de bonnes raisons pour que sa construction soit réalisée avec du bois de bonne qualité, sans noeud. L'épicéa convient bien.Nous ne lésinerons pas non plus sur la qualité du fil d'armature et privilégierons le fil inox dont la résistance est supérieure à celle de l'acier. Quel que soit le modèle de cadre et d'armature, on peut lui ajouter 2 "pieds". Ils ne sont pas obligatoires mais se justifient lorsque l'on pose verticalement un cadre chargé d'abeilles sur un support plat. On peut ainsi éviter d'écraser des ouvrières, voire la reine si elle se cache sous la barrette inférieure.

Constitution d’un cadre
Le cadre est formé de 4 éléments :

L’assemblage se réalise à angle droit, à plein bois, à mi-bois ou par emboîtage. La fixation se fait par cloutage ou agrafage. Le bois ne doit être ni peint ni traité ( attention au bois de récupération qui aurait pu contenir un insecticide). Afin d'assurer une bonne solidité, nous suggérons d'utiliser des barrettes de bois de 25 x 18 mm pour la tête, de 25 x 10 mm pour les montants et de 15 x 15 pour la barrette inférieure, laquelle doit s'insérer facilement entre les écartements inférieurs du corps de ruche. La tête et la barrette inférieur peuvent être éventuellement rainurés dans le sens longitudinal pour permettre de cacher le fil d'armature qui sera ainsi protégé lors d'un grattage énergique.

Quel modèle d'armature choisir, en zig-zag, vertical, horizontal ? L'important, c’est que la cire ne glisse pas, ne gondole pas. Je suis fidèle au modèle du schéma et j’utilise un petit transformateur 220/12 volts pour souder la cire, en mettant en contact les pinces crocodile des 2 câbles d'alimentation avec les 2 pointes qui bloquent les extrémités du fil d'armature. C'est pratique, rapide et la cire n'est pas endommagée comme elle l'était avec l'emploi de l'ancienne roulette munie de dents et d'une rainure de guidage.

Enfin, il est conseillé de stocker les feuilles de cire dans un endroit bien chauffé afin d'éviter des déformations ultérieures.

Dimension des cadres
Le tableau ci-dessous résume les dimensions extérieures des principaux cadres utilisés. Elles ne tiennent pas compte des 2 épaulements. Concernant la hauteur des cadres, on pensera à laisser entre les pieds ou la barrette inférieure et le plancher de la ruche, une distance d'environ 10 mm. Lorsque celle-ci est trop faible, ou lorsque les cadres sont au contact avec le plancher, il devient impossible de glisser un lange lors du contrôle des chutes de varroas. Enfin, pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce sujet, nous vous suggérons de consulter la norme AFNOR NF U 82 101 qui traite de ce sujet.

Où ranger les cadres ?
Dans l'armoire à cadres, si l'on en possède une. Sinon, on peut organiser un rangement vertical très pratique sous un plafond.

Pour cela, il suffit de fixer 2 rails horizontaux distants de telle façon qu'on puisse faire glisser les cadres. 

Le rangement convient également pour les cadres bâtis, à condition que ce lieu de stockage soit frais et bien aéré. Sinon, si l’endroit est tempéré, par exemple près d'une chaudière, il y a risque de développement et d'envahissement de la fausse teigne, même en hiver.

Nourrissement d’hiver
Si les colonies ont été mises en hivernage avec suffisamment de provisions, il n'y a pas lieu d'en rajouter en février. Mais si le doute taraude l'apiculteur, il peut, par sécurité déposer un pain de Candi sur le trou de nourrissement (page suivante un pot de miel).


En effet, avec la reprise de ponte probable dès fin janvier, la consommation nécessaire à l'élevage du couvain, par rapport à ce mois risque de doubler en février - mois souvent très froid - et tripler dès mars. Une colonie dont les provisions sont au plus bas, ne donne aucun signe visible de sa souffrance et sans apport salvateur, meurt en quelques heures sans le moindre signal.

Ce n'est que lorsqu'une remontée de la température permet des sorties, que l'on s'aperçoit de la non-activité de la colonie morte de faim. Il se peut également qu'une petite colonie meure de faim, alors qu'elle dispose de provisions. C'est parce qu'elles sont trop éloignées de la grappe, et que celle-ci ne peut les atteindre par grand froid. On se souviendra dans ce cas des conseils prodigués l'automne dernier, de ne pas hiverner de petites colonies. Ce sont là des causes idiotes de mortalité dont l'apiculteur imprévoyant porte l’entière responsabilité.

On ne le répètera jamais assez : une colonie ne vit bien que dans l'opulence. Un excédent de miel qu'on aurait laissé en automne, du sirop distribué trop généreusement à cette même époque, ne nuisent aucunement, dans la mesure où cela n’a pas provoqué un blocage de ponte avant l'hivernage. Les abeilles ne consomment de toute façon pas plus que ce dont elles ont besoin. Alors si le doute persiste encore, n'hésitez pas, donnez-leur ce qu’il faut, elles vous le rendront, comme dit le proverbe : “récolte peu pour avoir beaucoup “.

2) Dehors

 Premiers pollen
Dans ma région, c'est le noisetier (coudrier) qui délivre le premier pollen de couleur jaune moutarde, lorsque les inflorescences mâles (les chatons) se sont longuement étirées. Il est très abondant certaines années, à tel point qu’en secouant l’arbre, il en pleut une fine pluie d’or. Pour peu que la température s’élève, les butineuses vont se jeter sur cette source fraîche de protéines, nécessaire à l’élevage du premier couvain. Ainsi, lorsqu' arrive cet heureux événement, cesont les buveuses d'eau attablées à quelque filet d'eau qui nous le font savoir. Ce liquide sert à confectionner de la bouillie larvaire administrée aux larves de 3 jours et plus. Rentrée d'eau = élevage en cours. 

Mais ces courses parfois lointaines, sont dangereuses quand le froid peut surprendre nos protégées. Aussi, il est judicieux de proposer aux abeilles un abreuvoir à proximité du rucher, dans un endroit non venté. On peut disposer un récipient de quelques dm2, non profond que l'on remplit d'eau.

L'idéal est qu’elle se renouvelle automatiquement. Mais la noyade guette les abeilles, aussi répand-on sur la surface du liquide, des flotteurs (bouchons, polystyrène...), afin qu'elles puissent se poser sans risque. Comble du luxe, on peut chapeauter l'ensemble d'un toit mis à bonne hauteur qui protègera l'abreuvoir des pollutions venues du ciel (défécation des abeilles...) sans gêner le va-et-vient des buveuses d'eau.

Le vol de propreté
Tout au long de sa vie, l'abeille consomme du miel et génère fatalement des déchets issus de la digestion. ceux-ci arrivent dans l'ampoule rectale que l'abeille vide au cours de ses sorties.


Le problème se pose en hiver, lorsque les intempéries interdisent les sorties. Heureusement, la nature a bien fait les choses, puisque cette ampoule rectale est extensible. L'abeille peut ainsi rester plusieurs semaines sans déféquer, mais dès que les conditions météo le permettent, elle en profite pour aller "se soulager". C'est ainsi qu'au cours des 2 ou 3 premières journées douces qui suivent une longue période de froid ou de mauvais temps, on observe une multitude de taches jaunâtres qui souillent les environs du rucher.

Tout va bien pour les abeilles, mais que dire à la ménagère qui constate quelques salissures sur le linge à l'étendage, lavé plus blanc que blanc ? Même constat sur sa voiture qui sort tout juste du lavage automatique... Plutôt que de se défiler, il est préférable d'expliquer la raison de ces taches et de confirmer qu’après cette vague de fin d'hiver, ce désagrément inattendu prendra fin rapidement. L'apiculteur n'a aucune influence sur le vol de propreté a posteriori. Par contre, comme nous l'avons déjà écrit précédemment, il peut avant l'hivernage faire en sorte que les provisions de glucides, stockées dans la ruche se digèrent bien : le miel de miellat, riche en matières non digestibles pour l'abeille doit être remplacé par du miel de nectar, contenant moins d'impuretés. Attention aux sirops de nourrissement : certains peuvent contenir de grandes quantités de nodules d'amidon non digestibles par l'abeille qui encombreront inutilement son intestin.

Ceci nous amène à connaître la composition des sirops de nourrissement du commerce pour les comparer, afin de sélectionner d'abord par la qualité et ensuite par le prix, le sirop le plus adapté pour le nourrissement d'automne. Nous en reparlerons certainement en cours de saison.

La respiration de la colonie
Même pendant la période d'inactivité apparente de l'hivernage, la grappe d'abeilles respire. Les besoins en oxygène d'une colonie de 20 000 abeilles au repos sont évalués à environ 85 dm3 d'oxygène par jour (CHAUVIN).

Prenons comme hypothèse que cette colonie vit dans une ruche Dadant classique de 10 cadres, d'un volume calculé de 55 dm3. Si nous en soustrayons le volume des cadres ainsi que celui de la grappe,

estimé à 15/20 dm3, il reste environ 40 dm3 d'air disponible à la respiration dont 8 dm3 d'oxygène (1 dm3 d'air = 0,21 dm3 d'oxygène et 0,78 dm3 d'azote). Cette disponibilité théorique d'oxygène couvre donc 10 % des besoins journaliers de cette colonie. La conclusion de ce petit calcul coule de source : le trou de vol doit rester ouvert pour permettre la libre circulation des échanges gazeux, entrée d'air frais et évacuation du C02 issu de la respiration. Mais laissons s'exprimer BAILEY (1954) sur ce sujet : "Chez la plupart des insectes, l'oxygène n'est pas apporté aux tissus par le sang, mais atteint toutes les parties du corps directement, à l'état gazeux, à l'aide des trachées, qui communiquent avec l'extérieur au moyen des stigmates.

Les grands sacs aériens de l'abdomen de l'abeille agissent comme des soufflets en se contractant ou en s'élargissant sous la pression du sang qui les environne lorsque l'abdomen se dilate et se contracte alternativement. Chez l'abeille au repos, cette activité de pompage provoque un vif mouvement de va-et-vient de l'air à travers les premiers stigmates thoraciques, mais seulement un courant faible et de direction variable à travers le corps. Dans les périodes d'activité ou dans une atmosphère qui contient du gaz carbonique à forte concentration, l'air est probablement inhalé surtout par les premiers stigmates thoraciques et exhalé principalement à travers les derniers stigmates thoraciques. Il se produit ainsi un courant rapide d'air frais à travers le thorax, ce qui fournit une ventilation adéquate à la région des muscles alaires."

Pour en revenir à la pratique apicole, en hiver, nous baisserons les portes d'entrée à crémaillère pour interdire l'accès des prédateurs, et nous ouvrirons largement les glissières.

En cas de fortes chutes de neige, la ruche peut être totalement recouverte. Tant que cette neige reste poudreuse, elle permet les échanges gazeux. Il n'y a pas lieu d'intervenir, d'autant que le manteau neigeux est un excellent isolant par grand froid. Mais si le trou de vol est obstrué par de la glace, il y a risque d'asphyxie progressive si la ruche est totalement hermétique. Il faut alors dégager le trou de vol sans déranger la grappe. Mais qu'on se rassure : l'abeille supporte des concentrations élevées de C02, de l'ordre de 15 à 20 %, alors que ce gaz n'est présent normalement dans l'air qu'à raison de 0,05 %.

De plus, n'oublions pas de noter l'importance des trous d'aération pratiqués sur le plancher de la ruche, ou celle de l'utilisation des planchers grillagés. Dans ces 2 cas, quoi qu'il arrive au trou de vol, les échanges gazeux restent possibles.

Enfin et concernant la respiration, faisons un aparté au sujet de l'acariose, maladie de l'abeille adulte. L'apiculteur attentif peut être amené à observer des abeilles traînantes, incapables de s'envoler. Il peut alors soupçonner entre autres, une attaque d'acariose. Dans ce cas, la 1ère paire de trachées thoraciques qui alimentent les muscles ailaires en oxygène, sont colonisées par des acariens (Acarapis Woodi ) qui arrivent à obstruer les trachées : l'air ne passe plus et par manque d'02, l'abeille est incapable de faire fonctionner ses ailes. Le diagnostic suppose d'enlever les trachées et de les observer à la loupe binoculaire, dans un laboratoire spécialisé.

La maladie concerne principalement les jeunes abeilles de moins de 9 jours. Au-delà, elles sont épargnées. Cette maladie se rencontre de moins en moins. Peut-être est-ce dû aux traitements anti-varroa ? Mais si vous observez des abeilles traînantes, présentant des difficultés à voler, faites appel à l'agent sanitaire local.

Aethina Tumida, le petit coléoptère de la ruche
Il y a peu de mois encore, la menace d'invasion de nos ruches par Aethina Tumida faisait l'édito des revues apicoles. Et il y avait de quoi s'inquiéter puisque Aethina Tumida avait été détecté au Portugal sur un lot important de reines importées du Texas. Une partie de celles-ci (117) était déjà introduite, dans nos ruches réparties sur 53 départements déclarés de ce fait potentiellement infestés.

Le branle-bas général des Directions des Services Vétérinaires, des agents sanitaires a permis de constater que les résultats des visites des ruches concernées se sont révélés négatifs (source officielle de la D.G.A.L.*).

Ouf ! les apiculteurs sont soulagés ! Oui, soulagés quand on sait les dégâts que le coléoptère commet en consommant sur son passage, le miel, le pollen, la cire et même le couvain. Surprises par cette nouvelle invasion, comment nos abeilles auraient-elles réagi ? Comme avec le Varroa probablement, en le tolérant, même après 20 années de vie commune, hormis quelques cas isolés.

Puisque tout va bien, ne nous étendons pas plus sur ce sujet quoi que... Dans une revue apicole nationale relatant divers articles sur Aethina, nous avons lu le petit paragraphe de conclusion qui débute ainsi : "Le petit coléoptère de la ruche n'est pas présent en Europe". Plus loin, il est écrit "Après discussion avec différents apiculteurs connaissant le problème du petit coléoptère de la ruche, il ressort que celui-ci ne poserait pas de problème dans la mesure où une bonne hygiène des colonies et des ruchers est réalisée".

Après relecture de cette conclusion je me pose 2 questions : comment peut-on affirmer que Aethina n'est pas en Europe, même si en France, les résultats des visites de ruches soupçonnées par l'introduction des 2 915 reines se sont révélés négatifs ?

La D.G.A.L. est beaucoup plus prudente puisqu'elle annonce : "La France peut donc être considérée officiellement indemne du petit coléoptère". Annoncer qu'Aethina ne poserait pas de problèmes si l'apiculteur observe une bonne hygiène des colonies, me paraît être une affirmation dangereuse. D'une part, n'est-ce pas donner carte blanche à ceux qui souhaitent s'affranchir de la recherche d'Aethina, puisque de toute façon, il n'est pas si dangereux que cela ! D'autre part, nous n'avons aucune expérience de terrain sur le comportement qu'aurait notre Abeille européenne mellifica face à ce nouveau parasite, et avec l'effet de synergie avec varroa.

Par conséquent, nous proposons à nos lecteurs de rester en éveil, notamment lors de la prochaine visite de printemps. La recherche d'Aethina reste d'actualité !

N.B. - Les contrôles réalisés dans le cadre de la surveillance sanitaire des ruchers mis en œuvre par les Services Vétérinaires au regard du risque d'introduction d'Aethina ont concerné 280 ruchers ayant reçu les reines du Texas et 4 256 ruches ont été examinées. Ils concernaient 56 départements et la presque totalité des ruchers ayant introduit des reines du Texas.

Finalement, la Direction Générale de l'Alimentation, en a conclu : "La France peut donc être considérée officiellement indemne du petit coléoptère de la ruche Aethina Tumida".

Cette dernière affirmation officielle me semble nettement plus restrictive que celle citée plus haut.

3) Demain

Et si l’on reparlait d’Apistan ?
C’est au printemps 1996 que le couple G.D.S.A./Syndicat d'Apiculture de la Hte-Savoie, a pris la décision d'abandonner les lanières APISTAN au profit d'APIVAR, alors récemment mises sur le marché. Bien qu'Apistan ne nous ait pas causé de problèmes particuliers à cette époque, la rumeur de résistance des varroas au Fluvalinate faisait son chemin, et nous a incités à changer de molécule. Bien nous en a pris car la rumeur est devenue réalité dans le département, alors que la Région Sud-Est était contaminée en "peau de léopard". Depuis le G.D.S.A. n'a plus délivré de lanières Apistan et la consigne d'utiliser Apivar a été respectée par la majorité de nos adhérents qui ont pu ensuite et au choix utiliser APIGUARD. Précisons que l’efficacité d’Apivar n'a jamais égalé celle d'Apistan d’avant 1996.

Depuis 3 ou 4 ans, les contrôles d'efficacité exécutés ici et là pendant la période hors couvain, ont révélé une mauvaise efficacité d'Apivar d’une colonie sur quatre.

 Pourquoi ? alors que le mode d'emploi est le même pour toutes les ruches. Par ailleurs, les effets prometteurs d'Apiguard ne se sont pas confirmés, surtout en zone de montagne. Les apiculteurs qui avaient choisi ce médicament dont la mise en place est plus contraignante, renouvellent l'expérience de moins en moins.

Au cours de l'été 2005, nous avons pris la décision de lancer un essai avec Apistan, après 10 années d'abstinence à ce médicament, sur les 5 ruchers-écoles du département 74, avec un protocole unique. 44 ruches ont été traitées avec Apistan et 33 avec Apivar. L'automne qui a suivi a été agréable, ce qui nous a permis de compter régulièrement les varroas piégés sur les langes graissés. Ces conditions ont également favorisé un élevage tardif du couvain. Les résultats figurent sur le tableau ci-dessous.

Comme dit plus haut, il s’agit seulement des varroas tombés : malheureusement, les conditions météo du mois de décembre et de la première quinzaine de janvier ne nous ont pas permis de pratiquer le contrôle hivernal, en période hors couvain, avec de l'Amitraze (Taktic) et la méthode évaporation-contact.

Nous ne connaissons donc pas le nombre de varroas qui restent dans les ruches concernées par l'essai et par conséquent, nous n'avons pas pu calculer le pourcentage d’efficacité observé sur les 2 médicaments.

Aussi, les seuls éléments exploitables sur le tableau précité, ne nous permettent pas de proposer à nos adhérents, le retour d' Apistan. A noter que ces comptages ont mobilisé 12 bénévoles (pour 150 heures de comptage et de nombreux kilomètres). Nous profitons de cette page pour les remercier ici de leur dévouement à la cause qui nous unit.

Il est regrettable que cet essai se termine "en queue de poisson" par manque d'une fenêtre météorologique favorable à la mise en place du contrôle hivernal, marquant la fin de l’essai. Quel dommage !

Sans effet d'annonce, sous les nourrisseurs, il se prépare d’heureux événements. Ne troublons pas les préparatifs de ces naissances à venir, ne suivons surtout pas ce dicton : "En février, ébrèche ton bournier**". Ce n'est pas vraiment le moment ! En mars, plus sûrement. . .
 B. Cartel

* Direction Générale de l'Alimentation
** Ruche rustique

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