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Le pas à pas : plus que le miel, la pollinisation de mes fruitiers (2015)
Gilles Fert

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

Introduction
Le rôle indispensable des abeilles pour la pollinisation est de mieux en mieux compris, aussi bien chez les agriculteurs que parmi les consommateurs. Quant aux apiculteurs, c’est souvent leur argument choc lorsqu’ils veulent placer des ruches ou bien se faire accepter en zone urbaine. En effet, les chercheurs semblent unanimes sur l’intérêt économique de la pollinisation par les insectes. Ils chiffrent à 3 milliards d’euros en France le gain de production dû au travail des insectes pollinisateurs. Plus de 75 % des espèces végétales cultivées dans le monde dépendent de la pollinisation des insectes. Si vous avez un cerisier et une ruche dans le jardin, votre récolte est assurée en quantité comme en qualité lorsque la météo est de la partie.

Etape 1
Pour leur reproduction, certaines plantes se contentent du vent (plantes anémophiles), comme les graminées, le noisetier…

D’autres, dites entomophiles (la plupart des fruitiers, des crucifères comme les choux, le colza…), ont besoin des abeilles (domestiques et sauvages) pour transporter le pollen et assurer ainsi leur fécondation.

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Etape 2
Pendant la floraison, surtout si les conditions climatiques ne permettent pas une sécrétion de nectar, n’hésitez pas à nourrir vos abeilles avec un léger sirop de sucre bio ou de miel.

Cette petite quantité de sirop simulant une miellée stimulera et permettra aux butineuses de constituer de belles pelotes de pollen.

Etape 3
Certaines plantes nécessitant une pollinisation entomophile restent peu attractives pour nos abeilles.

D’où l’importance d’apporter les ruches à un stade floral bien précis pour ne pas que les butineuses se fixent sur des fleurs environnantes plus mellifères.

C’est le cas du kiwi sur lequel l’apport de ruches se fait à 20 % de fleurs femelles ouvertes et au moins 50 % de fleurs mâles.


Etape 4
Faites l’expérience de couper une pomme en coupe équatoriale.

Si le cercle est parfait, et la répartition des pépins régulière, cela signifie que les abeilles étaient en nombre suffisant pendant la floraison.

En plus de la taille respectable des ces fruits bien pollinisés, la sécrétion d’hormones par les nombreux pépins augmentera ses qualités gustatives ainsi que sa conservation.

Etape 5
Les producteurs de miel professionnels traversent des années difficiles sur le plan économique.

Beaucoup d’entres eux équilibrent leurs revenus en effectuant le service de pollinisation auprès des arboriculteurs et des producteurs de semences.

Une ruche peut se louer de 30 à 60 e pour une période de deux à quatre semaines suivant les espèces florales et la saison.

Etape 6
N’oublions pas tous les autres insectes pollinisateurs comme les bourdons et les nombreuses abeilles solitaires (osmies, mégachiles…).

Si vous avez peur des piqûres des abeilles, il vous reste la possibilité d’installer dans le jardin un hôtel à insectes.

Constitué de petits morceaux de bambous ou autres roseaux creux, il offrira un refuge idéal permettant leur reproduction.

Conseil
Si votre ruche est équipée d’une trappe à pollen, sans l’ouvrir vous pouvez juger de son efficacité par la quantité de pollen récolté ; les apports étant proportionnels à la surface de couvain ouvert. De plus, la couleur des pelotes vous indiquera sur quelles fleurs elles butinent.

Le saviez-vous ?
Plus de 70 % de notre alimentation serait due au travail des insectes pollinisateurs.

Attention
Ne traitez surtout pas vos fruitiers pendant la floraison. Même des produits dits inoffensifs peuvent affecter les abeilles rien qu’avec le support gras de la matière active.

Pour en savoir plus
• Vaissière (B.) – Le Traité Rustica de l’apiculture, p.122-152.

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