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Ruptures (2002)
F. Anchling

Juillet et surtout août marquent une rupture de plus en plus évidente avec ce que nous avons entendu et constaté tout au long de ce premier semestre 2002 : rupture du développement et de l'expansion continue des colonies, rupture de l'idylle avec les faux-bourdons, modification de l'humeur de nos protégées. Varroa que l'on avait presque oublié réaffirme avec force sa présence et même les miels récoltés deviennent plus sombres et prennent des couleurs d'automne. Certains refusent de se laisser extraire, au désespoir de l'apiculteur.

Inversion de tendance
Les feux de la Saint-Jean, antique coutume païenne venue du fond des temps, et maintenant les fêtes de la musique célèbrent fin Juin, chacun à leur manière, le solstice d'été, l'apothéose de la course solaire, le sommet de l'échelle du zodiac. Le développement de la nature, calqué sur la course du soleil est lui aussi arrivé à son point culminant et nos colonies ont atteint l'apogée de leur croissance saisonnière. Bientôt la durée du jour va commencer à décroître, et insensiblement nos peuples s'adaptant au rythme biologique de la nature vont modifier leur comportement. Ce ne sera pas très visible début juillet mais progressivement la rupture avec notre vocabulaire du premier semestre sera consommée. Il ne sera plus question d'agrandissement, de développement, d'essaimage, bien au contraire. Maintenant au sommet de l'été, nos amies prévoyantes savent que l'essentiel est fait.

Bien que l'activité au trou de vol soit encore soutenue, surtout par forte chaleur, la disparition progressive de nombreuses butineuses usées par le travail et le ralentissement de la ponte, amorce le déclin de nos colonies. Bien sûr, l'activité des butineuses se maintient aussi longtemps qu'il y a encore des miellées à exploiter ou des sources de pollen à visiter. Cette recherche de pollen est essentielle en arrière saison, car il devient rare et la colonie sait qu'il est nécessaire à la constitution particulièrement adaptée de leurs sœurs qui devront affronter les rigueurs de l'hiver.

Plus ou moins rapidement selon le lieu ou la température, la construction des rayons va s'arrêter. La production de cire se limitera strictement aux besoins immédiats de la colonie ou à l'operculation des cadres de miel. De ce fait, les rayons non construits en totalité doivent être retirés pour éviter l'encombrement de la ruche par des volumes inutilisées. Surtout si nous envisageons de partir en transhumance, il est inutile de conserver des cadres à construire, les abeilles les bouderont, sauf si la colonie récolte du mélézitose.

Après la floraison des tilleuls, les grandes plaines agricoles qui faisaient les miellées d'antan sont devenues stériles, c'est pourquoi beaucoup d'apiculteurs transhument à la recherche d'autres floraisons, en forêt, ou en montagne à la recherche d'un miellat, abondant si les pucerons sont au rendez-vous.

Depuis que les premiers chasseurs d'abeilles rapportaient chez eux les troncs d'arbres habités par une colonie, on sait que l'on peut transporter les abeilles. Les écrits anciens nous prouvent qu'autour de la Méditerranée, la transhumance était une pratique courante, à dos d'âne, de chameau, ou par bateau. De même, la récolte du miel de bruyère pratiquée depuis fort longtemps obligeait les apiculteurs à transhumer. Il ne faut donc pas s'étonner que l'apiculteur d'aujourd'hui pratique une transhumance sans frontières.

Pourquoi transhumer ?
Les miels de printemps se caractérisent par une relative unité et une grande simplicité dans leur composition : colza, fruitiers, acacias. Les miels d'été par contre, sont beaucoup plus variés et ont un spectre pollinique généreux et complexe. C'est en été que l'on récolte les meilleurs miels " toutes fleurs " ainsi qu'une très grande palette de miel de crû bien typés: des miels de nectar (tilleul, trèfle, châtaignier, lavande, bruyère etc..) et aussi des miellats (forêt, sapins).

On transhume pour profiter d'une autre miellée, ce qui permet un meilleur développement de la colonie, mais aussi pour récolter des crûs spécifiques, que le sédentaire ne pourrait proposer.

C'est pourquoi chaque apiculteur, même le jeune apiculteur ne doit pas craindre de transhumer, et doit au contraire s'en faire un plaisir, c'est une expérience enrichissante.

Un proverbe Espagnol ne dit- il pas : " l'essence est la meilleure nourriture de mes abeilles ".

S'équiper pour transhumer
Pour que transhumer ne soit pas frustrant pour l'apiculteur, il y a quelques règles simples à observer : ainsi, avoir des caisses étanches et en bon état est de toute évidence de première nécessité, avec possibilité d'aération par le bas (avec les planchers grillagés, il n'y a plus de problème), un trou de vol que l'on puisse obturer efficacement, de façon à éviter que celui qui nous aide ne s'affole pas s'il aperçoit une abeille et laisse tout tomber. Le tout est ceinturé efficacement avec une sangle en bon état, à maniement aisé les yeux fermés ou dans le noir.

Faire les choses dans l'ordre
Les abeilles ne peuvent être transportées qu'avec un certificat sanitaire correctement renseigné par la personne compétente pour le délivrer (spécialiste apicole ou autres). Le responsable sanitaire signale si le lieu de transhumance est indemne de maladies contagieuses, et éventuellement les précautions à prendre. Du fait que les colonies doivent être contrôlées en détail, il faut s'y prendre suffisamment tôt pour éviter tout retard. L'hiver et le printemps laissent suffisamment de loisirs pour rechercher un emplacement approprié à proximité de la miellée que l'on souhaite exploiter. Il faut rechercher un particulier qui autorise le stationnement des ruches sur son terrain, ou traiter avec l'ONF moyennant paiement. Selon l'altitude et la situation du terrain il y a lieu de négocier de suite les conditions de stationnement : paiement en miel ou en monnaie trébuchante, ou à l'inverse est-il possible de demander une indemnité de pollinisation ?

L'emplacement choisi sera soigneusement préparé : fauchage de l'herbe, mise en place des supports. Si possible choisir des situations abritées du vent, le trou de vol dirigé vers le sud- est en prenant soin que les ruches soient à l'ombre de 12 à 17 heures, car les abeilles occupées à rafraîchir leur habitation ne récolteront rien. En montagne, il faudra rechercher le pied des pentes ; les abeilles s'élèveront à la recherche des sources de nectar et descendront sans effort chargées de leur précieuse cargaison.

Quelques jours avant le départ, les populations seront préparées : les hausses seront vides de miel, les cadres biens léchés ; il serait dommage de mélanger un reste de miel de colza qui cristallise avec un miel de forêt qui reste liquide. Une bonne réserve de pollen et de miel est indispensable, avec beaucoup de jeunes abeilles. Il peut être nécessaire de renforcer la population des ruches destinées à la transhumance en leur donnant quelques poignées d'abeilles.

Le déplacement
La veille du départ, les grilles de ventilation sont mises en place et les ruches sanglées. Le matin, avant le départ, et pas avant, quand aucune abeille ne vole, on ferme le trou de vol avec la grille ad hoc ou avec un morceau de mousse, on découvre la grille de ventilation supérieure et l'on asperge avec de l'eau fraîche le dessus des cadres. Cela permet aux abeilles de se désaltérer, de rafraîchir la température intérieure de la ruche et de maintenir dans le calme un peuple excité par le déplacement. Les ruches et le matériel nécessaire pour l'installation sont chargés et bien calés. Il est important de veiller à ce que les orifices de ventilation ne soit pas obturés et que de l'air frais puisse y arriver en permanence.

On se dirige vers l'emplacement retenu, en évitant des arrêts prolongés. Tout a été préparé à l'avance. Si les abeilles sont très excitées, on les douche abondamment avec une pulvérisation d'eau fraîche. On enlève les sangles, les couvertures sont mises en place et le certificat de transhumance est collé de façon apparente sur la ruche d'extrémité. Avec une bonne dose de fumée et une protection efficace, on passe de peuple en peuple pour ouvrir très rapidement les trous de vol. Si l'on a la chance d'intervenir alors qu'il fait encore sombre, les abeilles ont à peine le temps de se montrer agressives. Si par contre, il fait jour et déjà chaud, il y a intérêt à se mettre très vite à l'abri de ces furies. Quelques minutes plus tard tout est redevenu calme et il faut absolument contrôler que tout se passe normalement; qu'il n'y a aucun problème.

Quelques conseils en vrac

  • L'achat d'une remorque n'est pas indispensable, il est possible de trouver chez un loueur une remorque adaptée au transport envisagé.
  • Il est recommandé de laisser une colonie à l'emplacement du rucher ; si l'une ou l'autre abeille a manqué le départ, elle pourra mendier son acceptation dans cette colonie.
  • Les meilleurs emplacements de transhumance permettent d'exploiter plusieurs miellées successives.
  • Des arrêts prolongés lors de nuits tièdes sont dangereux pour les fortes colonies avec du miel frais. Elles peuvent étouffer ; cela signifie qu'enfermées dans la chaleur elles paniquent, la température de la grappe s'élève jusqu'à faire fondre les rayons qui chargés de miel s'effondrent et ensevelissent les abeilles qui meurent étouffées.

  • Une torche est indispensable pour y voir clair en cas d'incident. Si l'on recouvre la lampe d'un chiffon rouge ou orange, on peut travailler en présence des abeilles sans être agressé.
  • La fraîcheur des jours de pluie ou de la nuit est favorable à la transhumance, mais attention : la température minimum doit être supérieure à 5°.
  • Le nom du propriétaire fixé au-dessus d'un rucher propre et bien ordonné ne peut que lui ramener des clients.  

La fin de l'idylle pour les faux-bourdons
C'est inscrit dans la mémoire des temps. Comme de pauvres mendiants, ils cherchent à revenir au trou de vol, pour trouver la survie d'un jour encore. Mais incapables de butiner la moindre fleur, ils ne vivent qu'avec les réserves de la ruche, ce qui explique leur élimination lorsque la nourriture se fait rare, d'autant plus qu'ils consomment trois fois la ration d'une ouvrière.

Et pourtant ils étaient les vedettes pendant la saison des noces. Chaque ruche voulait élever le plus grand nombre de ces gros poupons afin d'assurer la survie de la colonie et le prolongement de son caractère. D'une taille imposante à côté de la petite ouvrière, ils se laissaient vivre, volant de-ci de-là avec une sonorité de contrebasse, dans le tourbillon incessant des insectes de toutes sortes. Pendant leur courte vie, ils ne font rien, se promènent sur les rayons, se nettoient, mangent pour assurer leur maturation sexuelle et exécutent quelques vols de repérage. Ils sortent entre 14 et 17 heures pour se retrouver avec d'autres faux-bourdons en un lieu identique chaque année appelé agrégation de mâles. C'est de là qu'ils s'élancent pour prendre part au plus grand événement de leur vie, la course à la fécondation de la reine.

Ils firent partie de l'environnement du printemps créateur, leur présence répondait à une nécessité vitale, mais la nature a inscrit dans sa loi économique la suppression des bouches inutiles quand l'opulence disparaît.

Modification de l'humeur de nos protégées
La disparition des sources nectarifères va de pair avec une augmentation de l'agressivité de nos abeilles. Nous veillerons donc à ne pas les déranger si les conditions atmosphériques ou environnementales sont défavorables. Les abeilles ont un instinct naturel de défense. Pour contenir leur agressivité naturelle nous avons une arme primitive certes, mais suffisante: la fumée. Muni d'un bon enfumoir, il est possible de travailler sans problème majeur, avec un minimum de gêne pour les abeilles. Le but est de les maintenir dans le calme et non de les asphyxier.

L'apiculteur doit toujours s'imposer et ne pas laisser les gardiennes prendre le dessus. Une bonne pénétration de la fumée dans la ruche provoque un bourdonnement grave de la colonie, lorsque ce son grave s'atténue, si une certaine nervosité commence à s'installer, quand les abeilles lèvent l'abdomen, il faut de suite enfumer énergiquement.

Quels sont les jours qui jouissent d'un environnement favorable ? Ce seront les jours de miellée. Lorsque l'environnement est favorable à la miellée, les abreuvoirs sont quasiment désert. Les jours de miellée sont aussi donnés par le calendrier lunaire publié par Rustica. J'ai relevé les dates des 5 et 6, des12 et 13, des 22 et 23 juillet ; des 1 et 2 , des 9 et 10, des 18, 19 et 20, des 28 et 29 août. On peut y croire ou non, mais les problèmes dramatiques que nous avons connu l'an dernier, méritent que l'on prenne cette année toutes les précautions nécessaires pour qu'ils ne se reproduisent pas, et même les plus farfelues.

La disparition des sources nectarifères est également responsable de l'apparition du pillage. C'est un phénomène à ne pas prendre à la légère. Les histoires qui n'arrivent qu'aux autres sont nombreuses et l'origine d'un pillage est toujours en relation avec une erreur ou une faute de l'apiculteur.

Quand varroa devient un danger !
D'après les études réalisées dans plusieurs laboratoires, c'est entre le 15 juillet et le 15 août que le développement de varroa devient un danger pour les colonies. Les populations de varroas continuent à se développer alors que les populations d'abeilles sont en régression. Nous trouverons de plus en plus d'abeilles affaiblies par les succions de varroa et dont l'espérance de vie se trouve écourtée.

Dès la fin de la miellée et mise en ordre du logement de nos peuples, nous mettrons en oeuvre les traitements recommandés par nos agents sanitaires, tout en nourrissant de façon à compléter les provisions de la colonie si elles se sont révélées insuffisantes. C'est aussi à partir du 15 juillet que nous contrôlerons tous les 10 jours les langes graissés pour décompter le nombre de varroas morts de mort naturelle.

Ce sera une indication précieuse pour les soins à venir.

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Chaque année la panique : elles ont rentré du Mélézitose
Si autrefois ce miel provenait des forêts de mélèzes, aujourd'hui, de plus en plus souvent on en récolte un peu partout. Et c'est un paradoxe, car cette production est toujours exceptionnellement abondante ; une augmentation du poids des ruches de 5, 6 et même 10 kg/jour n'est pas exceptionnelle. On a constaté que lorsque cette miellée a lieu, même par temps de pluie, les colonies construisent dans des proportions inconnues, conjuguées à un très grand développement du nid à couvain. 

L'apparition occasionnelle de mélézitose est un challenge pour l'apiculteur, car ce miel ne peut être extrait et de plus est impropre à la consommation hivernale des colonies. En effet l'hivernage d'une colonie sur du mélézitose provoque presque toujours la dysenterie au printemps suivant. D'autre part si un début de printemps glacial empêche la sortie des porteuses d'eau, les colonies peuvent mourir de faim sur des cadres remplis de mélézitose. C'est pourquoi par précaution il faudra dégager l'emplacement futur de la grappe hivernale de tout le mélézitose qui l'encombre; il faudra réserver trois à quatre cadres vides pour asseoir la grappe hivernale et nourrir avec 8 kg de sirop. Dès que les vols de propreté peuvent se réaliser régulièrement il n'y a plus de problème.

Le mélézitose se présente sous plusieurs aspects variables d'une colonie à l'autre, et même dans une colonie, d'un cadre à l'autre : il peut avoir la consistance d'une gelée ou celle d'un béton. Il n'y a pour l'heure aucune méthode scientifique d'extraction, mais uniquement des compromis pour l'exploiter au maximum.

Méthodes directes :

  • Il est possible de l'extraire tous les trois jours avant durcissement, mais ce n'est pas encore du miel ; il est trop humide et risque de moisir. Il doit donc être redonné dans un nourrisseur à des colonies situées hors de la zone du miellat afin d'être retravaillé. Ainsi son humidité sera réduite et le mélézitose transformé en un bon miel de forêt 
  • Extraction après durcissement d'un mélézitose à consistance de gelée : avec un rouleau à pointes, on peut espérer récupérer 50 % du miel présent dans les cadres, et avec la picoteuse norvégienne, mise au point pour le miel de bruyère, c'est 90 % que l'on peut récupérer. Ce miel obtenu par centrifugation a un parfum très agréable, typique des miels de forêt, mais il est composé d'une grande quantité de cristaux de toutes tailles qui obturent très rapidement les tamis et filtres à miel. Il faut alors utiliser plusieurs filtres et un coupe pâte pour déboucher les mailles des tamis. Quelquefois même il faut se contenter d'un filtrage grossier. Par suite du grand nombre de cristaux et de la viscosité de ce miel, la maturation et l'éclaircissement sont très aléatoires, même s'il est conservé dans un local chauffé. Et en fin de compte il est boudé par 
    le consommateur, à cause de sa consistance granuleuse, qui conduit à soupçonner un ajout de sucre.
  • Si l'on veut supprimer les cristaux, il faut chauffer ce miel à 70°, très rapidement et aussitôt après le refroidir pour éviter la formation d'HMF. Certains appareils conviennent très bien à cette opération qui d'après toutes les analyses qui en ont été faites confirment qu'il n'y a aucun risque d'augmentation du taux d'HMF.

Les méthodes indirectes
En cas de miellée sporadique, l'apiculteur est très souvent surpris malgré lui, ce miel qui ne peut être extrait sera employé pour le nourrissement de colonies ou de nuclei et sera donné en petites quantités

Si par contre le mélézitose est récolté en grandes quantités et ne peut être extrait, il existe plusieurs possibilités détournées d'en faire un usage utile sans oublier que chaque procédé a ses avantages et ses inconvénients.

Donner les cadres désoperculés à une colonie implantée hors zone de miellat. Elle va reprendre ce miel, qui ainsi retravaillé par addition d'enzymes qui casseront le mélézitose deviendra un miel qui peut être extrait et aura conservé toutes les qualités d'un bon miel de forêt. Malheureusement c'est une opération longue, qui n'est valable qu'en période sans aucune miellée. De plus ce travail de transformation entraîne une consommation importante du produit fini. Dans le magasin à miel qui doit obligatoirement être séparé du corps de ruche par une grille, on ne retrouve qu'une modeste partie de l'apport initial. Les cadres sont désoperculés, trempés dans de l'eau tiède pendant 2 heures et placés dans des hausses reliées à la colonie chargée de ce travail par un passage étroit.

Un autre procédé consiste à désoperculer les cadres, puis à les tremper pendant vingt-quatre heures dans un récipient aux dimensions d'une hausse. (si le récipient est trop grand la liqueur obtenue sera trop diluée). Il faudra les lester avec des pierres propres pour éviter leur remontée lorsqu'ils se videront partiellement ; puis les extraire. De suite, après l'extraction ce miel dilué doit être donné aux abeilles pour une transformation dans les deux jours suivants. Au-delà du deuxième jour, le miel obtenu est trop chargé en ferments et n'est plus utilisable. De même ce procédé n'est pas recommandé si les cadres sont trop âgés, il y a risque de transmission de mauvaises odeurs.

Il est aussi possible d'utiliser ce sirop pour faire du vinaigre ou de l'hydromel. Pour ces deux dernières utilisations, il est préférable d'éviter la fermentation naturelle. Il faut cuire très rapidement le bouillon ainsi obtenu et procéder à une fermentation dirigée.

Précautions
Il serait préférable d'éviter les lieux de transhumance dans lesquels les miellées de mélézitose sont fréquentes. Malheureusement personne n'est à l'abri d'une miellée inopinée en des endroits où auparavant il n'en était jamais question.

Il est possible d'exploiter ces miellées exceptionnelles à peu de frais mais cela demande beaucoup de travail. Préparer en réserve des cadres neufs, propres et équipés d'une simple amorce de cire gaufrée. Dès que l'on constate la présence de mélézitose, dans chaque hausse on remplace un cadre sur deux par ces cadres neufs. Lorsqu'ils sont pleins, on refait la même manœuvre en remplaçant les cadres que l'on avait laissé et ainsi de suite pendant toute la miellée. Au fur et à mesure, ces cadres de cire vierge sont pressés, le miel obtenu ne prendra pas de mauvais goût et l'on pourra écraser les cristaux comme précédemment.

A tous bonne récolte et pas de panique, il existe toujours une solution.
F. Anchling