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pollen oligo

Pollen et Oligo-éléments (1999)
Patrice Percie du Sert

L’abeille est une efficace bactériologiste qui se sert de ferments lactiques pour nettoyer puis conserver le pollen, son aliment riche en protéines. Nous avons vu dans le précédent article ce que nous pouvions espérer de ces germes en consommant du pollen frais pour notre santé. Cet été, nous avons dosé une vingtaine de minéraux et oligo-éléments dans 15 pollens monofloraux identifiés. Les résultats de ces mesures sont très surprenants et intéressants.

Tout d’abord, le pollen n’est consommé qu’en petite quantité : 12 à 15 g par jour (1 cuillère à soupe), il ne faut pas considérer ce que peuvent apporter 100 g comme on le fait pour un aliment courant (viande, fruit, poisson), mais ce que contiennent 12 ou 15 g de pollen et comparer ces chiffres avec l’Apport Journalier Recommandé (AJR).

La première constatation est que certains minéraux sont peu représentés dans le pollen comme la silice, le calcium et le magnésium, 3 % de l’AJR, le cuivre 7 %, le fer, le phosphore et le molybdène 8 % . Pour trois éléments, les teneurs participent de manière non négligeable à l’alimentation, le chrome 12 % et surtout le zinc et le manganèse 17 %, d’autant que ces oligo-éléments sont souvent trop peu présents et qu’ils interviennent dans de nombreuses réactions biologiques. Le zinc permet l’activité de plus de 200 enzymes touchant tous les métabolismes.

Le pollen est très riche en deux éléments :

Le Sélénium, quel intérêt ?
Le rôle du Sélénium a été mis en évidence dans plusieurs pays et plus particulièrement en Chine ou sa carence génère un gros problème de santé publique. Les taux de cancers, de maladies cardio-vasculaires et inflammatoires y sont particulièrement élevés. On remarque aussi de nombreuses déficiences immunitaires.

Grâce au Ministère de la Santé, une partie de la population a reçu une supplémentation en Sélénium ; les taux de cancer et autres problèmes de santé ont rapidement chuté pour rejoindre la norme du reste du pays. Une région des Etats-Unis a vécu la même expérience. Une étude menée par L.C. Clark de 1983 à 1991 (USA) est une comparaison entre une supplémentation en Se et placebo pour plusieurs localisations cancéreuses poumon, côlon et prostate. Poumon : le nombre de cancers relevés dans le groupe Sé a été de 17 contre 31 dans le groupe placebo (risque relatif 0,54). Côlon et rectum : 8 localisations colo-rectales de cancer relevées parmi les patients sous Sé contre 19 dans le groupe placebo (risque relatif 0,42). Prostate : 13 cancers prostatiques contre 35 dans le groupe témoin (le risque relatif de survenue est 0,37). En Chine (dans la région carencée, une supplémentation en Sé sur des sujets à risque ayant eu une hépatite B), l’effet est très net : 4,4 % de cas de cancers primitifs du foie sont observés chez 113 sujets de ce type recevant un placebo. Aucun cas n’est observé chez les 113 sujets recevant 20 µg de sélénium par jour.

D’où vient le Sélénium?
L’alimentation européenne est de plus en plus déficiente en oligo-éléments. Les fertilisations solubles très raffinées, le tassement des sols par les pneumatiques, les pesticides font baisser la vie microbienne des sols. L’extraction des oligo-éléments du sol est due à la microflore d’absorption qui entoure les racines des plantes (Soltner « Le sol »).

L’agriculture moderne défavorise cette microflore, ce qui fait baisser les teneurs en oligo-éléments et notamment du Sé.

Le mécanisme d'action du Sélénium
Chez l’homme, le Sé rentre dans la composition de la Glutathien Peroxydase qui est la seule enzyme capable de réduire les hydroperoxydes organiques dont les hydropéroxydes lipidiques. Le corps émet des toxines par le fait de son fonctionnement et des agressions extérieures. Les cellules génèrent de l’eau oxygénée (H2O2) pour détruire ces toxines.

L’H2O2 agresse les parois cellulaires et les mécanismes vitaux de la cellule (ADN). Ceci provoque son vieillissement accéléré et sa détérioration. Pour lutter contre les effets néfastes de ce mécanisme d’élimination des toxines, la glutation peroxydase permet d’éliminer cette H2O2 dangereuse. Cette enzyme inféodée au Sélénium est un puissant antioxydant.

La carence en Sé induit une carence en glutathien peroxydase donc un vieillissement accéléré des cellules. Une bonne teneur en Sé a exactement le rôle inverse.

Role du Sélénium dans l'organisme
Le Sé est impliqué dans la régulation du système immunitaire et dans la réponse inflammatoire. Le Sé montre à certaines doses une activité antitumorale qui lui confère des propriétés préventives du cancer.

(Schrauzer 1989, Koller et al 1986, Aziz et al 1984).

Le Sé diminue le risque de maladies cardio-vasculaires. Il est en plus capable de moduler l’agrégation plaquettaire (TOIVANEN 1987).

Sélénium et Vitamines C et E
Sé et vitamine C : la prise de quantités modérées de vitamine C (une orange ou un kiwi) augmenterait l’absorption interne du Sé et donc son efficacité.

Sé et vitamine E : elle est étroitement reliée au Sé du fait de leurs actions complémentaires sur la protection de l’intégrité des membranes cellulaires.

Sélénium et Minereaux
Le Sé est capable d’agir dans l’organisme avec de nombreux minéraux notamment le mercure, le plomb, le cadmium et l’argent. La toxicité des métaux lourds est bien connue, en particulier celle du plomb (conduites d’eau, soudures anciennes de boîtes de conserve, catalyseurs de carburants) et celle du mercure (pollution due aux piles, aux thermomètres et à l’industrie).

Le Sé module la toxicité des métaux lourds souvent par la formation de séléniures biologiquement inactifs. Des observations ponctuelles ont montré une élimination de plomb par les cheveux à la suite de cure de pollen.

Sélénium et mode de prise
Bien que les données dont on dispose restent fragmentaires, il semble que l’activité protectrice du Sé soit supérieure lorsque le Sé est absorbé sous des formes naturelles.

Les synergies avec les vitamines C et E sont bien établies. Il en existe fort probablement avec d’autres éléments « vivants » de l’alimentation : les enzymes et hormones végétales et avec d’autres minéraux dont un voisin du Sé qui est le soufre nécessaire à la Sélénocystéine qui s’avère être au même titre que les autres acides aminés connus, un acide aminé essentiel.

La biodisponibilité du Sé est faible pour les produits de la mer (20 à 50 %), elle est excellente dans les produits végétaux (80 à 100 %) (J. NEVE et col.).

Les questions qu’il faut se poser vu l’intérêt du Sé pour notre santé et la teneur en Sé du pollen (très forte pour tous les pollens) sont :

Le Sélénium du pollen est-il digestible ?
Le sélénium du pollen trouve sa place dans la cellule fécondante et non dans le sporoderme cellulosique non digéré. Le pollen et doué d’une propriété appelée l’HARMOMEGATIE. Il gonfle et se rétracte en fonction de la pression osmotique du milieu. C’est cette propriété qui est utilisée par l’abeille pour digérer le grain de pollen tout en rejetant les coques non digestibles. Lorsqu’il y a différence brutale de pression osmotique, les apertures des grains de pollen sont les points de faiblesse de ces coques par lesquelles les fuites de cytoplasme ont lieu. Lorsque le pollen est séché, il perd ce pouvoir d’HARMOMEGATIE qui est lié à la vie. Le conséquence est une chute de la digestibilité. D’ailleurs si l’on essaie d’élever des Bombus terrestris en captivité avec du pollen sec, la croissance des colonies est infime et l’état sanitaire désastreux.

Le Sélénium du pollen est-il biodisponible ?
Si la digestibilité du Sé pollinique ne fait aucun doute, la disponibilité biologique reste la grande interrogation :  est-il utilisable par l’organisme ou l’est-il sous une forme bloquée et donc inutilisable ?

Dans les produits végétaux, la biodisponibilité est bonne (80 à 100 %). Cependant, tant qu’un travail spécifique n’aura pas été fait sur le pollen, rien ne pourra être affirmé sans risque d’erreur.

Il ne faut pas passer sous silence en effet que le pollen a une composition complètement atypique par rapport au reste du règne végétal. Le pollen est la seule cellule mobile et autonome du règne végétal. La cellule de pollen est régie par plusieurs systèmes qui se superposent : une protection contre les rayons ultra-violets pour ne pas que le soleil détruise sa viabilité. Le sporoderme est recouvert d’une pellicule lipidique pour limiter la dessiccation. Cette cellule est équipée d’un système enzymatique de veille qui lui permet de germer sur le pistil de la bonne espèce et non ailleurs.

Sa composition chimique en fait un intermédiaire entre le règne animal et végétal. A beaucoup de titres, le pollen est une exception qui mériterait une étude spécifique de biodisponibilité pour pouvoir revendiquer une place majeure dans les produits de complémentation en Sé.

Conseils de cure de pollen
La prise de pollen frais ou congelé doit se faire en cure de 6 semaines à raison d’une cuillère à soupe par jour le matin au petit déjeuner. J’ai remarqué que la prise avec des fruits augmente les effets souvent de manière   importante. De même, il est bon de varier l’origine florale. « Changez de fleur en cours de cure ». Si vous ressentez un effet positif qui cesse quand vous arrêtez au bout de 6 semaines, reprenez alors une cure de longue durée (8 ou 10 mois). C’est un aliment, c’est vous qui devez écouter ce que demande votre corps. Bonne cure de pollen congelé à l’état frais.
Pour toute question, s'adresser à Patrice Percie du Sert
Tél.: 05.53.68.11.11

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