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Le pas à pas : produire mon miel « bio » ! ? (2006)
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

Quel bonheur de récolter son miel avec comme objectif la qualité, le respect de l’environnement, et la reconnaissance de son travail par un label ! La mise en conformité avec le cahier des charges biologique, et l’éthique qu’il implique, apporte énormément de satisfaction. L’objectif étant d’avoir un impact négatif minimum sur les abeilles et les produits de la ruche, et un impact positif maximum sur l’environnement. Ce défi est aujourd’hui élevé, car maintenir les colonies d’abeilles vivantes malgré la menace de Varroa et des produits phytosanitaires présents dans l’environnement nécessite une vraie compétence. Malheureusement, au bout du compte, sur le marché, ce miel « bio » n’est aujourd’hui pas encore rémunéré à sa juste valeur.

Etape 1
Pour votre production familiale, il est fortement conseillé de conduire vos colonies en s’inspirant des conditions de production des apiculteurs « bio ». Aujourd’hui en France, environ 550 apiculteurs commercialisent leur miel en respectant le cahier des charges « bio ». Ce qui représente environ 100 000 ruches. Chaque année, le nombre d’apiculteurs faisant cette démarche augmente..

Etape 2
En vue de la commercialisation, il est nécessaire de suivre une réglementation bien définie. Le règlement (CE) n° 2092/91 du conseil du 28 juin 2007 précise que tout apiculteur en ayant fait la demande, et se référant à ce cahier des charges en respectant toutes les conditions de production, peut prétendre à l’utilisation de la mention biologique pour le miel et produits de la ruche..

Etape 3
Attention au choix de votre emplacement. Il faut s’éloigner des zones à fortes activités humaines (zones urbaines et industrielles, autoroutes…). Concernant les zones de cultures comme d’élevages, partez à la recherche d’agriculteurs bio ou bien prospectez dans les régions encore indemnes… sachant que les butineuses s’éloignent en moyenne à 1,5 km pour le nectar et 800 m pour le pollen.

Etape 4
Pour le matériel, les cires gaufrées de vos nouveaux cadres ainsi que le nourrissement (miel, sucre et sirop de sucre) doivent être certifiés biologiques. Votre ruche doit être composée de matériaux naturels, même si les matières plastiques sont tolérées pour les nourrisseurs, les hausses et les grilles à reines. Il ne vous faudra qu’une année de « phase de conversion » pour passer du conventionnel au bio.

Etape 5
Récoltez vos hausses de miel soit avec le plateau chasse-abeille, soit avec un souffleur. Evitez la balayette qui peut transmettre les maladies, ainsi que la fumée qui peut altérer le miel. Attention, le plateau chasse-abeille ne fonctionne que si les hausses sont dépourvues de couvain..

Etape 6
En apiculture bio, le traitement de la varroase se pratique avec un nombre restreint de produits, souvent une application d’acide oxalique par dégouttement. Une dilution à 3,5 % dans du sirop 50-50 est répartie sur la grappe d’abeilles en période sans couvain. Cette période sans couvain est obtenue par l’encagement de la reine ou bien en hiver pour les régions froides.

Précaution
Le cahier des charges ne permet pas le clippage des reines.

Attention
En période de disette, les butineuses peuvent parcourir plusieurs kilomètres et ramener toutes sortes de farines agricoles et de sciure en guise de pollen, ou des peintures, goudron… en guise de propolis. Même chose pour l’eau. Une bonne pratique consiste à placer un abreuvoir à 50 m avec 2 g de sel/l.

Important
50 % au minimum de l’aire de butinage de 3 km autour de votre rucher doit correspondre à une zone naturelle ou d’agriculture biologique.

Pour en savoir plus
Agence bio : http://www.agencebio.org/la-bio-en-france

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