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Et si on re-parlait (encore !) un peu du Varroa…

Yves Layec

Depuis de nombreuses années on parle ici et ailleurs de mortalités inexpliquées d’abeilles. En France les dépopulations sur les miellées de tournesol, en Amérique le plus récent phénomène du « syndrome d’effondrement des colonies » ou CCD. Bien entendu les pesticides sont en première ligne parmi les responsables. Il y a eu aussi la crainte de l’arrivée en Europe du petit coléoptère des ruches Aethina tumida, mais personne n’a vu arriver le parasite intestinal Nosema ceranae… (Notons au passage que les microsporidies, en particulier celles responsables des nosémoses chez les insectes, ne sont désormais plus classées parmi les protozoaires, comme indiqué dans les ouvrages sur les maladies des abeilles, mais parmi les champignons). Il y a ici ou là des flambées (n’ayons pas peur des grands mots pour qualifier les grands maux) de loque américaine.

Et puis, préoccupé par ces nouveaux problèmes, de façon routinière on accepte la présence du Varroa. On entend parfois dire que « des » abeilles survivraient sans soins appropriés contre ce parasite qui est arrivé en France en 1982. On devient un peu laxiste, on aimerait ne plus avoir à s’en occuper. Peut-être cela vaut-il donc la peine d’y revenir et d’essayer de mener une réflexion au cours d’une série de quelques articles sur Varroa destructor.

Femelle varroa enfouie dans la gelée larvaire

Quelques problèmes anciens et nouveaux

Depuis plus de 25 ans, peut-être depuis 50 ans, l’apiculture mondiale vit réellement une transition historique…

Il y a 50-60 ans : c’est la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’agrochimie commence alors à se développer. Les pesticides, nombreux, de plus en plus efficaces sont déversés sur les cultures permettant à l’agriculture d’approvisionner en nourriture une population mondiale de plus en plus nombreuse. Au début on parle peu des résidus et des conséquences de cet usage massif de produits chimiques sur la santé de l’Homme, sur l’environnement et sur la biodiversité. Bien sûr il y a de temps en temps de fortes mortalités d’abeilles, que l’on peut attribuer ou non à des mésusages d’insecticides, ou à l’utilisation de mélanges de pesticides… On n’ajoutera rien de plus sur les nouvelles molécules apparues vers 1990, ni sur leur efficacité ou leurs effets à des concentrations infimes. Elles ont fait la « Une » des journaux ces dernières années.

Puis on commence à parler sérieusement de résidus, d’effets sublétaux… On met au point des techniques d’analyse capables de détecter des fifrelins de ce qu’on cherche dans toutes les matrices, dans tous les substrats. Merci aux abeilles d’avoir contribué à leur corps défendant à ces avancées scientifiques et à ces prises de conscience du danger des pesticides.

Depuis l’apparition de ces nouveaux problèmes on ne fait plus autant attention aux anciens problèmes concernant la santé des abeilles qui restent pourtant toujours présents, quoi qu’on en dise : loque américaine, nosémose (Nosema apis), couvain plâtré et mycoses ; sans compter les autres problèmes d’ordre divers qui s’amplifient : les problèmes de voisinage accrus par l’urbanisation ; les prédateurs divers ; le temps, toujours trop chaud, trop sec ou trop humide…

Pourquoi revenir sur le varroa ?

Avec les mortalités de ces dernières années, avec les problèmes de pesticides, avec la loque américaine que personne n’a plus (!?) et dont tout le monde se plaint, pourquoi reparler du Varroa ? Tout simplement parce que quels que soient vos autres problèmes ce parasite des abeilles est là, toujours là, et sûrement pour longtemps. C’est vraiment un problème qui reste sérieux et qui peut encore s’aggraver.

Vingt ans de recherches (pas toujours suffisantes, particulièrement en France) :

En fait, rien qui soit complètement satisfaisant ! Et pourtant nous devrons « faire avec » le Varroa si nous voulons continuer à pratiquer l’apiculture.

Varroa jacobsoni ou Varroa destructor ? Varroase ou varroose ou varroatose ?

En réalité le Varroa a attaqué les abeilles il y a déjà longtemps. Après avoir trouvé Varroa sur Apis cerana (l’abeille asiatique), Oudemans qui l’a étudié en 1904 à Java, une île d’Indonésie, l’appela Varroa jacobsoni. On l’a ensuite trouvé sur des abeilles au Japon en 1958 mais les experts pensent qu’il devait être présent là-bas depuis au moins 1915. On pense même qu’il a été mis en contact avec les abeilles dans l’Est de la Russie, du côté du Kamtchatka, au début du siècle dernier, d’où l’origine de ces fameuses abeilles Russes ou souches « Primorsky » censées présenter des caractères d’adaptation au varroa. Puis l’infestation se répandit en Europe dans les années 1970. En France en 1982, dans le Finistère en 1986 ; puis aux Etats-Unis en 1987, en Irlande en 2000, en Nouvelle-Zélande en 2004. Hawaï en a été indemne pendant longtemps, mais le 6 avril 2007, le varroa était découvert dans 3 ruches abandonnées sur l’île Oahu…

Dernière nouvelle en date de la fin du mois de juillet : on a trouvé des varroas dans des colonies d’abeilles Adansonii, au Sénégal. [Après vérification : il était déjà présent dans ce pays depuis quelques années.] Que va devenir l’apiculture africaine si le Varroa infeste l’Afrique ? Les races africaines arriveront-elles à mieux « gérer » la présence du parasite que les abeilles européennes ? Les abeilles « africanisées » dans les Amériques y parviendraient d’une certaine façon, mais au prix d’une agressivité difficile à maîtriser.

Récemment on a trouvé une colonie d’abeilles Apis cerana dans le mat d’un yacht qui était à quai depuis deux ans à Cairns, ville du nord du Queensland en Australie. Or Apis cerana est potentiellement porteuse de deux espèces de Varroas : Varroa jacobsoni et Varroa destructor. Bien que les quatre essaims trouvés alentours aient été déclarés indemnes de Varroa, les Australiens craignent désormais le pire avec potentiellement l’infestation de l’Australie par le Varroa.

Comment cela ? Deux espèces de Varroa ? On a découvert récemment qu’il existe plusieurs espèces de varroas ; une vingtaine d’haplotypes regroupés en au moins 5 espèces. En fait Varroa jacobsoni étudié par Oudemans n’est pas celui qui s’est répandu dans le monde. Ce dernier a été renommé en 2000 par Anderson et Trueman, deux chercheurs Australiens, en Varroa destructor. D’un point de vue pratique cela ne change rien pour les apiculteurs, cela fait juste bien dans la conversation, mais tant qu’à faire autant que les choses soient correctes scientifiquement. Encore que… on pourrait se contenter de parler du varroa (ou du Varroa ?). De même quand on parle d’infestation (ou d’infection) doit-on parler de varroose, varroase, varroatose ? Quelle importance ? Mais disons que pour les pathologistes et parasitologues le mot correct de cette infestation devrait être varroose… à moins que ce ne soit quand même varroatose…

Révision pour certains, nouveauté pour d’autres : le cycle biologique du Varroa

Il est important de bien connaître son ennemi si on veut le combattre ; il est donc utile de bien connaître (ou du moins suffisamment bien) la biologie du Varroa pour vivre avec lui tout en essayant de réduire ses populations en dessous du seuil au-delà duquel les colonies d’abeilles s’écrouleraient.

La femelle Varroa adulte est de couleur rouge sombre à brun. Elle a une forme elliptique d’environ 1,7 mm dans sa plus grande dimension. Une tête d’épingle ! à ne pas confondre avec le pou de l’abeille ou Braula coeca, comme on ne peut pas confondre un tourteau avec une araignée (pour ceux qui mangent du crabe), ou qu’on ne peut pas confondre un ballon de rugby avec un ballon de handball (mais aplatis). Si on compare la taille de l’abeille avec celle d’un apiculteur moyen, le Varroa sur l’abeille ressemblerait à une grande assiette collée sur le dos de l’apiculteur, un truc à se faire remarquer dans la foule…

Le cycle de reproduction du Varroa est très corrélé au développement de l’abeille. Le Varroa semble attiré préférentiellement par le couvain de mâles, plutôt que par le couvain d’ouvrières, dans lequel il se développe cependant sans problème (est-il attiré préférentiellement par des odeurs, ou phéromones, spécifiques au couvain de faux-bourdons ? ou bien y a-t-il influence de la température ?). Généralement les cellules de reines ne sont pas affectées. Il serait cependant important de vérifier cette assertion, car on a trouvé des reines aux ailes déformées. Certains problèmes des reines pourraient-ils être dus à la présence de Varroa dans les cellules, ou aux maladies virales induites par une surinfestation. Ce dernier point peut être important pour les éleveurs de reines : en absence de tout couvain de mâles ou d’ouvrières le Varroa infeste-t-il les cellules de reines ?

La femelle Varroa survit aux périodes sans couvain, ou en période phorétique (hors du couvain), en se nourrissant sur les abeilles adultes en perforant la membrane reliant les différents tergites de l’abdomen de l’abeille. Les abeilles adultes ont un comportement d’épouillage pour essayer de se débarrasser du parasite qui les dérange (ou les démange). Mais le varroa, bien insinué sous les tergites résiste bien à ce comportement d’ailleurs moins efficace chez Apis mellifera que chez Apis cerana. La femelle Varroa vit peu de temps en absence totale d’abeille (au moins 6 à 8 jours quand même ! je l’ai observé sur des langes graissés). Le mâle Varroa quant à lui est incapable de vivre hors de la cellule de couvain. Arrivé à maturité, il ne « pense » plus qu’à « ça » !!!

Le développement normal d’une abeille ouvrière se décompose de la façon suivante : 3 jours à l’état d’œuf, 8 jours comme larve et prénymphe (ne pas confondre avec le couvain ouvert, l’operculation ayant lieu entre le 5e et le 6e jour), et 9 jours à l’état de nymphe, soit une moyenne de 20-21 jours pour son complet développement… OK ! OK ! La plupart du temps on dit qu’il faut 21 jours après la ponte de l’œuf pour qu’une ouvrière naisse… Ne chipotons pas ! Il peut y avoir des variations relativement importantes dans les durées de développement de l’ouvrière en fonction de la température, de la race et de la nourriture des larves.

La larve est nourrie par les sécrétions des glandes hypopharyngiennes et mandibulaires des nourrices. à l’âge de 5 jours, la larve envoie un signal chimique incitant les ouvrières à operculer la cellule. Une femelle Varroa fondatrice (mature et fécondée) quitte alors la nourrice sur laquelle elle se trouve et entre dans la cellule entre 1 et 18 heures avant l’operculation. Elle s’enfouit dans la gelée, dont elle ne se nourrit pas, au fond de la cellule et respire au moyen des péritrèmes (sorte de tuba, pour ceux qui font un peu de plongée). Pendant tout ce temps elle reste immobile dans son bain de nourriture larvaire et « fait le mort ». Elle reste dans cet état jusqu’à ce que la larve, désormais sous l’opercule, finisse de manger le reste de nourriture. Puis, autour du 9e jour, au moment où la larve se redresse dans l’alvéole, la femelle Varroa redevient active et commence à se nourrir de l’hémolymphe de la larve. Si par hasard elle ne devient pas active suffisamment tôt, la larve, entrant en phase de métamorphose, l’ensevelira dans le cocon qu’elle tisse avant de passer à l’état de nymphe. Ces varroas piégés meurent bien entendu sans descendance.

Pour se nourrir le varroa perfore la cuticule de la larve, et se nourrit en pompant l’hémolymphe. Une sécrétion empêche la blessure de cicatriser. Toute la famille Varroa viendra se nourrir à cet endroit. Les fèces de tout ce petit monde seront déposées sur la paroi de la cellule près du point de restauration. La présence de ce dépôt fécal est d’ailleurs une bonne façon de reconnaître la présence de femelle Varroa fertile dans une cellule ; dans le cas d’une femelle infertile le dépôt se trouve sur la nymphe d’abeille et non sur la paroi de la cellule. Tous les stades du développement du varroa ont lieu pendant que la cellule est operculée. Cette caractéristique rend d’ailleurs les traitements chimiques anti-varroa problématiques.

60 à 75 heures après l’operculation, la femelle pond d’abord un œuf de mâle, et ensuite pond 1 œuf de femelle toutes les 30 heures, ce qui fait environ 4-5 œufs dans la cellule. Mais rarement plus de deux arrivent à maturité (dans une cellule d’ouvrière), les autres n’ayant pas le temps d’effectuer un développement complet avant que la jeune abeille n’émerge de sa cellule. Tous ces varroas, adultes et individus immatures, se nourrissent de l’hémolymphe de la larve puis de la nymphe. Le développement du mâle demande environ 6 1/2 jours tandis qu’il faut 5 à 5 1/2 jours pour une femelle. Quelques heures supplémentaires sont encore nécessaires à l’un et aux autres pour atteindre leur maturité sexuelle et copuler. Le mâle est fécond aux alentours de la dernière mue de la première femelle, soit environ une vingtaine d’heures avant celle-ci.

Fécondation de l’acarien

Aux 17e - 18e jours du développement de l’abeille, le fils et la première fille sont devenus adultes. Les jeunes adultes sont blancs, mais ils vont se colorer, la femelle devenant brun sombre. Non, les individus plus clairs que l’on peut voir parfois sur les langes graissés mis sur le plancher ne sont pas des mâles, mais bien des femelles immatures ou non fécondées. Le jeune mâle devenu adulte va copuler plusieurs fois avec sa première sœur, puis avec les suivantes, parfois même d’ailleurs avec sa mère ! L’endroit de rencontre est proche du dépôt fécal. La femelle emmagasine suffisamment de spermatozoïdes (35-40) pour toute sa vie de reproductrice. Le nombre de descendants d’une femelle fécondée est de très loin inférieur à ceux d’une reine d’abeilles, mais cela peut faire quand même une quinzaine de descendantes fécondes.

La forte consanguinité qui résulte de ces comportements élimine les mutations délétères et transmet très rapidement toute mutation favorable à l’acarien. En particulier le caractère de résistance de l’acarien à une molécule chimique, qui peut apparaître par la forte pression de sélection du traitement, se répand et rend les traitements très rapidement inopérants.

Emergence de l’abeille

Vers la fin du 19e jour la jeune abeille se prépare pour émerger aux environs du 20e ou 21e jour ; si elle le peut ! à ce moment-là vont également sortir de la cellule la femelle fondatrice et 1 ou 2 (en moyenne 1,4 environ) filles fécondées. Les autres meurent rapidement. Le mâle quant à lui reste dans la cellule où il est tué ou meurt ; il est ensuite évacué par les abeilles d’intérieur.

Les ouvrières qui ont été parasitées ont en général un poids inférieur, et peuvent être infectées par des virus ou des bactéries. Ainsi affaiblies, de taille inférieure, ces abeilles ont tendance à sortir voler un peu plus tôt, se perdent au cours de leurs vols d’orientation plus fréquemment, ont une durée de vie plus courte ; ceci est particulièrement crucial pour la colonie lorsqu’il s’agit des abeilles d’hiver.

Quant aux abeilles aux ailes déformées (déformations pouvant être dues à l’action délétère de Varroa et/ou à l’action d’un virus, et caractéristiques d’une forte infestation) elles meurent rapidement. En tout cas on ne peut pas compter sur elles pour un butinage efficace !

Dispersions des populations de Varroa

Il apparaîtrait donc que le varroa tue à terme toutes les colonies infestées. Ceci est fréquemment vrai, mais pas toujours.

Devenir une femelle varroa adulte fertile et reproductrice ne serait pas une chose aussi facile qu’on pourrait le croire. C’est une chance pour nous et pour les abeilles. Cela laisse aussi des portes entrouvertes pour des recherches de solutions, pour la sélection, pour envisager un avenir, peut-être lointain, où les abeilles arriveraient à vivre en équilibre avec leur parasite.


Stades d’évolution du varroa. Les formes blanches immatures
(à gauche) mourront à l’émergence de l’abeille. Les deux
formes de droite peuvent être fécondées et se reproduire.
La cuticule de la deuxième à droite va foncer sous quelques jours

Les conditions environnementales joueraient aussi un rôle important

Résultat, toutes les colonies ne sont pas affectées à la même vitesse ni avec la même intensité. Ces différences sont faciles à observer entre les ruches d’un même rucher ou entre des ruches dans des emplacements différents bien que l’apiculteur les ait traitées de la même façon.

Et enfin le caractère hygiénique (HYG) joue clairement un rôle important dans la résistance des colonies d’abeilles à l’infestation. D’ailleurs le caractère VSH, c’est le caractère hygiénique avec quelque chose en plus (VSH = HYG++).

En général 3 ou 4 années seraient nécessaires à l’acarien pour atteindre un nombre suffisant d’individus pour terrasser une colonie d’abeilles, en supposant que tout se passe bien pour le varroa (sans compter les cas d’infestations additionnelles dues par exemple à un pillage de colonies affaiblies, et en supposant que les virus ne soient pas trop virulents). On raconte que des varroas et des abeilles peuvent cohabiter si les colonies restent par ailleurs saines et non stressées. Mais les observations des apiculteurs ont-elles une valeur scientifique, surtout dans ce domaine ? Notons que les déplacements de ruches (la transhumance) occasionnent dans les colonies un stress important.

Comment contrôler l’infestation du Varroa dans les colonies ?

En général regrouper des colonies proches les unes des autres, dans un rucher, sous un filet lors d’une transhumance, n’est pas une bonne chose. Toutes les maladies et les parasites sont plus facilement propagés.

La population de varroa s’accroît certainement par le regroupement des colonies, et dans des colonies stressées par de trop faibles récoltes. Qu’en sera-t-il cette année après le bel été qu’ont connu certaines régions comme la Bretagne ? Un coup de téléphone reçu à l’instant me signale une chute naturelle de 2 500 varroas en 6 jours dans une ruche du centre du Finistère !

D’après James Tew, et je préfère le citer textuellement ici, « à [sa] connaissance, aucun apiculteur, nulle part dans le monde, n’a été capable de développer une méthode prouvée pour contrôler de façon efficace le varroa ». La résistance naturelle est souhaitable, mais n’éradiquera pas l’acarien. Tous les produits chimiques, quelle que soit leur toxicité, ont plus ou moins des effets indésirables sur les abeilles de la colonie. Si on garde les colonies isolées à quelques kilomètres les unes des autres, moins de traitements chimiques seraient nécessaires en supposant que toutes les autres conditions environnementales restent favorables.

Et alors ?

Peu d’apiculteurs aiment utiliser des produits chimiques dans leurs ruches. Mais si nous gardons des colonies proches l’une de l’autre dans nos ruchers, si nous les déplaçons occasionnellement sur d’autres sites de miellées spécifiques ou pour des pollinisations, plus tôt que plus tard nous serons confrontés à des déséquilibres de populations de varroa que les abeilles ne seront plus en mesure de contenir.

Choisir alors des produits homologués d’utilisation simple et économique. Les utiliser avec parcimonie et conformément aux prescriptions. Consultez vos GDSA pour les produits et les modes d’utilisation adaptés à votre région. Mais attention ! Ce qui marche aujourd’hui risque d’être un jour prochain inefficace. Les cycles de vie des abeilles et des varroas, les variations environnementales sont trop compliqués pour que l’on puisse espérer trouver un produit chimique, simple à utiliser, et efficace très longtemps.

Conclusions de James Tew (dans Bee Culture de juin 2007)

Si on n’a parlé que du varroa, ne pas négliger les autres maladies. Une colonie affaiblie par exemple par la nosémose pourra alors s’écrouler sous l’action du varroa.
Provoquez le moins possible de stress dans vos colonies : attention aux déplacements, aux divisions, aux visites inopinées ou trop nombreuses et prolongées…

Gardez autant que possible vos colonies isolées. C’est ce que vous pouvez faire de mieux. Arrivée à un certain point, la colonie devra se défendre toute seule. Il faut le lui permettre.

Mon commentaire sur cette conclusion

Lorsqu’on fait de l’apiculture on peut n’avoir qu’une ruche et se contenter de regarder les abeilles aller et venir, sortir et revenir du butinage avec les charges de nectar et de pollen. Dans ce cas, admettons que l’on puisse garder isolée une ruche sans lui occasionner le moindre stress.

Dans les autres cas, comment imaginer des ruchers d’une seule ruche disséminés dans la nature ? Avec les nouvelles pratiques agricoles, avec le développement des voies de circulation, l’urbanisation, l’aménagement du territoire sans cesse renouvelé, comment les abeilles trouveraient-elles de quoi se nourrir et comment l’apiculteur trouverait-il du miel pour en vivre sans que l’on déplace les ruches en fonction des miellées ? Imaginez aux Etats-Unis lorsque les ruches sont déplacées par semi-remorques d’Est en Ouest et vice-versa pour aller polliniser les amandiers et les autres cultures…

Pas de ruches isolées, un stress inévitable : les abeilles ne sont désormais plus dans les conditions les plus favorables pour bien résister seules, sans l’aide de l’apiculteur, à la pression du Varroa.

Cela mérite réflexion… et sérieux ! De la part de tous...