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SNA
Avec l'aimable autorisation de la revue du SNA - Abonnez-vous à l'Abeille de France

Préparons déjà la miellée de printemps (2007)
Par Pierre Polus

Le concept «Hiver, période de repos » est quasi général chez les apiculteurs. Non seulement ils le pensent pour les abeilles, mais aussi pour eux-mêmes. Or il n’en est rien, comme nous allons le voir. Sur un cycle annuel, certaines périodes posent de gros problèmes à la survie de certains animaux, en particulier des insectes, période hivernale dans la zone tempérée, périodes de fortes chaleurs, de grande sécheresse en zones tropicales ou subtropicales. Les problèmes rencontrés sont de deux ordres : comment résister aux intempéries et comment subvenir à un manque de nourriture ? Pour résister aux intempéries, il fallait, soit trouver un refuge au microclimat acceptable, soit gagner une région plus clémente, c’est-à-dire faire une migration, soit encore disposer d’un organisme capable de résister aux rigueurs du climat. En parcourant le règne animal, on constate, qu’à tous les niveaux, des mammifères les plus évolués aux invertébrés les plus simples, ces trois possibilités se rencontrent. Nos abeilles ont choisi la première solution, elles sont cavernicoles, c’est-à-dire qu’elles vivent dans des cavités naturelles (arbres creux, anfractuosités de rochers) ou artificielles (murs creux, cheminées, ruches). Certains hyménoptères font des migrations et d’autres, comme les guêpes et les bourdons, entrent en léthargie. Reste la question de la nourriture. A cela deux solutions : ou bien je ne mange plus, ou bien je fais des provisions. Les ours, les blaireaux, les lérots, les chauves-souris, les guêpes, les bourdons ne mangent plus, ou très peu, mais ont accumulé des réserves sous forme de graisse. Si on doit se nourrir pendant ces périodes, il faudra faire des réserves dans un endroit restant disponible.

preparons printemps 3

L’hiver chez nos abeilles
Nos abeilles n’hibernent pas, elles restent à l’état de veille, je dirais même plus : elles restent en activité. Dans la grappe, quelle que soit la température extérieure, les abeilles continuent à se déplacer, elles maintiennent la température de la grappe et sont prêtes à sortir de la ruche si la température devient subitement plus clémente.

La grappe, que les abeilles forment en hiver, est essentiellement variable en fonction de la température. Lorsque la température diminue (en dessous de 5° C) la grappe d’abeilles se resserre principalement sur son pourtour. Par grands froids, les abeilles de l’extérieur se serrent les unes contre les autres de manière à former une véritable couche isolante protectrice de l’intérieur de la grappe. A l’intérieur, les abeilles sont nettement moins serrées et continuent à s’y déplacer et, éventuellement, à y entretenir un petit couvain (nous y reviendrons).

Les abeilles qui constituent la couche de protection vont évidemment se refroidir (environ 10°C) et s’engourdir. Elles ne peuvent pas rester indéfiniment dans cet état sans risque de mourir, mais, engourdies par le froid, elles n’ont plus la possibilité de se déplacer. Ce sont les abeilles de l’intérieur de la grappe qui sortent de celle-ci et forment petit à petit la couche extérieure repoussant par là-même les abeilles engourdies vers l’intérieur de la grappe où elles peuvent se réchauffer. A croire que les abeilles de l’intérieur ont besoin de sortir de la grappe pour se rafraîchir et probablement renouveler l’air de leur trachée, un peu comme nous le faisons lorsque nous sommes dans une salle de bal ou une salle de spectacle, nous ressentons le besoin « d’aller prendre l’air ».

Si la grappe est trop petite et que ces échanges deviennent impossibles, les abeilles exposées au froid meurent et l’ensemble de la grappe finit par se refroidir et mourir.

Même en plein hiver, les abeilles entretiennent un petit couvain. Les périodes où il n’y a pas de couvain sont très limitées. C’est un besoin biologique d’avoir du couvain. En réalité, pour une colonie, la situation normale c’est la présence de couvain dans la ruche, mais à certains moments l’entretien de ce couvain devient difficile et les abeilles le réduisent en consommant les œufs ou les toutes jeunes larves. C’est, par exemple, le cas, en été, lorsque le pollen frais, voire le nectar, se raréfie, on trouve moins de tout jeune couvain dans la ruche. Il est typique, dans ces circonstances de constater la présence d’œufs dans un cadre et lorsqu’on reprend ce cadre trois ou quatre jours plus tard, il n’y a pas de jeunes larves mais, à nouveau, des œufs. Dans une colonie, ce n’est pas la reine qui réduit sa ponte lorsque le temps se dégrade, mais les abeilles qui éliminent du jeune couvain en fonction des possibilités qu’elles ont de le nourrir.

Les abeilles d’hiver sont-elles différentes des abeilles d’été ?
On aurait tendance à le croire, car elles vivent plus longtemps. Mais quel est donc ce processus biologique qui est à la base de ce phénomène ?

Au printemps et en été, lorsque l’activité de la ruche est intense, la jeune abeille, après quelques travaux d’intérieur, devient nourrice. C’est-à-dire qu’elle va consommer intensément miel et pollen pour fabriquer, dans un premier temps, de la gelée royale et la distribuer aux larves du couvain, puis la bouillie larvaire pour les larves plus âgées, et ce 24 heures sur 24. Ce travail demande un effort considérable de la part de l’organisme de l’ouvrière, d’autant qu’il s’accompagne d’une production de graisse qui sera stockée dans les tissus de l’abeille. Cette charge de nourrice est à la base du « vieillissement » de l’ouvrière. Les ouvrières qui ne nourrissent pas de couvain, ou en nourrissent peu, ne subissent pas cette usure de leur organisme et vivent plus longtemps. On constate un allongement de la vie des ouvrières privées de couvain ou ayant peu de couvain à nourrir. C’est le cas des ouvrières dans une colonie bourdonneuse, dans les nuclei de fécondation. Les abeilles d’hiver ayant peu de couvain à nourrir, conservent plus longtemps leur graisse, usent moins leur organisme, vivent donc plus longtemps et restent capables, au printemps, de nourrir le nouveau couvain malgré leur âge.

C’est le travail de nourrice qui écourte la vie de l’ouvrière, et non le travail de stockage des réserves alimentaires.

Et maintenant, en février, puis en mars, que se passe-t-il dans la colonie ?
Les jours s’allongent, la lumière du jour s’intensifie, la température moyenne augmente, la nature prépare son réveil. Les abeilles ne sont pas insensibles à ces prémices du printemps. Certes il y a encore ce que nous appelons, nous les humains, des mauvais jours, mais la nature s’en embarrasse peu et continue ses préparatifs de renouveau.

Dans la ruche la quantité de couvain augmente doucement, les abeilles augmentent la température de la grappe et consomment plus de nourriture. Elles sont toutefois limitées dans ces activités par un manque de nourriture fraîchement récoltée, principalement de pollen. Or celui-ci n’est-il pas la base du nourrissement du couvain ?

Les premiers apports significatifs de pollen frais seront le vrai signal de départ de l’élevage du couvain. Hélas ! Si des intempéries persistantes confinent les butineuses à la ruche, une réduction drastique du couvain peut intervenir.

Et nous alors, les apiculteurs ?
Pour beaucoup, c’est l’hiver qui continue. Bien sûr il y a toujours quelques travaux d’atelier, quelles lectures enrichissantes (merci !), quelques rêves de récolte(s) prochaine(s), … Mais pouvons-nous aider nos abeilles ? Dans nos rêves ou dans nos espoirs, nous voyons des colonies puissantes et des hausses qui se remplissent. Comment faire pour participer, maintenant, aux préparatifs de la colonie ? Pour y répondre voyons un peu ce qui va se passer. Le graphique 1 va nous y aider. Il représente l’évolution de la ponte journalière de la reine et du nombre d’abeilles devenant butineuses. Pour ne pas alourdir notre graphique nous nous limiterons à la miellée de printemps.


La photo de colza représente la miellée de printemps, celle de trèfle, la miellée d’été. Voir schéma ci-dessus

En ordonnée, nous plaçons le nombre d’œufs qu’une reine est supposée pondre par jour. En abscisse, un calendrier. Celui-ci devra être déplacé vers la gauche ou vers la droite en fonction de la région concernée.

Le trait jaune, représentant la ponte de la reine, présente deux paliers. On constate, en effet, qu’après une reprise significative de la ponte et son augmentation progressive, cette dernière va, par deux fois, ralentir pendant un certain temps. Cette situation est probablement due à un manque de jeunes nourrices en quantité suffisante.

40 jours après la ponte d’un œuf, l’ouvrière qui en est issue devient butineuse. Le trait rouge représente donc le nombre d’abeilles devenant journellement butineuses. Le trait pointillé rouge représente leur mort. Nous constatons :

  1. que les abeilles qui seront butineuses au début de la miellée sont nées au début du mois de mars et meurent en cours de miellée ;
  2. que ce sont les abeilles nées en mars et dans la première quinzaine d’avril qui feront la miellée de printemps ;
  3. que pour obtenir un maximum de butineuses pour la miellée, il faut favoriser la ponte de la reine dès les premiers jours de mars.

Ce premier graphique nous donne le nombre œufs pondus par la reine chaque jour, mais ne nous renseigne pas sur le nombre de jeunes abeilles qui vont en naître et sur le nombre de butineuses en cours de miellée.


Le graphique 2 va nous donner cette information. Voir schéma ci-dessus

En jaune, nous avons la quantité de couvain, en bleu, avec 21 jours de décalage, le nombre d’abeilles d’intérieur, et, en rouge, le nombre de butineuses.

La constatation que nous pouvons faire est claire : le couvain se développe sous l’effet stimulant de la miellée, le nombre d’abeilles d’intérieur est maximum en fin de miellée de printemps et le nombre d’abeilles de vol atteint son maximum après la miellée.

Cette situation est en concordance parfaite avec la nature et les besoins qu’engendrent le maintien et le développement de l’espèce. En effet, c’est au moment où le nombre d’abeilles d’intérieur est à son point le plus haut, que les réserves de nourriture sont au maximum, qu’apparaît la période de reproduction de l’espèce : l’essaimage. Le maximum d’abeilles de vol arrivera plus tard, lors de la miellée d’été, pour remplacer, dans la souche, les abeilles de l’essaim (voire des essaims), mais aussi pour permettre aux essaims de constituer des réserves suffisantes.

Et reposons la question : Et nous, les apiculteurs ?
La réponse est simple : Nous devons faire un maximum pour augmenter la ponte de la reine en mars et pendant les quinze premiers jours d’avril pour avoir un maximum de butineuses le plus tôt possible dans la miellée. C’est-à-dire que nous devons stimuler nos colonies dès le mois de mars, mais en rencontrant les besoins d’une colonie en développement.

Quels sont les besoins d’une colonie en développement ?

Ce sont les besoins découlant de l’élevage du couvain.

Elle a besoin :

  1. d’être mise en conditions et avoir une certaine garantie que ces besoins seront assurés dans les jours qui suivent ;
  2. de chaleur ;
  3. de place pour la ponte de la reine ;
  4. de nourritures pour le couvain.

D’être mise en conditions et avoir une certaine garantie que ces besoins seront assurés dans les jours qui suivent.

L’élevage du couvain nécessite, en effet, certaines modifications de l’organisme d’un certain nombre d’abeilles. Certaines d’entre elles, nées en automne, vont devoir produire de la gelée royale, d’autres vont devoir préparer, puis distribuer de la bouillie larvaire, l’ensemble de la colonie va devoir augmenter la température au sein de la grappe.

Tout cela va se mettre en place en fonction de la situation à l’extérieur de la ruche : la température moyenne doit augmenter et des apports de nourritures doivent apparaître. J’ai mis volontairement un « S » à nourritures pour bien faire remarquer qu’un apport en nourriture sucrée n’est pas suffisant, il faut aussi un apport en pollen frais. De plus ces apports doivent être suffisants. Quelques pelotes de pollen récoltées à la hâte sur quelques crocus, quelques grammes de nectar n’auront pas un impact suffisant pour activer la ponte de la reine. Il faudra un jour ou deux d’une rentrée importante de pollen de noisetier, par exemple, par de belles journées ensoleillées pour que se déclenche véritablement l’élevage de plus en plus intensif du couvain. N’oublions pas que le pollen apporte les protéines nécessaires au développement des jeunes. Chez toutes les espèces animales, les jeunes reçoivent une nourriture à base de protéines (les jeunes mammifères reçoivent le lait maternel, les jeunes mésanges sont nourries de chenilles, les jeunes merles, de vers de terre, le couvain de guêpe, de viandes de diverses origines).

Malheureusement, dans nos régions, à quelques jours de beau temps, succède, trop souvent, un temps qui n’incite guère les fleurs de printemps à s’épanouir et nos abeilles à la récolte. De plus, si certains jours, les abeilles ont pu, pendant deux ou trois heures, butiner nectars et pollens, pendant le reste de la journée et la nuit, la récolte est suspendue. Ces situations seront, à l’évidence, néfastes au développement du couvain. On a déjà connu des années où, après un démarrage important de l’élevage, celui-ci retombait subitement à zéro ou presque.

C’est ici que l’apiculteur va devoir intervenir pour aider ses abeilles et leur assurer des apports réguliers afin qu’elles continuent à entretenir le couvain.

Stimuler ses colonies
Stimuler ses colonies au printemps, c’est donc apporter aux colonies le nectar et le pollen nécessaires à l’entretien du couvain. Quand on dit « nectar » celui-ci peut être remplacé par un sirop léger (50 /50) ou par du miel. Le pollen est indispensable, mais on peut compléter l’apport de pollen par un apport d’une farine à base de protéines (farine de soja, farine de pois destinée aux enfants en bas âge).

Remarque : Lorsque le pollen fait défaut dans la nature, les abeilles viennent récolter ces farines mises à leur disposition dans un endroit à l’abri du vent et de la pluie. Ce qui démontre qu’elles peuvent compenser le manque de pollen en butinant ces farines. Voici une formule d’une pâte de stimulation donnant d’excellents résultats :

Mélanger, en proportions égales (1kg de miel pour 1kg de pollen) du miel liquéfié et du pollen. Le miel sera fondu au bain-marie et les pelotes de pollen seront préalablement humectées et écrasées.

On obtient une pâte trop liquide pour être distribuée aux abeilles. On lui donnera la consistance d’une pâte à pain en y mélangeant la farine protéinée.

On peut très valablement y ajouter un complexe de vitamines B.

Cette pâte est distribuée, dès les premiers apports de pollen frais, à raison d’une boule de la grosseur d’un œuf de poule par colonie. La boule de pâte se met directement sur la tête des cadres, au-dessus du couvain. Il est nécessaire que les abeilles puissent atteindre la partie supérieure de la boule de pâte, sans quoi celle-ci peut être atteinte de moisissure sur la partie inaccessible. Au fur et à mesure que l’élevage s’intensifie, on augmentera le volume de pâte jusqu’à la grosseur d’une orange.

La pâte se conserve, à l’abri de l’air (et des souris !!!) dans un sachet en plastique.

Mais pour préparer la bouillie larvaire, les abeilles ont besoin d’eau. Si le temps ne leur permet pas d’aller à la récolte d’eau, il est très important de placer, à côté de la pâte un petit ravier contenant de l’eau, que l’on peut, au départ, sucrer légèrement. On sépare le corps de ruche du couvre-cadre par un encadrement de 4 à 5 cm de haut.

La pâte ainsi distribuée n’est pas stockée dans les rayons, elle est consommée par les abeilles et contribue à la production de gelée royale et de bouillie larvaire. On continue la distribution de pâte jusqu’au refus, en général, au moment des fortes rentrées de pollen de saule marsault

La pâte inutilisée peut se conserver au surgélateur, jusqu’à l’année suivante.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines
La ponte de la reine augmentant de jour en jour, il arrive un moment où le développement du couvain est bloqué par les réserves de nourriture. Il faudra tout un temps pour que la reine passe au-delà d’un cadre de pollen pour continuer sa ponte, si toutefois elle y trouve des cellules vides et prêtes à la recevoir. Nous pouvons provoquer un agrandissement du nid à couvain de plusieurs manières qui vont se succéder tout au long du développement du couvain.

1. Gratter de la nourriture operculée, au-dessus du couvain.
Fin-février ou début-mars, suivant le temps, sur un, deux ou trois cadres, au moyen d’une fourchette de ménage, on gratte légèrement une bande de nourriture operculée située juste au-dessus du couvain. Largeur du grattage : 4 à 5 cm. Il ne s’agit pas de désoperculer complètement cette nourriture, mais, simplement, d’en abîmer les opercules. La nourriture va suinter et les abeilles vont ouvrir les cellules, consommer ou déplacer la nourriture. Un ou deux jours après cette opération, la reine aura pondu dans les cellules libérées. Les avantages du système : le couvain s’étend vers le haut des cadres, c’est-à-dire dans une zone chaude de la ruche ; le couvain ne s’étend pas latéralement, ce qui pourrait amener un refroidissement de ce couvain en cas de resserrement de la grappe suite à une baisse de température. La consommation de cette nourriture provoque une production de chaleur par les abeilles et, par conséquent, une hausse de température favorable au développement du couvain. C’est l’effet que l’on obtient lorsqu’on retourne un pot de miel sur le trou de nourrissement, avec cette différence que ce pot de miel n’apporte pas plus de place à la reine. Ce grattage pourra se renouveler 6 ou 7 jours plus tard, lorsque le premier grattage aura donné lieu à une ponte de la reine dans les cellules libérées.

2. Gratter un cadre de nourriture et l’introduire dans le couvain.
Il s’agit ici de prendre un des cadres de nourriture de la ruche, d’y gratter au centre une surface correspondant à la surface occupée par le couvain sur un cadre au centre de ce couvain. On écarte alors les cadres de couvain et on introduit le cadre gratté dans le couvain. Le résultat est le même que ci-dessus : les abeilles enlèvent la nourriture et la reine pond dans les cellules libérées. Attention ! Cette opération est très différente de la précédente. Ici nous augmentons obligatoirement le volume du nid. Il faut que les abeilles puissent couvrir le couvain agrandi même si la grappe se resserre. Cette opération se fera lorsqu’on aura pu constater que la grappe couvre plus de cadres que ceux occupés par le couvain. Comme ci-dessus, l’opération pourra se renouveler une seconde fois, à 6 ou 7 jours d’intervalle.

3. Introduction d’une cire gaufrée dans le couvain.
En automne, vous avez, sans doute, resserré vos colonies et placé une ou deux partitions. Vous avez, certainement, des cadres à éliminer de la ruche. C’est le moment !

Chaque année, on lit dans les revues apicoles qu’une cire gaufrée se place entre le cadre de pollen et le dernier cadre de couvain. C’est une erreur ! Pour obtenir un cadre parfaitement bâti et pondu rapidement, pour forcer la ponte de la reine dans ce cadre supplémentaire et ainsi agrandir le couvain, il faut mettre ce cadre dans le couvain. En deux jours, il sera bâti et pondu. L’introduction hebdomadaire d’une cire gaufrée dans le couvain peut se prolonger tant que la colonie est en expansion. Lorsque la colonie a atteint son complet développement, une cire gaufrée, même introduite dans le couvain, ne sera pas bâtie. N’introduisez pas des cadres dits « de réserve ».

L’expérience nous a montré que ces cadres sont nettement moins vite utilisés par les abeilles qu’une cire gaufrée. Ceci est dû au fait que les cadres mis en réserve pour l’hiver, si bien aérés qu’ils soient, se couvrent de moisissures à peine perceptibles par l’apiculteur. Pour les utiliser, les abeilles doivent le nettoyer et ce nettoyage prend beaucoup plus de temps que la construction d’une nouvelle cire gaufrée. D’autre part, la colonie contient maintenant un nombre de plus en plus important de jeunes abeilles qui vont produire de la cire. Il faut leur donner la possibilité de l’utiliser. C’est, en plus, un des moyens de lutte contre l’essaimage.

Conclusion
Les détracteurs de la stimulation vous diront que celle-ci prépare l’essaimage. Sans doute, une colonie qui essaime est une forte colonie, mais si vous avez une bonne technique de contrôle de la fièvre d’essaimage, vous constaterez que, même de très fortes colonies, pour autant qu’elles soient en équilibre hormonale, n’essaiment pas parce qu’elles ont été stimulées.
Pierre Polus
Clichés Westby et Polus