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Avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs

Nettoyage, fauchage, élagage dans les ruchers (2002)
Maurice Mary

Au printemps
Le fauchage de l’herbe dans les ruchers, devant les ruches au minimum, est une opération souvent nécessaire en cours ou en fin de printemps, après la période de forte végétation. En effet, les herbes variées, et autres repousses d’arbres dans les clairières de bois, peuvent monter aussi haut que les ruches et devenir une gêne importante pour les entrées et les sorties des abeilles ; ainsi d’ailleurs que pour le travail de l’apiculteur.

Certains d’entre nous utilisent, pour éviter cette contrainte, les désherbants chimiques ; si c’est du chlorate de soude : attention ! - c’est combustible et favorise l’incendie. C’est déjà arrivé en jetant les cendres, ou en allumant l’enfumoir.

Quant au très employé « Roundup », de Monsanto, c’est aller dans le sens d’une pollution supplémentaire du sol !

En hiver
Là, un entretien plus complet est indispensable. Le broyage de l’herbe et autres repousses, des feuilles mortes, dans tout le rucher, et tout autour de chaque ruche, permettra d’assainir, de mieux aérer les ruches elles-mêmes et d’éviter une humidité persistante toujours nuisible ; et pour les abeilles, et pour les caisses et plateaux de ruches.

Cette opération se faisait autrefois avec la faux, et aussi la faucille. C’est toujours possible si on sait encore manier ces outils, la faux en particulier, ensuite il fallait ratisser. Ceci reste valable pour une surface limitée autour de quelques ruches. 

Maintenant, il y a les débroussailleuses à moteur, à dos, sur lesquelles s’adaptent soit le broyeur à fil pour l’herbe seulement, soit la scie circulaire s’il y a des repousses d’arbres ou arbustes.


Le « fignolage », autour des ruches,
avec la débroussailleuse à dos.

Pour les exploitations professionnelles plus importantes, il existe des débroussailleuses à roues, tractées, avec couteau rotatif, utilisant le principe des tondeuses à gazon mais en plus robuste. D’autres, plus puissantes encore, sont à quatre roues, portées, avec une coupe plus large. Mais ces outils ne feront pas tout, il faudra le « fignolage » autour des ruches avec la débroussailleuse portative.

 
Débroussailleuse-broyeuse, portée, à couteau
rotatif robuste, débrayable en cas d’obstacle. 


Le taille-haie, à lame de coupe robuste,
qui taille aussi bien de haut en bas qu’inversement.

Les ruchers étant le plus souvent installés dans des clairières de bois ou dans des friches, une opération préalable et complémentaire sera l’élagage des bordures boisées, ainsi que des chemins d’accès. Autrefois, pour élaguer, l’outil de base était la serpe dite « à grand manche ». Elle reste encore bien utile.


La traditionnelle et parfois bien utile
serpe à grand manche, appelée aussi « volant ».

On peut utiliser la débroussailleuse portée, équipée, bien sûr, de la scie circulaire. Ça permet de ravager aussi bien les pousses de l’année, que de scier des branches dépassantes.

Le taille-haie est également très utilisable et plus rapide. A condition d’être équipé d’un modèle professionnel capable de couper sans problème les branches jusqu’à 2 ou 3 cm de diamètre. Chez nous, ce taille-haie est un outil privilégié, qui fait un travail propre et surtout rapide. Notons qu’il est logique que le travail d’élagage soit fait avant le passage de la débroussailleuse au sol. Si celle-ci est assez forte, elle broie ensuite toutes ces branchettes ou branches coupées, et en évite le ramassage. Ça gagne du temps, et c’est plus net. 

Enfin, un autre outil devient nécessaire pour l’abattage éventuel d’arbres ou arbustes, surtout lorsque l’on crée un nouvel emplacement, c’est la tronçonneuse.

Tout cela représente une panoplie importante d’outils, anciens ou du moment, donc un investissement parfois important (et qui a pu être allégé et l’est encore par l’aide européenne). Mais chacun s’équipe en fonction de ses besoins. 


Travail terminé - rucher net et propre.

Remarques importantes
Les débroussailleuses de sol présentent du danger, non pour celui qui la manie, mais pour ceux qui sont à proximité. Elles projettent, parfois violemment, des éclats de bois devant ou sur le côté, lesquels peuvent blesser sérieusement. D’ailleurs, tous les outils dont nous venons de parler, sans exception, ont un côté dangereux, que ce soit les taille-haies, tronçonneuses et autres. C’est bien connu, à manier avec prudence, pour soi-même et aussi les autres.

Par temps froid, il faut éviter de « cogner », remuer les ruches. Et si on doit en déplacer, le faire à deux avec beaucoup de douceur. En effet, pendant ces périodes les colonies sont bien « grappées ». Si elles sont choquées, les abeilles énervées quittent le groupe, prennent froid. Elles ne pourront plus se réintégrer à la grappe et meurent au fond de la ruche.

Dans les ruchers, prévoir la disposition des ruches pour le passage des outils dont on dispose ; et que les débroussailleuses tractées puissent passer à l’aise entre les rangées de ruches. Ça va de soi.

Le fût noir que vous apercevez peut-être au fond du rucher sur la photo ci-dessus sert de poubelle. C’est pratique pour les cendres d’enfumoir en particulier, et c’est une précaution.

Bon courage pour le débroussaillage des ruches ! Lorsqu’on en a terminé, la récompense est là, avec le coup d’œil, l’esthétique d’un rucher bien entretenu. Et puis la facilité d’accès de son véhicule, permettant de l’avoir à proximité immédiate des ruches. Nous n’en sommes plus à l’accès d’un rucher par un sentier dans le bois, en déplaçant le matériel à la brouette, ce qui pouvait avoir un côté bucolique et sportif tout à la fois. Nous en sommes à compter les pas nécessaires entre le véhicule et la ruche la plus éloignée. Ainsi va la vie...