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Le pas à pas : protection hivernale au rucher (2006)
Jean-Maurice Cantin

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

Introduction
Le maintien de la température au sein de la colonie pendant l’hiver dépend des réserves énergétiques, c’est-à-dire des provisions de miel.

Mais pour aider ses colonies à passer la mauvaise saison, l’apiculteur peut prendre quelques précautions pour limiter les ennuis provenant de l’humidité, du vent et des rongeurs. 

  • L’humidité : stagnante, elle favorise les moisissures et les champignons. 
  • Le vent : enlève les toits des ruches : celles-ci ne sont plus protégées.Dans un rucher à la végétation non maîtrisée, il n’assèche pas aussi bien autour de la ruche.Le frottement de végétaux peut perturber la colonie. 
  • Les petits rongeurs : ils trouvent dans la ruche, à l’écart de la colonie, le gîte et le couvert 

Etape 1
L’humidité provient de la pluie mais aussi de l’eau de respiration de la colonie qui condense sur les parois refroidies de la ruche. Cela est inévitable.

Par contre, la stagnation de cette humidité au sein de la ruche peut être supprimée en ayant des planchers grillagés et si ce n’est pas le cas en inclinant la ruche vers l’avant.

De toute façon, le désherbage du sol autour du support est essentiel pour favoriser l’assèchement.
 


Etape 2
Le vent peut enlever les toits des ruches si ceux-ci ne sont pas assez enveloppants.

La protection du rucher par une haie brise-vent n’est pas toujours suffisante.

La pose d’une pierre sur un toit plat empêche l’envol de ce dernier sous les bourrasques.

Etape 3
Pour palier l’absence de grosses pierres ou pour les ruches dont les toits ne sont pas plats (une pente, toit chalet), une cordelette ou une sangle solidarise ces derniers avec le corps de ruche.

Etape 4
Pour empêcher les rongeurs d’entrer dans la ruche, vous pouvez poser une portière métallique.

Des avant-trous sont faits pour mettre les vis qui la maintiennent.

Souvent les vis sont remplacées par des pitons à rideau : pris par l’anneau ils peuvent être serrés et desserrés sans avoir à emmener un tournevis au rucher.

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Etape 5
Les entrées de 19 millimètres de hauteur sont réduites par la pose d’un réducteur en bois qui ne laisse qu’un passage de 9 millimètres, suffisant pour les abeilles mais pas pour les petits rongeurs...

Etape 6
...par contre, sa mise en place peut gêner l’évacuation de l’eau de condensation.

Etape 7
Pour les ruches qui possèdent des plateaux réversibles, l’idéal est de les retourner.La hauteur du passage n’est plus que de 9 mm mais ouvert sur toute la largeur...

Etape 8
...le nettoyage et la désinfection du plateau peuvent être effectués en même temps.

Astuce
Le feu et les solvants utilisés ne font pas bon ménage. Si vous êtes du genre très prudent et que vous prévoyez de prendre votre temps, vous pouvez dissoudre la cire dans la térébenthine à température ambiante. Vous réduisez votre cire en petits copeaux. Vous mettez les copeaux et l’essence de térébenthine dans le bocal, à raison de 100 g de copeaux de cire pour 190 g de térébenthine. Vous fermez le bocal et vous laissez dissoudre. Vous pouvez agiter le bocal de temps en temps. 

Ne pas faire
Utiliser l’essence de térébenthine et le white spirit dans des locaux non aérés ou en présence d’une flamme vive.Ne pas fumer.Ce sont des produits toxiques, irritants et inflammables. 

Information complémentaire
Si mon grand-père utilisait deux solvants, c’était pour garder les qualités de la térébenthine (désinfection, décoloration et pénétration dans les bois ou les terres cuites) et en atténuer les inconvénients (séchage plus long et aspect plus gras qui oblige un lustrage fastidieux).

N’ayant pas, il y a 80 ans, les produits que nous avons, il utilisait de l’essence à moteur..

Aujourd’hui nous avons du white spirit désaromatisé mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas aérer les locaux....