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"Dénigrement du Gaucho ?" (2003) Bayer contre les apiculteurs

Yves Védrenne, président national du Syndicat National d’Apiculture (SNA) poursuivi par Bayer pour « dénigrement du Gaucho ». Affaire examinée hier au tribunal civil de Troyes. Jugement le 4 février.

A Châteauroux le 24 juin, le tribunal a débouté Bayer de ses poursuites pour « dénigrement » contre Maurice Mary, vice-président de l’UNAF (Union Nationale des Apiculteurs Français). Hier, le tribunal civil de Troyes, que présidait M. CHOPIN, avait à examiner un dossier similaire. Etait poursuivi un Aubois au franc-parler, Yves Védrenne, président du Syndicat National d’Apiculture (SNA). La salle d’audience était bondée : une soixantaine d’apiculteurs venus de la région mais aussi de Vendée, de Savoie ou encore du Puy-de-Dôme ont fait masse, dans un calme olympien, derrière lui. Juste à ses côtés le Dr Becker, secrétaire général du SNA, Jean-Marie SIRVINS, Président de l’UNAF et ses deux vice-présidents, Maurice MARY et Henri CLEMENT, cible lui aussi de la même assignation, prévue pour être examinée au tribunal de Mende (Lozère) au début 2004. Bayer reproche à Yves Védrenne de « dénigrer » par des « propos systématiques et répétitifs tenus en public ou par voie de presse, le Gaucho ». Le Gaucho, insecticide « nouvelle génération » nourrit depuis neuf ans, un contentieux de plus en plus virulent, administratif et juridique, entre la firme allemande et les apiculteurs en proie à une diminution croissante de leurs ruches et de leur production de miel. En France, il bénéficie d’une homologation depuis 1991 pour les betteraves et pour les tournesols depuis 1994.

Amalgame
« Quand le gaucho a été utilisé pour les grandes cultures intéressant les abeilles, les apiculteurs ont constaté de façon très pragmatique que le cheptel apicole disparaissait dans ces zones à une vitesse ahurissante » rappelait Me Bernard FAU, l’avocat de la défense, représentant le S.N.A., l’UNAF et la FNSEA. Pour Me Olivier BARATELLI, l’avocat de Bayer, c’est un mauvais procès qui est fait au Gaucho, un produit « qui n’obtient que des éloges des ensemenciers et des agriculteurs », caractérisé par sa diffusion à l’ensemble de la plante à partir d’un enrobage de la graine, préalable à l’ensemencement.

Les débats ont été très techniques. Pas tant sur le plan scientifique que juridique, notamment autour des subtilités de Droit autour de la notion de « dénigrement ». Pour le fond, Me Baratelli qui réclame 1 € symbolique de dommages et intérêts, qualifie « d’amalgames » et de « contre-vérités », les critiques d’apiculteurs « sans objectivité et en toute mauvaise foi, au premier rang desquels Yves Védrenne ».

Il fait valoir qu’expertises et contre-expertises menées depuis 1997, arbitrées par le ministère de l’Agriculture, n’ont « jamais mis en évidence le lien de cause à effet entre le Gaucho et la mortalité des abeilles ». « Le mal des abeilles a commencé bien avant l’invention de cet insecticide », précise-t-il.

Donneurs d’alerte
Selon Bayer, l’origine de la mortalité des abeilles et par conséquence de la nette diminution de la production de miel est « plurifactorielle ». L’avocat cite la tempête, les changements climatiques ainsi que le varroa. Mais en aucun cas, le Gaucho. Selon lui, si les apiculteurs stigmatisent leur mécontentement sur l’insecticide Bayer, « c’est uniquement dans le souci d’une demande indemnitaire ».

Me Bernard FAU a évoqué les premières conclusions de l’étude multifactorielle menée sur « les troubles des abeilles » rendues le 18 septembre. Le comité scientifique et technique se dit « en accord avec les observations de terrain rapportées par de nombreux apiculteurs en zone de grande culture (maïs, tournesol) concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs troubles comportementaux et certaines mortalités d’hiver ». C’est, souligne-t-il, « une démonstration de l’incidence du Gaucho dans la mortalité des abeilles ». Quoi qu’il en soit, il réfute la qualification de dénigrement aux propos d’Yves VEDRENNE. D’abord parce que « dans un tel contexte » ils sont plutôt raisonnables ». Ensuite et surtout parce que Yves VEDRENNE est un responsable syndical : « Faut-il faire taire les donneurs d’alerte quand ils pointent du doigt les risques de l’agrochimie. Qui parlera si les responsables du syndicalisme agricole ne le font pas ? ». Pour Me FAU, « Bayer intente ces actions parce que son marché est perturbé pour faire taire ceux qui donnent l’alerte sur un vrai problème de société en dénonçant le Gaucho, voire le procédé d’homologation ».
Valérie Alaniece - L’Est-Eclair 06/11/2003)

Autre région, autre ambiance
Salle comble autour d’un grand serviteur des Apiculteurs, de l’Alsace et du Syndicat National d’Apiculture : élevé au grade de Chevalier du Mérite Agricole, notre ami Francis Anchling a tenu à rappeler combien le bénévolat est chose difficile et parfois ingrate. Sa foi en l’homme, grandement relayée par une épouse animée de la même fibre nous est apparue plus grande encore à travers ses remerciements. Leur disponibilité reste intacte et ce aussi longtemps que les forces et l’allant seront présents. Merci à vous deux.

Y.V.

Cette manifestation s’inscrivait dans un cadre plus général, celui de l’A.G. de la Fédération du Haut-Rhin. Brillante assemblée générale avec exposition, projection et concours de dessins dans les écoles.

Merci aux enfants et à leurs professeurs qui ont su si bien traduire les soucis des apiculteurs mais aussi leurs inquiétudes pour demain, futurs locataires de cette terre si gravement perturbée.