Imprimer

Le pas à pas : devenir professionnel
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

C’est décidé, je fais le grand pas, je m’installe. Choix de vie, reconversion professionnelle ou bien reprise d’exploitation, l’apiculture permet de dégager un revenu raisonnable pour peu que l’on soit bien formé et rigoureux dans son travail. Il faudra bien sûr accepter de vivre sans se créer trop de besoins, mais surtout de dépendre des caprices de la nature. Si l’on n’est pas fixé géographiquement, le choix stratégique de la situation de l’exploitation est important en fonction du type d’apiculture que l’on souhaite pratiquer. En effet, il y a plusieurs façons de vivre de ce beau métier et d’atteindre son objectif. Les cinq premières années sont difficiles, après une dizaine d’années l’exploitation doit être bien assise.

Etape 1
Si vous le pouvez, faites-vous parrainer par un apiculteur expérimenté, connaissant bien la région et son potentiel apicole. Sinon, après une formation dans un de nos CFPPA apicoles (que tous les pays européens nous envient), les associations de développement basées dans les chambres d’agriculture peuvent prendre le relais.

Etape 2
Prenez dès vos débuts en apiculture les bonnes habitudes. Pour soulever les hausses de miel (parfois plus de 20 kg), faites travailler les cuisses et non pas le dos qui doit rester parfaitement droit. Le port de la ceinture lombaire ne doit pas être systématique. Préférez les étirements en fin de journée. Pensez à installer vos ruches sur des supports surélevés.

Etape 3
Il faudra faire un choix sur le type de production : miel en vrac, donc plus de ruches ; au détail, donc beaucoup de temps à consacrer au conditionnement et à la vente. Il faudra privilégier la production de miels de crus (monofloraux) et les miels d’appellation qui sont beaucoup mieux valorisés. La production avec le label biologique semble être le bon choix ; le contrôle de Varroa devra être rigoureux et passera par l’encagement de la reine pour provoquer l’arrêt de ponte (« Fiche pratique », Abeilles et Fleurs n° 772 de juin 2015).

Etape 4
Certaines régions permettent d’effectuer la pollinisation dirigée. Cette location de ruches assure une trésorerie immédiate pour beaucoup d’exploitations. La signature d’un contrat avec l’arboriculteur ou l’agriculteur est indispensable. Exigez bien l’absence de traitements phytosanitaires durant toute la durée de la pollinisation.

Etape 5
Avec une mortalité annuelle de 20 à 30 %, notre pays manque cruellement d’abeilles. C’est une opportunité pour beaucoup d’installations que de se spécialiser dans l’élevage et la reproduction. Un peu plus technique que la production de miel ou la pollinisation, cette spécialisation offre l’avantage d’avoir moins d’investissements en matériel.

Etape 6
Depuis quelques années apparaissent des spécialisations telles que la gelée royale ou la diversification avec la production de pollen sec, mais surtout congelé, et de propolis. Il faudra être vigilant sur le choix des emplacements qui devront être éloignés de toute activité humaine. La propolis ne sera récoltée qu’à partir des ruches conduites en méthode biologique afin d’éviter la présence de résidus issus des traitements Varroa.

Important
Attention au feu ! En période de sécheresse, votre enfumoir est particulièrement dangereux. Certains pays exigent que les véhicules d’apiculture possèdent une réserve de 200 litres d’eau ainsi qu’un coffre métallique pour y transporter l’enfumoir.

Conseil
N’hésitez pas à adhérer à l’association de développement de votre région. Ces « ADA » sont généralement basées dans les chambres d’agriculture. En plus des formations, conseils et démarches administratives… la rencontre avec les collègues est essentielle.

Le saviez-vous ?
En Europe, est considéré comme professionnel l’apiculteur qui exploite 150 ruches minimum. En France, vous ne pouvez vous affilier à l’assurance maladie des exploitants agricoles (AMEXA) qu’à partir d’une ½ SMI, soit 200 ruches.

Important
N’oubliez pas de demander une attestation de démarche d’installation au « point info » de votre chambre d’agriculture locale. Cela vous ouvrira l’accès aux formations VIVEA.

Pour en savoir plus :