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Le pas à pas : l’apiculture, activité à risque ?
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs

Lorsqu’on pense apiculture, on pense souvent aux risques de piqûres. Mais cette activité de plein air ne se limite pas uniquement aux conséquences du venin. L’apiculteur en fin de carrière a très souvent le dos « usé » et les poumons « encrassés ». L’apiculture est une activité qui exige de soulever continuellement du poids, ce qui sollicite particulièrement le dos. Depuis quelques années, la mécanisation a notablement facilité le travail de l’apiculteur. Par ailleurs, les déplacements sont nombreux, et transhumer des abeilles n’est pas une opération anodine. Mieux vaut prévenir que guérir. Quels sont les risques au rucher ?

Etape 1
Première des bonnes pratiques : privilégiez un emplacement dans lequel votre véhicule aura accès. Cela vous vaudra moins d’efforts pour le transport du matériel, mais également une possibilité de refuge en cas d’excès de piqûres. Cet abri vous permettra également de faire quelques opérations comme le marquage des reines ainsi que du greffage de reines à l’abri du pillage.

Etape 2
Prenez dès vos débuts en apiculture les bonnes habitudes. Pour soulever les hausses de miel (parfois plus de 20 kg), faites travailler les cuisses et non pas le dos qui doit rester parfaitement droit. Le port de la ceinture lombaire ne doit pas être systématique. Préférez les étirements en fin de journée. Pensez à installer vos ruches sur des supports surélevés.

Etape 3
Au cours des manipulations dans votre rucher, n’hésitez pas à utiliser les outils de levage ou tout simplement une brouette. On trouve même chez les fournisseurs de matériel apicole des brouettes adaptées aux déplacements des ruches pleines, venant s’adapter dans les poignées.

Etape 4
Depuis une vingtaine d’années, les apiculteurs transhumants ont su se mécaniser. Plusieurs fabricants de matériel apicole proposent des grues et des systèmes de levage particulièrement efficaces. C’est un investissement à faire avant d’avoir des problèmes de lombalgie… Attention, si vous travaillez avec une remorque, vérifiez que le poids de la remorque en charge  soit adapté au poids du véhicule tracteur.

Etape 5
Si les conséquences de la piqûre d’abeille mal placée fait souvent rire notre entourage, très rarement, heureusement, elle peut entraîner une réaction allergique pour certains débutants. N’intervenez jamais seul au rucher les premières fois ! En cas de piqûre, retirez rapidement le dard et observez attentivement la réaction dans les minutes suivantes.

Etape 6
Attention à vos poumons ! Si l’apiculture ne vous occupe que quelques week-ends par an, les conséquences dues à l’utilisation de la fumée ne seront pas trop graves. Par contre, pour le professionnel, il est important de choisir un combustible le plus propre possible, comme des résidus de pin passés à la distillation. Evitez malgré tout de tenir l’enfumoir entre les genoux ! Inévitablement, la fumée remontera vers le visage.

Important
Attention au feu ! En période de sécheresse, votre enfumoir est particulièrement dangereux. Certains pays exigent que les véhicules d’apiculture possèdent une réserve de 200 litres d’eau ainsi qu’un coffre métallique pour y transporter l’enfumoir.

Conseil
L’hiver, vous avez moins de travail au rucher. C’est le moment d’en profiter pour pratiquer la natation sur le dos. Ces étirements seront salutaires pour vous retaper et entretenir une musculature dorsale mise à rude épreuve pendant la saison apicole.

Précaution
Avant d’installer votre première ruche dans le jardin, faites un test d’allergie chez votre pneumologue-allergologue. Par précaution pour vous et votre entourage, ayez toujours dans le véhicule une seringue comme Anapen® (médicament soumis à prescription médicale) ou un antihistaminique en cas de choc anaphylactique (imposé par le code du travail pour les professionnels).

Pour en savoir plus
Guide des bonnes pratiques apicoles, publication ITSAP, 2014.