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Bruxelles renforce les mesures de protection contre les parasites exotiques (2004)
Agnès Filhol

La Commission européenne a adopté aujourd'hui une décision visant à renforcer les mesures de protection de la population apicole en Europe contre deux parasites exotiques : Aethina tumida et Tropilaelaps.

La présence du petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) et du parasite Tropilaelaps n'a encore jamais été signalée dans l'Union européenne, indique la Commission.

Introduits par l'intermédiaire d'importations en provenance de pays tiers, ils pourraient en effet constituer une grave menace pour la santé des abeilles, pour le secteur apicole et pour la production de miel.

Aussi, les mesures qui viennent d'être adoptées visent à empêcher l'introduction de ces parasites dans l'Union européenne en limitant les importations d'abeilles et de bourdons vivants et en prévoyant le contrôle des abeilles importées à leur arrivée dans l'UE afin de détecter toute trace de ces parasites.

Rappelons qu'en juillet 2003, la Commission a fait inscrire ces deux parasites sur la liste des agents pathogènes qu'il est obligatoire de déclarer dans l'UE. Ainsi, tout apiculteur soupçonnant la présence de ces parasites dans ses colonies est tenu d'en informer les autorités concernées de son pays.

Les importations d'abeilles dans l'Union européenne permettent d'accroître les stocks de reproducteurs et d'améliorer la productivité du secteur apicole; c'est aussi de cette façon que des lots importants d'abeilles pénètrent sur le territoire de l'UE, sans qu'il soit toujours possible de les examiner en détail afin de détecter la présence éventuelle de parasites.

Compte tenu des risques liés à ces parasites, il a été jugé nécessaire de prendre des mesures supplémentaires. La Commission a ainsi proposé, afin d'éviter la propagation de ces ravageurs dans l'Union européenne, de limiter les importations d'abeilles et de bourdons vivants en provenance des pays tiers et de mettre en place des mesures de contrôle rigoureuses visant à détecter la présence de ces parasites lors des importations d'abeilles. Les États membres ont accepté la proposition de la Commission par l'intermédiaire du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, qui s'est réuni les 4 et 5 novembre 2003.

Conformément à la nouvelle décision, les importations seront limitées aux lots ne contenant qu'une seule reine et vingt accompagnatrices au maximum. Seuls seront autorisés les lots provenant des pays tiers ayant montré qu'ils disposaient des compétences vétérinaires requises pour certifier la conformité des animaux avec l'ensemble des critères régissant l'importation dans l'Union européenne et dans lesquels le petit coléoptère de la ruche et le coléoptère Tropilaelaps figurent parmi les agents pathogènes qu'il est obligatoire de déclarer.

Lorsqu'un envoi arrive sur le territoire de l'Union européenne, les cages, les accompagnatrices et autres matériels accompagnant les reines en provenance d'un pays tiers doivent également être envoyés à un laboratoire où ils seront examinés en vue de la détection de la présence du petit coléoptère de la ruche, de ses œufs ou larves, et de traces du coléoptère Tropilaelaps.

L'importation dans l'Union européenne de petites colonies de bourdons limitées à 200 adultes reste autorisée, pour autant que ces animaux se soient reproduits et aient été élevés exclusivement dans des conditions environnementales contrôlées

La décision entrera en vigueur dix jours après sa publication au Journal officiel. Elle devra alors être appliquée par tous les États membres. Une autre proposition modifiant le règlement n° 1774/2002 du Conseil prévoit un certain nombre de mesures visant à protéger l'Union européenne contre le petit coléoptère de la ruche et le coléoptère Tropilaelaps, ainsi que des dispositions sanitaires supplémentaires, qui seront intégrées dans un nouveau certificat sanitaire destiné à accompagner les produits apicoles.