Visite de printemps, l'appel des abeilles
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs



Entre le chant et la nidification, les oiseaux sont là pour nous faire comprendre que le printemps arrive. Tout comme pour le pêcheur ou le chasseur la veille de l’ouverture, la magie des saisons, l’appel de la nature fait que l’enfumoir et le lève cadre nous « gratouille ». Malgré une météo capricieuse, nous pouvons commencer à travailler au rucher. Par une belle journée ensoleillée à partir de 13°C - 15 °C., sans vent, allons visiter nos premières ruches.

Etape n°1

L’observation au trou de vol nous apprend plein de choses.

Dans ce cas précis, toutes ces particules de cire indiquent la présence de rongeurs.

Bien souvent, ils s’installent en période de froid lorsque la colonie est faible ou morte.

Un réducteur d’entrée placé à l’automne aurait évité ce genre de surprise..

lent demarrage 1

Etape n°2

Les ruchettes 5 ou 6 cadres passent très bien l’hiver dans la mesure où l’équilibre population/réserves est correct en début d’automne.

On ne le répètera jamais assez, mais la saison apicole démarre en octobre novembre.

Si le travail est bien fait à cette période, nos colonies seront belles au printemps.

 

Etape n°3

Attention pour les retardataires, si cela n’est pas déjà fait, n’oubliez pas de retirer les inserts de traitement contre le varroa. Hors de question de poser des hausses à miel en présence d’inserts. Si vous utilisez les acaricides chimiques, rappelez-vous que le recyclage de la cire de corps est fortement déconseillé. Au fil des années, la cire fixe toutes ces molécules chimiques qui se retrouvent dans les feuilles de cire gaufrées. Confiez uniquement la cire d’opercule à votre cirier.

Au cours de cette première visite de printemps, il est conseillé de retirer les 2 plus vieux cadres de cire noire et de les remplacer par de la cire gaufrée. Au cours de la saison précédente, ces 2 cadres furent déplacés progressivement vers les côtés de la colonie afin de ne pas y trouver du couvain au printemps.

Attention de ne pas couper en deux parties le « nid à couvain » par une cire gaufrée. Cette opération s’accompagne d’un léger nourrissement stimulant d’1/2 litre de sirop à 50%.

Etape n°4

La reine démarre progressivement sa ponte avec les jours qui rallongent, sous l’influence des apports de pollen et de nectar.

Suivant les régions, une colonie peut déjà avoir deux à quatre cadres de couvain. 

Ce n’est que maintenant que la colonie devient vulnérable au manque de provisions.

La population va s’accroître rapidement, les besoins en miel et pollen deviendront vite importants.

Si la météo n’est pas bonne, n’hésitez pas à nourrir.

Etape n°5

Dés l’apparition des premières miellées, dans l’objectif de développer le « nid à couvain », grattez avec le lève-cadres les opercules des réserves de miel restantes.

Les abeilles consomment ou déplacent ce miel pour que la reine puisse pondre et ainsi étendre son « nid à couvain ».

pese ruche 5
            Etape n°6

Si vous mettez en service les premières trappes à pollen, elles vous indiqueront à chaque récolte la force de la colonie sans avoir à ouvrir la ruche.

En effet, le pollen tombe dans le tiroir précisément au niveau des cadres de couvain.

Sur cette photo de tiroir, on peut en conclure que la colonie est installée sur 4 à 5 cadres de couvain situés dans la partie droite de la ruche.

pese ruche 6


Pour en savoir plus
Le Traité Rustica de l’Apiculture. Rustica édition 2002
Guide pratique de l’apiculture. Editions OPIDA.

Gilles Fert
    Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica