Quel support pour ma ruche ?
par Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs



L’apiculteur est par définition bricoleur, il vous sera donc facile de fabriquer vos propres supports. Pour les ruches sédentaires, le choix est plus large. Par contre si vous transhumez, il faut penser au poids et à l’encombrement. Si dans certaines régions sèches et arides il est possible de les placer à même le sol, dans les régions plus humides il est préférable d’utiliser un support pour le bien-être de nos abeilles et la longévité du plancher de ruche. Des ruches surélevées facilitent le travail et limitent les problèmes de dos fréquents en apiculture.

Etape n°1

Pour les ruches sédentaires, deux ou quatre parpaings bien installés offrent un support très stable.

Pensez à bien décaper le sol avant de les placer.

Prévoyez une légère pente vers l’avant pour l’évacuation de la condensation.

Si vous récoltez le pollen avec une trappe de dessous, placez les deux derniers parpaings parallèles à l’entrée de la ruche pour permettre le passage du tiroir.

Etape n°2

Toujours pour les ruches sédentaires, vous pouvez utiliser un pneu de récupération. Peu esthétique et pas du tout représentatif de l’image nature que les apiculteurs souhaitent véhiculer, il permet malgré tout une isolation du sol.

Dans les régions riches en serpents, il offre souvent un refuge chaud et idéal.

Pour éviter de multiplier les moustiques, prévoyez quelques trous pour l’évacuation de l’eau.

Prévoyez un sirop de nourrissement stimulant et de la pâte protéinée.

N’oubliez pas de réduire les entrées voire même de les fermer pour ne les ouvrir que le lendemain soir de l’opération.

Etape n°3

Toujours en support individuel, le fer à béton de diamètre 10 plié est l’un des supports les plus utilisés.

Idéal pour les ruchers transhumants, il s’empile facilement pour le transport. On peut le fabriquer par pliage et deux points de soudure.

Sur ce type de support, la colonie sera plus isolée des rongeurs.

On peut également placer les pieds dans un petit récipient contenant de l’huile de vidange afin d’isoler la ruche des fourmis ou tout autre insecte rampant.

Etape n°4

Le support collectif permet de placer deux voire plusieurs ruches pour en former une rangée.Suivant les races d’abeilles, cela peut engendrer de la dérive, les entrées étant trop près les unes des autres. La solution est de peindre de couleurs différentes la face des ruches ou de tourner une ruche sur deux.

Attention, au cours des manipulations de la première ruche, celles placées sur le même support peuvent devenir agressives par les vibrations provoquées.

Pensez à bien enfumer toutes les entrées avant toute manipulation.

Etape n°5

Pour les apiculteurs transhumants, le support idéal serait la remorque aux ruches fixes.

Pratiquée dans les pays de l’Est depuis longtemps, autrefois par une traction animale, ces roulottes restent en place juste le temps de la miellée avant de repartir sur la floraison suivante.

Aujourd’hui, la palettisation de deux ou quatre ruches a remplacé cette pratique, mais nécessite une grue de levage ou un élévateur.

            Etape n°6

La palette de 2 ou 4 ruches est de plus en plus utilisée.

Elle permet le chargement et déchargement et fait fonction de support.

Faite en métal ou en bois, les ruches s’emboîtent dedans et suivant les modèles offre un espace suffisant pour les trappes à pollen de dessous.


Les précautions à prendre
Si vous placez les ruches à même le sol, faites des planchers en châtaignier. Ce bois résiste mieux à l’humidité. Les planchers plastiques (type Nicot par exemple) donnent également de bons résultats.

A savoir
La dérive est le phénomène se produisant lorsque les abeilles se trompent de ruches, suite aux entrées placées trop près les unes des autres.

Conseil
Dans les régions où sévit le frelon asiatique, certains apiculteurs redescendent les ruches, ou utilisent des supports plus bas pour que la végétation forme une barrière devant l’entrée. Le frelon semble avoir plus de difficultés à capturer les abeilles.

Attention
Visitez votre colonie deux jours après l’installation. N’enfumez pas trop afin d’éviter « l’emballement » de la reine. Complétez les cadres manquant et vérifiez que la reine est bien libérée. Replacez bien les cadres dans le même ordre.

Pour en savoir plus : Le traité Rustica de l’apiculture, 2002, pages 264-265.

Gilles Fert
   Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica