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Apiculture

L'apiculture est une branche de l’agriculture qui consiste en l’élevage d’abeilles à miel pour exploiter les produits de la ruche, principalement du miel mais aussi du pollen, de la propolis, de la gelée royale ou de la cire. L’apiculteur, tant amateur que professionnel, doit procurer au rucher un abri, des soins, et veiller sur son environnement.
Pratiquée sur tous les continents, l'apiculture diffère selon les variétés d’abeilles, le climat et le niveau de développement économique. Au sein de l'apiculture se rencontrent encore aujourd'hui des méthodes ancestrales comme la récolte du miel en grimpant sur des arbres ou des falaises, le pressage des rayons, mais aussi des méthodes modernes comme l'extraction par force centrifuge, l'élevage des reines, l’insémination artificielle, la transhumance mécanisée sur de longues distances, le traçage des ruches par GPS ou l’étude du trajet d'abeilles équipées de microréflecteurs radar.
Le site d'Apiservices a été créé en 1996 en quatre langues et depuis représente le portail n°1 de l'apiculture internationale tant au niveau des milliers de pages d'information qu'il contient, que du grand nombre mensuel de visiteurs.

Histoire de l'apiculture

Il faut remonter bien loin pour trouver les débuts de l’histoire des abeilles: au temps du Jurassique supérieur. C’est en effet entre 160 et 150 millions d’années que sont apparues les premières plantes à fleurs.

C‘est au cours de paléogène éocène, aux environs de 50 millions d’années que sont apparues les premières abeilles. Ce furent d’abord des abeilles solitaires.

La plus ancienne abeille du monde semble avoir été retrouvée dans un morceau de schiste bitumeux près de Manderscheid (Eifel, Allemagne). Mesurant 9 mm de long, l’insecte avait le même niveau de développement que nos abeilles actuelles.

Au même moment apparaissent les angiospermes. Ces végétaux, fixés au sol par des racines, s’en sont remis aux insectes pour la pollinisation. Les plantes à fleurs se parent de belles corolles colorées, émettent du parfum attirant et offrent du nectar en échange du transport du pollen nécessaire à la fécondation des plantes.

Puis au cours du paléogène oligocène et du néogène miocène, vers 20 millions d’années avant notre ère, que sont apparues les premières abeilles sociales.

Certaines abeilles de cette époque ont été retrouvées emprisonnées dans des morceaux d’ambre. L’ambre est de la résine fossilisée. Dans un même morceau d’ambre, 6 individus ont été retrouvé. Ce qui laisse supposer que l’abeille était déjà un insecte social. Ces individus appartiennent à l’espèce Electrapis apoïdea Manning

L‘homme apparaît il y a environ 3 millions d’années. Le genre Homo apparaît avec Homo rudolfensis (-2,9 Ma) puis Homo habilis (-2,4 Ma), deux espèces qui ont coexisté en Afrique de l’Est.

On a retrouvé une trace des premiers hommes cueilleurs de miel sur une peinture rupestre, dans la grotte de l’araignée (cueva de la Araña), près de Valence en Espagne. Elle daterait d’environ 10 000 ans avant J.C. Elle représente un homme suspendu à 3 lianes qui récolte du miel entouré de quelques abeilles stylisées.

Les Egyptiens avaient également découvert les abeilles et leurs produits. Les premières traces datent de 2400 av. J.C. Le miel était d’ailleurs offert en offrande aux dieux. Du miel, ils tiraient également une boisson fermentée: l’hydromel. Ils utilisaient la cire également.

Ils confectionnaient d’ailleurs des poteries ovoïdes afin d’accueillir et d’abriter des abeilles. Ces poteries étaient cassées au moment de la récolte. D’autres modèles étaient réalisés en osier tressé couvert d’argile. Ces derniers sont toujours utilisés et visibles de nos jours au Soudan.

Les plus grandes activités apicoles étaient situées en Basse-Egypte, une zone riche en cultures. L’abeille y fut même choisie comme symbôle du pays. En Haute-Egypte, c’était plutôt une apiculture nomade qui était pratiquée.

La récolte de miel fut également représentée dans les tombes de l’ancienne Egypte, notamment celle de Pabasa.

Le miel était utilisé comme offrande aux dieux ainsi que pour la production de médicaments sur base de ses propriétés anti-bactériennes et anti-fongiques.pabasa_recolte_miel

Dans les papyrus Ebers et Edwin Smith, le miel était l’ingrédient le plus utilisé dans les remèdes, tant en usage externe qu’en usage interne. Le miel était utilisé dans le traitement des douleurs d’estomac, de rétention urinaire et comme onguent pour peaux sèches. Il était également utilisé comme onguent pour les blessures et les brûlures, les irritations de la peau et les maladies des yeux.

Le papyrus Eber (1600 av. J.C.) indique que le miel était le seul ingrédient à appliquer après circoncision. Il décrit également un remède pour l’oreille constitué d’un tiers de miel et de 2 tiers d’huile.

Le papyrus Chester Beatty VI décrit des remèdes oraux où la proportion de miel va de 20 à 84%. Dans d’autres types de remèdes, la proportion s’étend de 20 à 84%.

En l’absence de sucre, il servait également d’agent sucrant dans la fabrication du vin et la préparation de pains et gateaux. Ceci est attesté par des hiéroglyphes datant de 3000 ans av. J.C.

La cire servait également: dans la mommification, dans la construction de bateaux et comme agent liant dans les peintures.

Les pharaons utilisaient le miel au cours de la célébration de leur mariage. Cette coutume s’est transmise dans la culture greco-romaine et jusqu’au Moyen-Âge. Les jeunes mariés buvaient une boisson à base de miel durant le premier mois du mariage afin d’apporter joie et bonheur. Ceci a conduit à la « lune de miel ».

Les Hittites du Hatti (actuellement la Cappadoce) maîtrisaient l’élevage des abeilles dès le milieu du 2e millénaire.

L‘abeille occupait également une place importante chez les Grecs. Aristote (384-322 av. J.C.), philosophe, dans son Histoire des animaux avait déjà remarqué la forme hexagonale des cellules construites par les abeilles. Néanmoins, ce que l’on peut considérer comme le premier traité d’apiculture contient quelques imperfections. Ainsi Aristote croyait-il que le chef des abeilles était en fait une abeille-roi, à la fois mâle et femelle. Aristote pensait que de manger du miel prolonge la vie.

Hippocrates (460-377 av. J.C.) nota : « Je mange du miel et l’utilise dans le traitement de plusieurs maladies car le miel offre de la bonne nourriture et une bonne santé ».


Dioscorides (40-90 ap. J.C.), un médecin grec ayant accompagné les armées de l’empereur romain Neron en tant que chirurgien, a rédigé De Materia Medica aux environs de 77 ap. J.C. Ce texte pharmacologique a servi de référence jusqu’au 15e siècle. Il y décrit près de 600 plantes et 1000 drogues simples ainsi que les valeurs médicinales et diététiques des dérivés animaux tels que le lait et le miel. Dioscorides indique que le miel peut être utilisé comme traitement dans les maladies de l’estomac, les blessures avec du pus, les hémorrhoïdes et comme traitement contre la toux.

Varron (Marcus Terentius Varro) est un savant romain, né à Reate (Rieti) en 116 av. J.-C. et mort en 27 av. J.-C. Il a écrit de nombreux ouvrages – plus de 600 – dont seuls une poignée nous sont parvenus.Varron01

Les détails concernant les abeilles et les ruches font de Varron un précurseur des encyclopédistes.

Dans « De l’agriculture », livre III, il note le vocabulaire apicole de l’époque:

    les méliturges: les gens qui font du miel
    le mellarius: celui qui est chargé du soin des ruches
    mellaria, alvus ou alvarius: la ruche

et il note également les connaissances apicoles de l’époque :

    Les abeilles sont engendrées par d’autres abeilles ou naissent spontanément du corps d’un bœuf en putréfaction
    les abeilles vivent en société, sous la forme d’une royauté, pour travailler et édifier. Elles suivent leur roi partout, le soutiennent et vont jusqu’à le porter sur leur dos quand il ne peut plus voler.
    Leurs occupations concernent la subsistance, l’édification et le grand œuvre. Elles confectionnent du miel et de la cire pour fabriquer des cellules hexagonales. Elles pâturent au dehors mais élaborent le miel au sein de la ruche.
    le miel peut être source de grande richesse pour tout apiculteur avisé
    pour favoriser la production de miel, il faut disposer d’un jardin planté en thym, cytise et mélisse. Les abeilles apprécient également la rose, le serpolet, la mélisse, le pavot, les fèves, les lentilles, les pois, la dragée, le sauchet, le sainfoin et le cytise, fleurissant du printemps à l’automne, qui convient aux abeilles malades. Certaines plantes rendent les abeilles malades, d’autres favorisent la production de cire ou de nourriture.
    Les ruches sont de forme circulaire, en osier enduites tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de bouse de vache, bois, écorce, troncs d’arbre creusés ou poterie. Parfois, elles sont carrées avec de la férule, ayant 3 pieds de long sur un pied de large. Les ruches sont nommées alvus (ventre): elles sont donc étroites au milieu.
    le rucher est disposé près d’un mur et n’aura pas plus de trois rangées de ruches; les ruches ne se toucheront pas. Les ruches doivent être dans un lieu sans écho, ni trop chaud en été, ni privé de soleil en hiver, avec de l’eau pure à proximité. L’abreuvoir peut être rempli de cailloux ou de laine pour que les abeilles puissent facilement boire sans se noyer.
    Les abeilles émigrent parfois. En recourant à certaines techniques, il est possible de récupérer l’essaim. En particulier, en tapant sur des cymbales ou dans les mains, on peut réunir un essaim dispersé
    le mellarius visite les ruches 3 fois par mois au printemps et en été: il nettoie et surveille qu’il n’y a pas plusieurs rois dans la ruche car cette situation est la cause de séditions et de travail languissant. Le changement de ruche ou le déplacement du rucher nécéssite des précautions particulières qu’il détaille.
    les abeilles produisent 4 substances: la propolis, plus chère que le miel que les médecins emploient pour les emplâtres, l’érithace qui colle les rayons ensemble, le rayon et le miel. Ce dernier peut être épais ou liquide selon les plantes butinées.
    il y a 3 miellées par an: au lever des Pléiades, à la fin de l’été et après le coucher des Pléiades. A la dernière miéllée, on ne peut récolter plus du tiers du miel car le reste est utilisé comme provision en hiver

Columelle (dont on sait seulement qu’il était vivant en 41 ap. J.C) a décrit la confection des ruches en osier entrelacé dans un vaste traité agricole : « De l’agriculture. L’économie rurale. Livre IX ».

Ambroise de Milan (340-397 ap. J.C.), connu sous le nom de Saint Ambroise, est le patron des apiculteurs.

Selon la vie du saint par son secrétaire Paulin, il aurait été mis en son berceau dans la salle du prétoire. Il y dormait, quand un essaim d’abeilles survint tout a coup et couvrit de telle sorte sa figure et sa bouche qu’il semblait entrer dans sa bouche et en sortir. Les abeilles prirent ensuite leur vol et s’élevèrent en l’air à une telle hauteur que œil humain n’était capable de les distinguer.

Son père fut frappé de ce fait et dit : « Si ce petit enfant vit, ce sera quelque chose de grand ». Ce fut considéré comme un présage de la douceur des écrits du prélat.
Les Gaulois

Le mot ruche trouve son origine dans le mot gaulois rusca qui signifie « écorce », l’écorce des arbres servant en fait à fabriquer des ruches.

Que ce soit en Gaule, à Rome ou en Grèce, on ne note aucune évolution des techniques ou des connaissances sur l’apiculture.

Au Moyen-Age, l’abeillage était un droit féodal qui permettait aux rois, seigneurs et abbayes de prélever une certaines quantité d’essaims, de ruches, de cire et/ou de miel dans les ruchers de leurs vassaux. Cependant, la récolte du miel était abondante en forêt et aux XIV et XVe siècles, les seigneurs et les ecclésiastiques ont recours à des agents forestiers, les « bigres« , qui recueillent les essaims sauvages et les entretiennent dans des ruchers qui peuvent être au milieu des bois: les « bigreries » ou « hostels aux mouches ».
Childeric IerChilderic_1er

Sa présence se marque également au niveau symbolique. Ainsi le roi des abeilles est-il associé aux puissants: le pape et les rois. On a en effet retrouvé dans la tombe du roi Childéric Ier (436-481 ap. J.C.), roi des Francs saliens, des abeilles en or et verre coloré. Les serfs sont au service du puissant comme l’ouvrière au service du roi des abeilles.

Sous Charlemagne, seul le Capitullaire de Villis nous renseigne de l’apiculture de cette époque.
Albert le Grand

Albert le Grand, encore appelé Albrecht von Bollstädt est un savant, philosophe et théologien germanique (1193?-1206 ap. J.C.).

Ne se contentant pas de contester certaines notes d’Aristote, il entreprend la rédaction d’une encyclopédie « De animalibus ». Le livre n° 17 est consacré à l’abeille et en particulier à son anatomie.

Au début du XIVe siècle, Pietro de Crecenzi consacrera plusieurs chapitres de son « Traité d’agriculture » aux animaux de la ferme, y compris les abeilles, et Ibn Butlan, dans le Tacuinum sanitatis, des rubriques comportant des illustrations intéressantes.
La Renaissance

En 1530, les ruches et les abeilles sont présentes dans certains écrits. On peut notamment citer une miniature représentant des ours attaquant des ruches, dans le manuscrit Fleur de vertu de François de Rohan, archevêque de Lyon (Bibliothèque Nationale de France, département des manuscrits).

En 1586, Luis Méndez de Torres, espagnol, écrit le premier livre sur l’apiculture en castillan. C’est un authentique manuel d’apiculture, avec des contributions aussi avancées pour l’époque que d’affimer que le roi des abeilles est en fait une reine.

En 1597, Theodorum Clutium de Leiden confirme à son tour que le roi est en fait une bienconinc, une reine.

En 1600, Olivier de Serres rédige Le Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs d’Olivier de Serres seigneur du Pradel dans lequel est représenté tout ce qui est requis et nécessaire pour bien dresser, gouverner, enrichir et embellir la Maison Rustique. Ce livre permet de constater l’absence d’évolution significative dans les connaissances et les techniques apicoles.

Concrètement, il existait 3 techniques pour la récolte du miel:

    l’étouffage, avec une mèche de souffre: ce qui avait pour effet de tuer toutes les abeilles
    le transvasement, d’une ruche vers une autre
    le prélèvement des galettes de cire, sans même se préoccuper du contenu des galettes

En 1609, Charles Butler (1559-1647), un grammairien anglais, publie La monarchie féminine, un traité concernant les abeilles (16 Mb).
Federico Cesi et Francesco Stelluti

Federico Cesi (1585-1630) et Francesco Stelluti (1577-1652) étaient membres de Accademia dei Lincei, l’académie des Lynx. Leurs observations et dessins ont principalement illustré l’anatomie externe de l’abeille.

Marcello Malpighi (1628-1694) est un physicien, anatomiste, physiologiste et microscopiste italien.

Il publie un traité sur l’anatomie des insectes où il décrit les tubes de Malpighi, qui ont une fonction d’épuration comme le rein chez l’homme. Les tubes de Malpighi constituent un dispositif osmorégulateur chez les insectes. A la sortie de l’instestin moyen, 13 paires de tubules partent et entourent, entre autre, le rectum. Cles cellules des tubules absorbent activement du potassium, les ions et autres déchets de l’hémolymphe. Ces impuretés sont évacuées avec les excréments.
Anton von Leeuwenhoek

Anton von Leeuwenhoek, (1632-1723) naturaliste hollandais, développa la canton_van_leeuwenhoekonception du microscope.

En 1673, il envoya sa première lettre à la Royal Society of London. Celle-ci contenait des observations sur le dard des abeilles et sa tête, et en particulier sa bouche.

Robert Hooke (1635-1703) est surtout devenu célèbre pour son livre Micrographie.

Si l’invention du microscope composé de lentilles multiples reviendrait à Zacharias Janssen en 1590, Robert Hooke y a décrit l’aiguillon de l’abeille.microscope_de_hooke

Jan Swammerdam (1637-1680) est un naturaliste hollandais, microscopiste passionné. Il se concentra notamment sur la métamorphose des insectes, mais également sur l’anatomie interne de l’abeille.

Son traité sur l’histoire des abeilles comporte pas moins de 57000 mots et 60 figures. Ces illustrations finirent par apporter la preuve que le roi des abeilles était bien une reine. Il décrit également la bouche et le dard de manière tout à fait correcte. Il identifia également les 3 castes d’abeilles. Certaines illustrations sont visibles sur cette page. On remarquera la haute qualité du dessin. Il commit cependant une erreur: croire que l’abeille ne copulait pas.

En 1691, Martin John observe la formation de cire sous l’abdomen de l’abeille et publie sa découverte.

Giacomo Filippo Maraldi parfois appelé Jacques Philippe Maraldi est un mathématicien et astronome franco-italien (1665-1729). Il a particulièrement étudié une colonie sur un seul cadre: tous ses membres et son fonctionnement.

En mathématique, il calcula les angles des rhombes des alvéoles d’abeilles. En effet, le fond d’une alvéole d’abeille n’est pas plat, mais constitué de 3 losanges identiques, appelés rhombes. Maraldi détermina expérimentalement la valeur de angles de ces rhombes: 109°28' et 70°32'.
René-Antoire Ferchault de Réaumur

René-Antoire Ferchault de Réaumur (1683-1757), appelé par convenance Réaumur tout court, est un physicien et naturaliste français. Il inventa notamment un thermomètre étalonné suivant l’échelle de Réaumur. Une unité de l’échelle correspond à un degré Réaumur (°Ré). Les points fixes correspondent au point de congélation de l’eau (zéro) et à son point d’ébullition (80 °C). Faute d’avoir utilisé de l’eau pure, cette dernière température était malheureusement erronée. C’est Anders Celsius, physicien suédois, qui utilisa correctement de l’eau pure afin de déterminer la température d’ébullition de l’eau: 100 °C.

Il n’hésita pas à se lancer dans la rédaction d’une grande œuvre en 12 volumes Mémoires pour servir à l’histoire des insectes. L’œuvre restera néanmoins inachevée: seuls 6 tomes seront rédigés. Le 5e tome «Suite et histoire de plusieurs Mouches à quatre ailes, savoir des Mouches à Soies, des Cigales et des Abeilles» (BNF, Gallica, Paris Imprimerie royale, 1740, 728p.) traite notamment des abeilles.

Dès le début de ses recherches, il se passionne pour les invertébrés et notamment les insectes. En 1710, il écrit un mémoire intitulé Examen de la soie des Araignées dans lequel il étudie une proposition de François Xavier Bon de Saint Hilaire (1678-1761), président de la Cour des comptes de Montpellier, et qui s’intéresse à la possibilité d’utiliser la soie d’araignée à la place de celle produite par le ver à soie. Réaumur montre que la soie d’araignée est plus onéreuse à produire tout en étant moins belle.

Ce grand entomologiste s’intéresse à la vie des fourmis que les encyclopédistes de L’Encyclopédie ont dédaigné avec mépris. Toutefois, son Histoire des Fourmis est restée inédite jusqu’au XXe siècle. Par contre, une Histoire des Guêpes est éditée dès 1719. Il observe le système digestif des abeilles et des guêpes. Il publie de 1734 à 1742 les six volumes de ses Mémoires pour servir à l’histoire des insectes.

Le principe directeur de ce grand travail semble avoir été un adage bien connu à l’époque classique : Natura maxime miranda in minimis [« la Nature (sous-entendu: Dieu) est le plus admirable dans les plus petites choses »]. Mais il était facile de traiter avec ironie un tel principe. Buffon, par exemple – qui détestait Réaumur – ne s’en priva pas, et c’est pour ce dernier qu’il écrivit la célèbre phrase « aux petits esprits les petits objets », qui devint une sorte de lieu commun à l’époque des Lumières.

Réaumur soupçonna les abeilles de construire leur gâteau de cire dans un souci d’économie de matière. Il collabora avec un géomètre allemand Koenig afin de vérifier cette hypothèse. C’est finalement un mathématicien écossais MacLaurin qui confirma les mesures de Maraldi.

Réaumur apporta une importante contribution à l’apiculture d’aujourd’hui:

    il crée des ruches d’observation
    il invente le terme de faux-bourdon, qui tel un bourdon vole avec un bruit de bombardier
    il décrit la récolte des produits de la ruche
    il note que la trompe de l’abeille est en fait une langue
    il décrit la glande à venin, les organes mâles, la gelée royale, la différence dans le nourrissement des larves et des nymphes ainsi que le poux (brola caola) de l’abeille
    c’est le premier apiculteur à marquer ses reines.
    il décrit le passage de l’œuf en larve
    promoteur de la génétique, ses travaux sur l’hybridation font de Réaumur le précurseur des travaux de Mendell

Adam Gottlob Schirach (1724-1773) est un apiculteur et théologue allemand. Il étudie plus particulièrement la reine des abeilles:

    la reine pond 2 sortes d’œufs: les ouvrières et les faux-bourdons
    la reine est issue d’une larve d’ouvrière de 3 jours
    il décrit également l’essaimage

Anton Janscha (1734-1773), slovène, est l’apiculteur de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Il décrit la fécondation de la reine au cours d’un vol nuptial en 1771.
François Huber (& François Burnens)

François Huber (1750-1831) est un naturaliste suisse. Devenu aveugle, c’est avec l’aide de son domestique François Burnens qu’il mènera ses recherches sur les abeilles. Il mit notamment au point une ruche à feuillets munies de vitres. Celle-ci est basée sur l’observation de l’écartement constant entre les gâteaux de cire. Il publia notamment New observations on the natural history of bees.

Il observa notamment les délais suivant:

    16 jours entre la ponte d’un œuf de reine et sa naissance
    21 jours pour l’ouvrière
    24 jours chez le faux-bourdon

Il note la disposition constante du couvain, du pollen (la nourriture du couvain) et du miel (la nourriture des abeilles) dans la ruche.

Le XIXe siècle la période la plus féconde de l’apiculture où un grand nombre d’ouvrages furent édités, tant sur l’abeille que dans le domaine des ruches où les modèles sont infinis. Certaines sont en paille, d’autres en bois ou mêlent corps en paille et hausse en bois.

Si pour certains apiculteurs, le principe qui mène ces constructions est de respecter l’abeille et de les diriger, d’autres n’y voient que le moyen d’intensifier ses travaux. Ce fut malgré tout l’age d’or de l’apiculture, tant pour l’abeille que dans la créativité des apiculteurs pour les loger ou pour créer de nouveaux outils, dans la recherche de l’écoulement des produits et la fabrication de nouveaux où entraient le miel: alcools variés, vins, hydromels, savons, pains d’épices, etc.

Certains de ces apiculteurs donnent leurs visions du monde des abeilles qui aujourd’hui se révèlent totalement erronées car il est évident que le monde des abeilles ne répond pas à notre logique humaine.

A la même époque, en 1856, Henri Hamet fonde la « Société Économique d’Apiculture » et le journal « L’apiculteur » pour regrouper le monde des apiculteurs, alors sans structure et moyen d’information.

C‘est la période où l’on cherchera à mécaniser l’apiculture dans toutes ses phases et M. Moreau proposera une machine à tapoter les ruches pour le transvasement, tandis que d’autres présentaient des métiers à faire des ruches et leur surtout-

Ce qu’il y a de commun entre les républiques et les différents régimes dictatoriaux tel le second empire, est qu’aucun n’est avare de médailles et autres distinctions à l’encontre des arts ou activités qu’il veut encourager ou mettre à l’honneur. Ainsi, il sera créer de multiples prix et récompenses distribués par les ministère concernés et les organisateurs d’expositions et diverses manifestations régionales.

L‘apiculture n’échappera pas à cette avalanche, la société d’apiculture créera sa liste de prix afin de faire progresser cette branche de l’agriculture en combattant l’étouffage, améliorer la qualité des produits, encourager les inventions de matériels et la diffusion des « bonnes méthodes ». Carcenac, son président d’alors, créera le prix qui porte son nom, pour récompenser les instituteurs enseignant l’apiculture à leurs élèves et propageant la « bonne parole ».

Tous ces prix et ces médailles ne feront pas que des heureux car ils alimenteront aussi les polémiques sur le bien-fondé de leur attribution, d’autant plus que bien souvent les membres du jury qui les décerne ne comporte aucun apiculteur !

Dans les 30 dernières années du siècle, la grande occupation des apiculteurs sera de rechercher la meilleure race d’abeille et la première étude portera sur l’abeille chypriote. Elle se poursuivra sur les autres races mais c’est l’abeille carnolienne qui aura le plus de succès. L’introduction de l’abeille égyptienne sera tentée sans résultat.

Puis viendra où l’apiculture, par la recherche de la meilleure ruche- sous-entendu celle qui produira le plus de miel, c’est elle qui fait le miel et non l’abeille!- cédera la place à la « rucho-culture » avant de devenir au siècle suivant l’apiculture intensive, parallèlement à l’agriculture, par une standardisation de la ruche et un modèle commun de production.

C‘est à cette époque que Paix Debeauvoys proposent l’asphyxie momentanée des abeilles pour la récolte et des expérimentations sont faites avec du nitratre de potassium, de l’acide carbonique, du lycoperdon; les difficultés rencontrées dont les conséquences étaient la mort d’un grand nombre d’abeilles mettront un terme à cette pratique. On rechercha également des substituts au miel et au pollen.

Les insectes et les animaux étant classés soit nuisibles, soit utiles, nombre d’entre eux seront la cibles des apiculteurs. L’hirondelle et le pivert seront l’objet de la vindicte apicole mais aussi les guêpes dont on cherche à se débarrasser.

Les bourdons ne seront pas épargnés car assimilés à des insectes parasites, paresseux et pilleurs et nombres d’apiculteurs présenteront des ruches dont l’entrée seront des pièges pour eux et des bourdonnières, appareils à les supprimer.

L‘un des buts prioritaires sera de palier au manque de protection juridique et de prendre en charge la responsabilité civile des apiculteurs car les abeilles sont accusées de nombreux méfaits et cause de mort de nombreux animaux. La mutuelle Solidarité apicole sera crée en 1869. Elle a pour but de venir en aide aux possesseurs d’abeilles adhérents poursuivis pour accidents ou prétendus accidents occasionnés par les abeilles, ou dont le rucher a été atteint par une innondation, une trombe ou la foudre.

La première année elle comptera 50 adhérents et aucun sinistre pour les 2018 ruches qu’elle assurait.

La fin du XIXe siècle est intéressante car les observations sont nombreuses dans deux systèmes qui s’opposent et les arguments apportés par les uns et les autres peuvent nous servir à distinguer ce que chacun avait pour lui- de vrai ou de faux, suite aux connaissances que nous avons aujourd’hui; c’est la période de transition qui fera l’apiculture d’aujourd’hui. Les écrits des apiculteurs pratiquants défendant de nombreux systèmes de ruches dans la revue « L’apiculteur » dont H. Hamet est le directeur, s’affrontent mobilistes acquis aux nouvelles méthodes qui permet l’usage du mello-extracteur et les fixistes attachés aux ruches traditionnelles quelles soient en paille à hausses ou en bois. Des signatures célèbres paraphent les articles et on peut y lire ceux de Ch. Dadant, l’abbé Collin, J. Dennler et bien d’autres.

A cette époque, il semble que, malgré quelques remarques judicieuses, c’est le type de ruche qui fait la récolte: la ruche Dzierzon ou la ruche à cadres contre la ruche en paille à hausses ou à calotte. Des défis sont lancés par des apiculteurs dont Ch. Dadant, de l’autre coté de l’Atlantique, pour comparer les récoltes- mais la grosseur des essaims, les ressources mellifères ne sont pas toujours évoquées.

Malgré ces défis lancés, généralement par les fixistes, pour une comparaison dûment enregistrée et vérifiée selon des critères bien définis par les rédacteurs de « L’apiculteur » personne ne les relèvera. Cependant, nombreux sont ceux qui livrent leurs observations et le résultat de leurs expérimentations comme l’abbé Collin, M. Greslot, etc.

Cependant dans l’ouvrage de Jacques de Gelieu, l’inventeur de la ruche à hausses, datant du début de XVIIIe, l’avis de l’Abbé Albadini cité dans « L’apiculteur » novembre 1868 aurait pourtant dû être considéré. Celui-ci comptait trente ans de pratique et étudia les auteurs italiens, allemands, français, espagnols et anglais, expérimenta les principaux systèmes, les compara et conclut: « Je suis dans la conviction qu’on n’a pas plus de miel des ruches à rayons mobiles que des ruches à rayons fixes qu’on calotte surtout avec des bâtisses, et auxquelles on met une hausse vide entre le corps de la ruche et la calotte lorsque celle-ci est pleine. »

Ceci aurait pu mettre tout le monde d’accord: que ce sont les abeilles qui font le miel et non la ruche à partir du moment où la colonie a suffisamment de place pour emmagasiner sa récolte!

Mais si nous croyons les ouvrages modernistes, les apiculteurs étaient, soit de « vrais apiculteurs » utilisant la ruche à cadres, soit des étouffeurs. La réalité était plus complexe, certaines provinces comme le Poitou ignoraient l’étouffage, et certaines ruches en paille étaient à hausses et/ou calotte, ce qui permettait une récolte sans détruire la colonie, les ruches de Ducouédic et Palteau avaient leurs adeptes et les étouffeurs sévissaient surtout chez les paysans pauvres des zones reculées ou lorsque la tradition était très forte.

Beaucoup d’instituteurs, de curés et d’apiculteurs révoltés par ces pratiques militaient pour l’abolition de ce procédé. Malgré tout, l’étouffage était prépondérant à coté d’une apiculture qui, selon « l’abeiller », les régions pratiquaient des méthodes différentes formant ainsi une véritable apiculture « arc-en-ciel ».

La connaissance de l’abeille semble encore peu avancée dans le monde des apiculteurs :

    ce sont les fleurs qui font le miel.
    la parthénogenèse est encore contestée et certains faits qui semblaient surnaturels, seront pourtant établies dans les années suivantes.

Dans ce même siècle, apparaît le mello-extracteur mû par une manivelle, ancêtre de l’extracteur. Le premier fut présenté par l’apiculteur et major autrichien Von Hruschka, modèle très primitif mais qui permis le développement de différents modèles plus élaborés et participa au triomphe du mobilisme.

L‘invention du cadre mobile serait dû au russe Prokopovitch sur base du panier de Kanitz (des cadres en bois indépendants, avec de la paille) aux environs de 1806.
Nasanoff

En Russie, Nasanoff découvre la glande de Nasanoff. Celle-ci est située sur le dernier segment abdominal, au dessus de l’anus et permet la secrétion de phéromones, que des battements d’aile dispersent.

Johann Dzierzon (1811-1906) était un prêtre, naturaliste et apiculteur polonais. Il découvrit la parthénogenèse: la reproduction asexuée des abeilles. En effet, quand la reine des abeilles pont un œuf fécondé, cela donne une ouvrière. Tandis que si la reine pond un œuf non fécondé, cela donne naissance à un faux-bourdon. Cela signifie donc que le faux-bourdon ne possède que le patrimoine génétique de sa mère.

Gregor Johann Mendel (1822-1884), est un moine augustin de Moravie et botaniste autrichien et reconnu comme le père fondateur de la génétique.

En étudiant les croisements entre petits pois ridés et petits pois lisses dans les jardins du monastère de Brünn, il établit ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom des lois de Mendel. Il lui aura fallu 8 ans et plus de 10 000 croisements. Ses écrits n’auront été redécouverts qu’en 1900, soit 16 ans après sa mort. Aujourd’hui encore, ce sont ces mêmes lois qui sont utilisées pour la sélection des abeilles.

Francesco de Hruschka, Franz von Hruschka (1813-1888), italien, est un major dans l’armée austro-hongroise qui inventa l’extracteur centrifuge. Jusque là, l’extraction du miel se faisait par pression des rayons de cire.
Johann Mehring

Johann Mehring (1815-1878) est l’allemand qui a inventé le gaufrier à cire.

Lorenzo Langstroth, (1810-1895) révérend américain s’est inspiré de la ruche à feuillet de Huber pour créer une ruche à cadres mobiles où le corps et la hausse ont la même dimension. Il est considéré comme le père de l’apiculture américaine. En 1853 parut la 1e édition de son livre The hive and the honeybee.

Charles Dadant (1817-1902) est un français qui s’est expatrié aux Etats-Unis. Démarrant avec 2 ruches, il finit avec plus de 600 ruches. Il inventa la ruche à cadres Dadant en modifiant la ruche Langstroth avec les données de Moses Quinby. Il aida Langstroth, son ami, à terminer la 2e édition de son livre The hive and the honeybee; (La ruche et l’abeille) en 1889 et en publia une version française l’année suivante.

Le suisse Blatt apporta quelques modifications à la ruche de Dadant et créa ainsi la ruche qui porte son nom Dadant-Blatt.

A peu près au même moment Georges de Layens (1834-1897) met au point la ruche de Layens.

Cette ruche est à l’origine une ruche horizontale. Gaston Bonnier et Georges de Layens ont décrit cette ruche dans leur fameux ouvrage: « Cours complet d’apiculture ».

Aujourd’hui, il y a plusieurs variantes de cette ruche.

Les variantes horizontales :

    la ruche Layens native, un seul corps pouvant contenir: 12; 14; 16; 20 voir 24 cadres,
    la Layens à grenier, d’un seul corps contenant 9 cadres aux centre, et de deux greniers contenant 5 demi-cadres.

Les variantes verticales sont composées :

    la Layens pastorale (ou à hausse) d’un corps contenant de 9 cadres, et de hausses contenant 8 demi-cadres,
    la layens divisible qui est composée d’éléments identiques superposés contenant 9 demi-cadres.

L’abbé Jean-Baptiste Voirnot était prêtre à Villers-sous-Prény où il se prit de passion pour l’arboriculture et l’apiculture. A l’époque, les ruches étaient encore construite de façon très rudimentaire avec de la paille tressée ou en botte. L’Abbé Voirnot décide de son côté de mettre sur pied un plan d’une ruche faite en planche de bois. Les ruches en bois existaient déjà d’antan mais elles étaient placées sur les troncs d’arbres et n’étaient pas très efficaces. Mais en comparaison avec celles en paille, la production était plus importante et les essaims sont plus protégés.

Voirnot mit au point sa ruche qui était la représentation parfaite de l’habitat naturel des abeilles. Il a soigné les détails jusque dans les dimensions, 36 cm x 36 cm x 36 cm, pour faciliter l’adaptation des abeilles à la domestication. Comme les autres ruches, la ruche voirnot comportait aussi des hausses qui servaient de lieu de stockage supplémentaire aux abeilles et qui seraient remplies toute l’année. C’est ainsi que commença le succès de la ruche voirnot qui était partie de simples baguettes de noisetier et qui a été développé depuis. On retrouve particulièrement ce modèle dans les pays de l’Est et dans ceux de l’Afrique du Nord.

Un des premiers avantages de la ruche voirnot est le confort des colonies. Le format carré est un réel atout surtout en période de froid intense, la température est bien conservée et on fait une réelle économie de chauffage. Toujours sur la forme de la ruche voirnot, elle permet facilement d’adapter des planchers qui peuvent aller sur les ruches de 10 cadres. Elle est l’idéale pour les ruches en altitude à partir de 500m du fait que son format cubique assure une protection largement importante des colonies par rapport aux autres modèles de ruche qui sont de plus petite taille. La production est également plus importante aussi. Un autre bon point pour cette ruche est aussi la bonne provision pour les colonies. En effet, les abeilles auront toujours au dessus d’eux plus de provision ce qui réduirait largement la perte d’abeilles.

Quelques points sont cependant à améliorer. La hauteur des cadres posent souvent un problème quand la ruche voirnot n’est pas utilisée dans son format divisible. On a surtout des difficultés à déplacer les cadres quand les abeilles les collent avec de la propolis.

William Brougton Carr, quant à lui, met au point la ruche dite WBC.

Mooses Quinby crée l’enfumoir moderne à soufflet.

Le fixisme persistera encore durant une bonne partie du XXe siècle chez de petits agriculteurs, apiculteurs en amateurs ou en revenu d’appoint.

Un décret de 1942 de l’Etat Français mis fin à ma pratique de l’étouffage des abeilles en l’interdisant tandis que sous ce même gouvernement, des milliers de Français prenaient le chemin des chambres à gaz et des camps de concentration.

Le mobilisme et l’invention du mello-extracteur donna naissance à l’apiculture moderne.
Certains apiculteurs voulurent encore concilier confort de l’abeille et facilité d’exploitation mais ce n’est pas ceux-ci qui obtiendront la faveur de la majorité des apiculteurs français, conquis par une bonne publicité et par cette création « made in USA » qui lui donnait du prestige, il choisirent la ruche de Charles Dadant, français émigré aux Etats-Unis, qui leur favorisait le confort d’exploitation.

Les autorités agricoles du XXe siècles imposent le « mobilisme » et les ouvrages d’apiculture font la promotion des ruches à cadres et les fixistes traités d’étouffeurs malgré que nombre de ceux-ci, bien qu’ils furent en minorité, utilisaient des ruches à hausses de différents modèles.

Maurice Maeterlinck (1862-1949) est un écrivain belge qui a reçu le prix Nobel de littérature en 1911 pour La vie des abeilles.

Karl von Frisch (1887-1982) est un zoologue autrichien, qui étudie la vision de la couleur chez l’abeille en 1914. En 1973, il reçoit le prix Nobel de médecine pour son étude sur les interactions sociales chez les insectes (notamment la danse des abeilles).

L‘américain Laidlan maîtrise l’insemination artificielle et R. Delperée diffuse cette connaissance en Europe.

Kühn et Pohl démontrent que l’abeille voit l’ultra-violet comme une couleur à part entière.

Rennie, White et Harvey découvrent l’agent de l’acariose: acarapis woodi

Dr. Brunehaut Geinitz découvre ce qu’est le miellat: la substance sortie de l’anus des pucerons.

Alain Caillas définit en 1913 la propolis: une résine pour colmater les trous dans la ruche et pour embaumer les prédateurs. La propolis est récoltée sur les bourgeons des saules, des marroniers, … La composition exacte de la propolis est toutefois difficile à établir car elle varie d’un échantillon à l’autre.

Frère Adam (1898-1996), Karl Kehrle, allemand, moine à l’abbaye de Buckfast (Devon), a créé l’abeille Buckfast: une race d’abeille résistante, douce, productive et grosse pondeuse. Par des croisements entre des reines italiennes Apis ligustica et des mâles de l’abeille noire indigène à l’Angleterre, Frère Adam a créé l’abeille Buckfast par une sélection rigoureuse. Ceci était une réaction aux nombreuses pertes de ruches dûes à l’acariose.